FRA 79
Le Défi)
FRA 46 & NZL 32
Gilles Martin-Raget)
 
Lorient

 

 La reconstruction du Défi français (28/12/02)
 (source : NZ Herald)

Le temps apaisent les choses et, passé l'inévitable déception de cette XXXIe America's Cup, le Défi réfléchit plus que jamais à la mise en place de sa prochaine campagne.

Arrivé à Auckland avec un budget deux fois supérieur à celui de la dernière édition (environ 25 millions d'euros), les français se sont très vite rendus compte que ce n'était certainement pas suffisant pour terminer sur les plus hautes marches du podium. Loin s'en faut...

Le bilan de cette dixième campagne française est cependant loin d'être négatif, notamment du côté des sponsors et des partenaires.

"Le volume de couverture et le retour pour les sociétés engagées à nos côtés aura été très très importants", affirme Xavier de Lesquen. "En dépit de nos résultats, nous savons que la couverture médiatique aura été bien au delà de nos attentes, six fois ce que nous attendions pour les cinq ou six pays clefs".

Principal sponsor de la campagne 2002/2003, Areva estime ce retour à 25 millions d'euros, à rapprocher des 15 millions investis.

A l'heure de reconstruire, s'il fallait trouver l'inspiration dans un syndicat, Xavier de Lesquen se tournerait cependant plus vers le Team NZ que vers Prada et ses 95 millions d'euros finalement inutiles.

"Nous n'envisageons même pas de tels montants", explique le directeur général du syndicat français. "Nous sommes convaincu qu'avec un budget légèrement plus important, un bon timing et une bonne organisation, nous pouvons faire quelque chose dans le futur".

Si l'on en croit les déclarations du syndicat français, c'est bien le caractère tardif du budget qui aura été le principal point faible de cette campagne et c'est très vite que le financement doit être assuré pour prétendre être compétitif en 2006.

"Après la Coupe 2000, nous ne faisions financièrement pas le poids face aux nouveaux arrivants et aux autres équipes", se souvient Xavier de Lesquen. "Dès lors, nous n'avons pas été en mesure de garder certains des éléments clefs du syndicat, dont Bertrand Pacé".

"Il nous ont bien évidemment manqué mais nous savons qu'outre l'aspect financier, ce choix leur permettait de travailler dans de très bonne équipes", explique le directeur général du Défi. "Bertrand doit vivre un moment extraordinaire à l'intérieur de la meilleure équipe du monde".

L'une des innovations majeures que pourrait apporter un budget suffisamment précoce serait ainsi la capacité de recruter dès la fin de la compétition au sein des meilleures équipes.

"Nous avons commencé cette campagne avec un Team peu expérimenté mais, à la fin de la compétition, nous nous retrouvions avec une équipe tout à fait intéressante", explique de Lesquen qui ne fait pas mystère de sa volonté d'élargir le recrutement.

"Nous voulons bien sûr conserver certains des éléments clefs du syndicat et conserver cet élan mais, dans le même temps, nous savons que sur plusieurs aspects techniques et sportifs, nous aurons besoin de l'apport de certaines des meilleures équipes".

Un des éléments déterminants pour le financement du projet sera sans aucun doute le lieu de la prochaine Coupe et, dès lors, une victoire d'Alinghi représenterait un scénario parfait pour les français.

En effet, une Coupe européenne serait sûrement le meilleur moyen d'attirer les sponsors un peu rebutés par l'éloignement de l'événement.

 
 Retour à Lorient pour le Défi (04/12/02)
 (source : Le Défi)
Déçu certes mais encore debout. Plus que jamais, le Défi veut croire que l'infrastructure mise en place pour cette campagne puisse être un tremplin pour la prochaine et que les efforts consentis depuis maintenant deux ans finiront par porter leurs fruits

"Nous ramenons tout notre matériel à Lorient, la base nous attend là-bas avec toutes son infrastructure pour remettre opérationnels les bateaux", explique Pierre Mas. "Une petite dizaine de personnes seront là au déchargement du cargo en janvier".

