GBR 70 in Auckland
Th. Martinez)
 
Pic 1 (© tolagabay.com)
 
Pic 2 (© tolagabay.com)
 
Pic 3

 

 Peter Harrison, une leader très contesté (07/03/03)
 (source : Times)

Depuis le début de la campagne anglaise, Peter Harrison s'emploie à faire monter à bord de son projet de nouveaux partenaires mais, si on en croit les rumeurs qui circulent, il constituerait en fait le problème essentiel du GBR Challenge.

Bien qu'enthousiaste et passionné de voile, le milliardaire britannique se trouverait confronté à une fronde interne, reflet d'un profond malaise qui s'est développé durant toute la compétition.

Si on en croit le portrait dressé par le très respectable Times, Peter Harrison est égotiste, inflexible et parfaitement incapable de prendre en compte les avis de ses collaborateurs. Autant d'éléments qui auraient conduit le syndicat de Cowes au bord de l'implosion.

Exaspérés par la constante volonté de leur boss de se mettre en avant, les marins anglais auraient vécu une Coupe bien eloignée de l'image renvoyée. "Il ne suffit pas de posséder 300 millions de livres pour obtenir le respect", affirme sèchement l'un d'entre-eux qui tient cependant à conserver l'anonymat.

Traitant "ses" marins comme de simples exécutants incapables d'intelligence, le milliardaire souffre cruellement de la comparaison avec un Ernesto Bertarelli au coeur de son syndicat et prêt à s'enthousiasmer pour toutes les idées nouvelles.

 

 Le GBR Challenge prêt à repartir (01/03/03)
 (source : GBR Challenge)

Durant les deux mois qui se sont écoulés depuis l'élimination de Ian Walker et des siens, les managers du GBR Challenge planchent sur les résultats de cette première campagne anglaise depuis 1987 et tentent d'en tirer les leçons qui permettront de bâtir un syndicat solide en 2007.

Peter Harrison, entouré de quelques personnes clefs de cette équipe, présentait hier les grandes lignes de sa seconde tentative de ramener la Coupe dans son île natale.

"Nous nous sommes investis pour être certain que le GBR Challenge soit dans la meilleure position pour progresser", explique le milliardaire britannique. "L'expérience que nous avons gagnée en Nouvelle-Zélande est inestimable et nous savons tous que, pour gagner, rien ne vaut une action continue".

Le programme de conception et la campagne commerciale, pierres angulaires de ce qui serait le second engagement de Peter Harrison dans la Coupe, devraient commencer dès le mois d'avril prochain. Ils seront respectivement dirigés par Derek Clark et par Leslie Ryan.

Il faut se souvenir que, si le fondateur du syndicat déclare depuis longtemps déjà son intention de participer en 2007, il conditionne cet engagement à l'arrivée de nouveaux sponsors prêts à faire du GBR Challenge une équipe vraiment compétitive.

"Dans le cadre de la campagne actuelle, nous sommes parvenus à faire venir 32 sponsors", explique Leslie Ryan. "La plupart en nature mais également en cash pour un montant d'environ 3 millions de livres [4,5 millions d'euros environ]".

"Maintenant, nous devons évidemment analyser notre action et faire venir des partenaires à des niveaux plus substantiels", ajoute t'elle. "Nous avons le bénéfice de l'expérience et une période de 3 ou 4 ans de visibilité à offrir".

"Nous devons mettre cette période à profit pour évaluer nos efforts passés pour attirer des investisseurs et mettre au point des propositions intéressantes, quels que soient le lieu et le moment où se déroulera la prochaine Coupe".

Sur la base des résultats des essais menés à partir de Noël dernier, l'équipe de conception doit maintenant décider du programme pour les 12 à 18 mois à venir, selon qu'elle dispose de 3 ou 4 ans.

"Notre design Team travaille à Auckland depuis la fin de nos programmes de navigation et de test", explique de son côté Derek Clark. "Ce que nous avons appris durant ces trois mois est inestimable".

Outre Derek Clark, l'équipe qui a conçu les GBR 70 et 78 se compose de Rob Humphreys, Phil Morrison et Akihiro Kanai. Elle pourrait être élargie si les discussions (confidentielles) actuellement en cours avec des membres d'autres équipes aboutissaient.

Par contre, aucun programme de navigation n'est programmé pour 2003 et, concernant ce secteur évidemment essentiel, les décisions seront prises lorsque sera connu les conditions de la prochaine Coupe.

Même si, sur le long terme, le syndicat anglais se dit très attaché à conserver les talents qui se sont révélés durant les matchs de 2002, chacun des navigants est invité à poursuivre ses projets particuliers cette année.

"L'équipe entière a été impliquée dans cet examen qui a été si précieux mais, bien évidemment, il n'y a pas de programme de navigation pour 2003", explique Ian Walker. "L'accent a été mis sur le design et la recherche de fonds, la partie navigation ne sera définie que lorsque l'on y verra plus clair sur la prochaine compétition".

