A la différence de la plupart des
autres grandes épreuves de voile, les régates de
l’America’s Cup se courent en " match-racing ",
c’est à dire que les concurrents s’affrontent un
contre un à chaque manche.
Même si les principes applicables en course en flotte
restent valables en match-racing (aller le plus
vite possible, manœuvrer parfaitement et exploiter
au mieux les variations du vent), ce type d’épreuve
offre toutefois bon nombre de spécificités qui rendent
les régates particulièrement spectaculaires et disputées.
En effet, la tactique en match-racing consiste essentiellement
à essayer de gêner son adversaire pour le ralentir,
ce qui peut se faire de deux façons :
-
se placer entre le vent et
l’adversaire pour le " déventer "
et donc le ralentir ;
-
exploiter les règles de course
pour se placer en position prioritaire et
obliger l’adversaire à se dérouter, donc à
perdre du temps, et/ou à lui faire
commettre une faute passible d'une pénalité.
Le départ est bien souvent capital et celui qui
aura réussi à prendre le dessus dans cette phase
devra chercher ensuite à " contrôler "
son adversaire jusqu’à l’arrivée pour l’empêcher
de le doubler.
Bien plus qu’une simple régate, chaque manche de
l’America’s Cup est donc un véritable duel au cours
duquel chacun cherche à déstabiliser l’autre et
à la pousser à la faute, ce qui implique une stratégie
de course bien spécifique, basée essentiellement
sur l’agressivité. " Tuer ou être tué "
est la devise des adeptes du match-racing.
LE
PARCOURS
Depuis 1995, les compétitions
se déroulent sur un parcours de type
"banane", soit un ovale placé
dans le sens du vent où les bateaux
montent vers une bouée au vent puis
descendent vers une bouée sous le vent.
Le parcours, orienté dans le sens des
aiguilles d'une montre, mesure 18,5 milles
nautiques de long et consiste en trois allers-retours
autour d’une bouée au vent à laisser à tribord
(droite) et, grande innovation, d'une porte
sous le vent (en bas du parcours).
La ligne de départ, ligne imaginaire entre
une bouée et le bateau comité,
sert également de ligne d’arrivée.
LES
PRINCIPALES REGLES
Assez complexes,
les règles de course internationales qui fixent
les priorités entre les bateaux reposent cependant
sur quelques principes de base :
-
Quand les deux voiliers sont
sur des bords opposés, le principe est en
quelque sorte celui de la priorité à droite :
Celui qui reçoit le vent par la gauche (babord
amure), doit se " maintenir à l’écart "
de celui qui reçoit le vent par la droite
(tribord amure)
-
Lorsque des voiliers sont
sur le même bord, la priorité revient à celui
qui est " sous le vent " de l’adversaire,
c’est à dire en aval par rapport au lit du
vent [un voilier en train de changer d’amure
perd toute priorité par rapport à l’adversaire].
L'introduction en
1992 d'arbitres ("umpires") ayant
le pouvoir de décider en direct de l'application
des règles du match racing est venue
contribuer à rendre les duels encore
plus accrochés.
Concrètement, le bateau qui s'estime
lésé hisse un pavillon de réclamation
(pavillons ci-contre) et les arbitres peuvent
alors :
-
Refuser la réclamation
auquel cas un pavillon vert est dressé.
-
Donner raison au demandeur,
auquel cas ils hissent le drapeau du bateau
en infraction (chacun s'étant vu attribuer
le pavillon bleu ou le pavillon jaune en début
de course).
Celui-ci doit alors effectuer sa pénalité
au moment de son choix, avant la fin du parcours.
La pénalité obéit à des règles strictes, toutefois
pour simplifier, disons qu’elle consiste pour
le voilier fautif à effectuer un tour sur
lui même.
-
Si l’infraction commise a
permis au fautif d’obtenir un avantage qu’il
n’aurait pas obtenu sans cette faute, les
umpires pourront assortir la pénalité d’un
pavillon rouge obligeant le fautif à effectuer
sa pénalité immédiatement afin de permettre
au voilier lésé de reprendre la tête.
-
En cas de faute particulièrement
grave, les umpires pourront hisser un pavillon
noir : le voilier en infraction est directement
éliminé.