Outre la base de Kéroman, les principaux actifs français restent les deux Class America dont les potentialités d'évolution restent importantes et qui doivent permettre de construire un bateau vraiment compétitif en 2006.

"Nous avons plein de développement à faire sur les bateaux avant de reprendre une boucle de conception de nouveaux bateaux, explique le directeur sportif du syndicat français. "Nous ne sommes pas au bout de leur potentiel, il faut que nous testions encore les quilles, les carènes, les gréements et les voiles pour avoir plus de certitudes le jour où nous mettrons en chantier un nouveau bateau".

La principale leçon de cette XXXIe America's Cup restera la nécessité d'un timing parfait et, dès lors, les jours sont comptés d'ici à la prochaine compétition.
 
 Dernière sortie à Auckland pour le Défi (27/11/02)
 (source : Le Défi)
L'aventure se termine et, pour la dernière fois, les deux Class America français étaient aujourd'hui sur le Golfe d'Hauraki pour quatre heures de tests intensifs.

"C'était parfait, assure Luc Gellusseau, le directeur technique. Mais c'est dommage que ça s'arrête. Maintenant, on fait tout pour qu'on puisse recommencer à naviguer à Lorient au printemps."

C'est Luc Gellusseau et Philippe Presti qui ont barré FRA 69 alors que se sont relayés Luc Pillot et Sébastien Destremau pour conduire FRA 79.

Pour prolonger le plaisir de cette dernière navigation, FRA 79 est rentré à la voile jusqu'à la rade de Waitamata. Les appareils photos sont sortis des poches de vareuses pour prendre les dernières photos souvenir.

"La navigation était super bien, confie Philippe Mourniac, navigateur, mais on se dit que le Class America et le Golfe d'Hauraki, c'est fini. Quand on rentre au port la dernière fois, c'est émouvant."

C'est le sentiment de toute l'équipe au moment de passer la porte du Viaduct Basin. Par VHF, Sébastien Destremau a dit au revoir à la femme qui contrôle l'accès au port. Sur tous les visages, on pouvait lire les regrets que l'aventure du Défi 2002 s'arrête désormais.

Sur la base suisse d'Alinghi, le wincheur français « Kiki » Karcher a salué l'équipage de FRA 79. La pluie qui a menacé toute la journée a commencé à tomber quand les Class America ont été grutés sur le terre-plein.

L'équipe du Défi a trois semaines pour ranger la base et charger son matériels dans un cargo.
 
 Le Défi Areva, un syndicat sans rancune (24/11/02)
 (source : Foxsports)
Lors de la journée d'hier, les équipiers du Défi Areva ont montré une belle sportivité en venant au secours de ceux là mêmes à qui ils doivent leur élimination.

Alors que les quatre équipes attendaient un hypothétique départ dans une mer passablement démontée, le Victory Challenge a été victime d'une rupture de bôme qui, en cas de départ, l'aurait obligé à déclarer forfait en laissant ainsi le point de la victoire aux italiens.

En effet, la bôme de secours des suédois se trouvait encore sur la base et, compte tenu qu'il faut une bonne heure pour faire l'aller-retour, un délai n'aurait pas été suffisant.

Alerté de cet incident, le Défi s'est présenté spontanément à la base suédoise voisine de la sienne pour y charger la bôme nécessaire et a mis le cap vers le Golfe d'Hauraki pour l'amener sur le SWE 73.

"Les français, que nous avons battu il y a de cela quelques jours, ont déployé ici de grands efforts pour nous aider et nous les en remercions", annonçait Bert Willborg, porte-parole du Victory Challenge. "Un tel geste montre qu'ils n'ont pas conservé de rancune à notre égard".

Cependant, l'intervention française aura été finalement vaine puisque, arrivés sur place, les équipiers du Défi Areva apprenaient que les courses étaient annulées.
 