"Personnellement, je compte me réinvestir dans les Jeux Olympiques et dans divers autres projets", ajoute le skipper. "Mon étroite relation avec Peter Harrison et avec le reste de l'équipe se poursuivra et l'une de mes ambitions est toujours d'appartenir à un Team anglais vainqueur de la Coupe".

 

 Des jeux pas clairs sur le Golfe d'Hauraki (13/02/03)
 (source : Yachts & Yachting)

Alors que les deux concurrents de la Coupe dévoilaient leurs bateaux en début de semaine, une rumeur circulait sur le Viaduct Basin à propos des relations illicites entre le Team NZ et certains challengers.

Le Prada Challenge d'abord qui, moins de trois jours après avoir été sorti de la compétition, a été vu par Oracle en train de s'entraîner avec le Defender. Un témoignage de Chris Dickson et de Tom Ehman (conseiller règlement du syndicat de Larry Ellison) viendrait appuyer ce constat.

Une infraction manifeste aux accords que les neuf syndicats engagés dans la Louis Vuitton Cup avaient conclu avant le début des régates. A l'époque, c'était déjà le Prada Challenge qui avait rompu la règle non écrite qui veut qu'aucun challenger n'aide le defender et s'était plusieurs fois mesuré avec lui en match amical.

Un tel manquement est encore plus savoureux lorsque l'on se souvient que c'était le même Prada Challenge qui avait fait un scandale en 2000 auprès du challenger of Record de l'époque, le New York Yacht Club, après que Peter Gilmour et son Nippon Challenge aient osé se mesurer avec le Team NZ.

Si on en croit la rumeur, la raison de ces faveurs au Team NZ serait à rechercher du côté de Patrizio Bertelli qui considérerait que l'arrivée de la Coupe en Europe serait de nature à porter préjudice à son syndicat.

Outre la perte du titre de premier syndicat à ramener la Coupe sur le vieux continent, la raison principale serait la crainte de celui-ci de voir affluer les projets italiens (quatre syndicats transalpins seraient déjà sur les rangs en cas de Coupe européenne) et d'observer ainsi un émiettement des tiffozi.

Prada en a déjà fait l'amère expérience cette fois-ci avec le Mascalzone Latino, coupable aux yeux de Bertelli et des siens de faire de l'ombre au Prada Challenge, l'obligeant à des efforts de relations publiques jusqu'ici inconnus (il faut se rappeler qu'en 2000, il avait focalisé la sympathie de tous et, notamment, des néo-zélandais).

Second concerné, le GBR Challenge qui aurait également goûté aux régates interdites, étant resté un mois à Auckland après avoir été éliminé par le Team Dennis Conner en quart-de-finale.

Si cette rumeur s'avérait fondée, elle aurait sans doute à voir avec celle qui fait état d'une position très favorable du syndicat britannique dans la course au titre de challenger of record (celui-ci étant, il faut se le rappeler, librement choisi par le Defender. Le prix de la trahison ?

Autant d'éléments qui, s'ils sont vrais, doivent conforter les suisses dans leur idée qu'une remise à plat des règles de la Coupe est nécessaire...

 
 Une année cruciale pour le GBR Challenge (08/01/03)
 (Source : BBC)

Fondateur et unique pourvoyeur de fonds de la campagne anglaise, Peter Harrison sait que ces douze prochains mois seront déterminants pour le futur du syndicat.

En tout, le milliardaire britannique aura déboursé pas moins de 22 millions de livres (soit quasiment 35 millions d'euros) de son propre argent pour permettre à Ian Walker et les siens de parvenir en quart de finale.

N'est pas Larry Ellison qui veut et, après avoir fait ses calculs, Peter Harrison sait qu'il ne pourra pas financer seul une seconde campagne. Par contre, il affirme aujourd'hui être prêt à repartir si une ou plusieurs bonnes volontés se déclaraient prête(s) à partager les coûts d'un nouveau syndicat.

"Pour l'heure, j'ai tout mis en place en considérant que nous parviendrons à continuer", déclare t'il. "Ce n'aurait aucun sens de fermer la boutique maintenant".

Plus précisément, pas moins de 4,5 millions de livres (environ 7 millions d'euros) ont à nouveau quitté sa poche, essentiellement pour maintenir un noyau de concepteurs qui travaillent déjà au développement des prochains Class America britanniques sur l'île de Wight. D'autres devraient être très vite recrutés.

"C'est une course à la technologie", explique t'il. "Vous devez avoir un équipage compétent et les personnes adéquates, vous devez avoir une équipe tactique et une équipe météo satisfaisantes mais vous devez aussi avoir un bateau rapide et c'est là que nous étions un peu justes".

L'heure est maintenant à la recherche de partenaires prêts à franchir le pas et à suivre Peter Harrison dans sa quête de la"Coupe du Monde de la Voile", comme il la désigne.

"Cette fois-ci, nous avons de meilleures chances, même si je ne peux évidemment pas affirmer que nous allons gagner", explique t'il. "Si nous pouvons rallier suffisamment de partenaires, je serais certainement remotivé pour repartir".

Dans le cas contraire ? "Ce serait une décision très dure mais, d'ici 12 mois, il faudra que je me pose la question de savoir si je continue sur mes propres deniers ou bien si j'arrête".