Soumise à quelques traditionnalistes peu
regardants sur les moyens, la Coupe de l'America
souffre depuis longtemps de la comparaison avec
les autres grandes compétitions internationales.
Après avoir bannis les sponsors jusqu'en
1988, les organisateurs n'avaient en effet accepté
l'entrée de la compétition dans le
monde moderne que du bout des lèvres, n'offrant
à ceux-ci que le droit de dépenser
des millions sans se préoccuper de choses
aussi vulgaires que des retombées médias
ou du retour sur investissement.
Bien avant d'avoir arracher son trophée au
Team New Zealand, Ernesto Bertarelli avait été
parfaitement clair sur sa vision de la Coupe, bien
différente de celle de ses prédécesseurs
et avant tout guidée par l'idée d'en
élargir au delà d'un petit cercle
d'initiés.
Dans cette perspective, tous les aspects de la compétition
sont entre les mains d'une seule et unique organisation
qu'Ernesto Bertarelli a confié à un
de ses amis les plus proches, son compatriote Michel
Bonnefous.
Dorénavant, AC Management gère aussi
bien les droits TV que la sélection de la
ville hôte ou encore la question des partenariats
sportifs.
Parallèlement, un directeur sportif de l’événement
professionnel désignera un Comité de Course, des
arbitres et des jaugeurs professionnels et indépendants.
LES
REGLES DE NATIONALITE
La règle de nationalité ou de résidence qui s'appliquait
aux marins et aux designers a fait couler beaucoup
d'encre lors de la dernière Coupe de l'America.
Elle est dorénavant abrogée.
Un coup de hache dans la tradition ? Pas tant que
cela. On a souvent entendu l'exemple de Charlie
Barr dont l'équipage avait des reflets scandinaves
et ne possédait d'anglo-saxon que la langue employée
à bord.
Toutefois, le Protocole prévoit des restrictions
: un équipier qui navigue avec un défi dans les
18 mois qui précèdent le début de la compétition
- et ce que soit le type de course - ne pourra pas
prétendre à un poste chez un autre chez un autre
challenger.
Quant aux designers, ils ne pourront pas changer
de syndicat après avoir signé un contrat avec l'un
des concurrents.
LES
TRANSFERTS DE TECHNOLOGIES
Une des grandes nouveautés de la 32ème Coupe réside
dans la levée du veto sur le transfert de technologie.
En effet, jusqu'à la dernière Coupe, un Challenger
avait la possibilité d'acheter un bateau mais pas
les plans ou les informations relatives à ses performances.
Les développements se faisaient ainsi quasi à l'aveugle,
les équipes de design passant des heures à trouver
le "pourquoi" de chaque performance. Les designers
partaient donc avec entre les mains un outil, mais
sans savoir quelles étaient ses limites. D'où de
la casse à l'entraînement ainsi que des sagas juridico-médiatiques.
Il restera cependant, pour certains, à déterminer
qui, du Challenger ou du cabinet d'architecte, a
le droit de vendre ces documents.
Concernant l'origine du bateau, le règlement est
également assoupli.
Le précédent Protocole spécifiait que le bateau,
ainsi que ses composantes devaient être construits
dans le pays d'origine du Challenge. Or, on sait
que le transport des bateaux se fait en " pièces
détachées " jusqu'au lieu de compétition avec ce
qu'implique le coût du transport pour un bulbe de
25 tonnes !
Désormais, seule la coque devra posséder son " certificat
d'origine ". Les autres composantes du bateau pourront
alors être construites sur le lieu même de la compétition
ou dans un pays choisi par le concurrent.