Depuis la XXVIIIe édition de 1992, les régates
de l'America's Cup se disputent sur les bateaux
issus de cette jauge ACC. Requérant seize
équipiers, il restent des bateaux particulièrement
impressionnants.
Comme l'indique le préambule des America's
Class Rules, référentiel technique
qui fixe la jauge actuellement applicable, "l'America's
Cup Class a pour but de générer des
bateaux de performances similaires dont les innovations
profiteront à l'ensemble des connaissance
du yachting".
Concrètement, le texte entier s'articule
autour d'une seule et unique équation, sorte
de boite à l'intérieur de laquelle
trois paramètres essentiels s'articulent
sans cesse pour offrir des multiplicités
de combinaison :
L est
la longueur en metres.
S est la surface totale de la voilure
DSP est le déplacement du bateau (exprimé
en mètres cube)
Le problème pour tous les
architectes est le même : trouver le compromis
idéal entre ces trois paramètres pour
mettre au point un bateau plus rapide que les autres,
étant rappelé le principe selon lequel
la progression entre les éditions 92 à
2000 est de l'ordre de 3% environ (soit 3/10e de
noeuds ou 0,54 Km/h).
Pour éviter la tentation de s'écarter
de cette jauge, les Class America ne deviennent
tels que lorsqu'il ont été mesurés
par les jaugeurs (ils sont par la suite constamment
inspectés pour vérifier qu'ils n'évoluent
pas hors de la jauge).
Lorsque le bateau est offiellement reconnu comme
respectant les normes édictées par
les America Class Rules, il devient un Class America
et se voit attribuer un numéro de voile définitif
(en changeant de nationalité, les lettres
qui accompagnent ce numéro change, pas le
numéro lui-même).
A la fin de la 32e America's Cup, 100 numéros
avaient été donné par ordre
de présentation du bateau au contrôle,
étant précisé que le 13 n'ayant
pas été attribué pour des raisons
évidentes de superstition.
BREVE
HISTOIRE
La goélette
America
Au début de la compétition,
l'idée même d'un référentiel
com- mun n'a aucun sens. En effet, alors que le
bateau du Defender (le NYYC) est un pur engin de
régate, celui le challenger doit se rendre
sur les lieux de la compétition par ses propres
moyens.
Une différence évidem- ment lourde
d'incidence lorsque ledit challenger vient de Grande-
Bretagne et doit traverser l'Atlantique.
Durant les années 1906 et 1907, les représentants
de treize pays (il n'existe alors que trois fédérations
nationales) se ren- contrent régulièrement
et établissent la première fédération
internationale de voile, l'IYRU (International Yacht
Racing Union).
1934 - Ranger vs
Endeavour
L'une des premières actions
de cet organis- me sera de définir des règles
internationales de jauge.
Parmi celles-ci, la Classe J sera retenu par les
concurrents de l'entre-deux guerres pour la définition
d'une norme commune qui trouvera à s'appliquer
durant les trois éditions de ce que beaucoup
considère comme l'âge d'or de l'America's
Cup.
Durant la renaissance des années 1950, deux
amendements fondamentaux au Deed of Gift marquent
les premiers pas de la compétition moderne.
En premier lieu, l'obligation de parvenir par ses
propres moyens sur les lieux de la régate
est abandonnée. En second lieu, le texte
est modifié pour la fixation d'une nouvelle
catégorie de bateaux. Le 12 mètres
J restera le bateau de la Coupe jusqu'en 1987.
Le besoin d'une nouvelle jauge se fera progressivement
sentir alors que nombre d'architectes considère
dès les années 70 que le 12 mètres
est un bateau dépassé. Le "mismatch"
de 1988, qui mettra au prise un gigantesque sloop
néo-zélandais (le KZ 1 qui marque
encore aujourd'hui l'entrée de l'America's
Village à Auckland) et un catamaran américain
précipitera la fin de ces bateaux.
Durant deux années, divers architectes et
constructeurs se rencontrent de manière assez
informelle et définissent un nouveau type
de bateaux spécialement pensé pour
l'America's Cup. La jauge ACC est née.