 "Extra session" pour le Défi Areva (20/11/02)
 (source : Le Défi)
Bien qu'éliminé de la Coupe Louis Vuitton depuis le début de la semaine, le Défi Areva prolonge de quelques jours son séjour en Nouvelle-Zélande.

Mardi midi, les trois directeurs du syndicat français (Xavier de Lesquen, Luc Gellusseau et Pierre Mas) ont annoncé à l'équipe le programme des jours à venir, un œil fixé sur la Coupe 2006.

"Nous travaillons pour la prochaine Coupe, vraisemblablement en 2006", explique le directeur sportif, Pierre Mas. "Cette Coupe n'est pas une fin en soi, mais une étape. Le boulot continue et il y a plein de choses à apprendre."

L'équipe naviguera trois jours à deux bateaux, puis les techniciens modifieront les deux Class America avant que les navigations ne reprennent pour quelques jours. Ce programme devrait être achevé vers le 4 décembre.

A partir de là, il sera temps de démonter la base, de réexpédier les deux Class America par cargo et de regagner la France.
 
 Anglais et français se tournent vers 2006 (18/11/02)
 (Sources : BBC & NZ Herald)

Pendant que les suédois arrosaient leur qualification, les anglais et les français tiraient les premières conclusions de cette campagne 2002.

Pour les français, demi-finalistes lors de la dernière Coupe et ayant affiché l'objectif de maintenir au moins ce résultat, la pilule est amère et le bilan assez peu réjouissant.

Un bateau pas assez rapide et une cellule arrière bien fluctuante, l'étroitesse du budget et son arrivée tardive sont désignés - une nouvelle fois - comme les grands responsables.

Malgré ces maigres performances, Xavier de Lesquen affirme que le Défi Français garde un bel avenir et, même s'il est trop tôt pour livrer des informations sur la prochaine campagne, affirme sa confiance dans le futur.

"A court terme, on va entamer le démontage du projet pour transporter toutes nos infrastructures en France", explique le directeur général du Défi Areva. "Nous allons également rentrer dans une phase de bilan la plus précise et vaste possible. Une partie de l'équipe va également rester ici en tant qu'observateur pour préparer l'avenir".

"A long terme, nous allons travailler sur le prochain projet", indique t'il. "Il faut essayer de redémarrer le plus vite possible avec les structures et le financement nécessaire."

"Le Défi est une structure professionnelle avec une base à Lorient, trois Class America et des compétences humaines. Pour redémarrer rapidement, nous aurons besoin de nos partenaires."

Reste que nombre d'inconnues demeurent sur cette prochaine campagne et, première d'entres-elles, le lieu de la prochaine défense alors que trois syndicats américains et autant d'européens sont à la lutte pour essayer d'arracher le précieux trophée aux mains du Team New Zealand.

Du côté du GBR Challenge, second éliminé de la journée, les choses sont par contre parfaitement claires compte tenu de l'engagement sans faille affiché par Peter Harrison, son principal pourvoyeur de fonds.

Le milliardaire anglais reste cohérent depuis le départ. Les sommes investies dans cette XXXIe America's Cup ne sont que les prémisses d'une campagne véritablement compétitive.

"Je m'inscrit définitivement dans la durée," explique t'il. "J'ai pris personnellement un certain nombre de décisions pour que les anglais puissent réellement gagner la Coupe et, première d'entre-elles, j'ai ici donné l'impulsion initiale qui nous permettra de revenir dans ce que je considère comme la Coupe du monde de la voile".

De fait, ce ne sont pas moins de 22 millions de livres que Peter Harrison a tiré de sa fortune personnelle pour permettre de poursuivre cet objectif et, si on en croit ses déclarations, son seul véritable regret a trait à la trop tardive mise en chantier du GBR 78, Class America révolutionnaire qui n'aura pas pu être abouti durant la compétition.

"S'il y a une seule leçon à retenir de ceci, c'est qu'il faut partir plus tôt et avoir ses bateaux sur place le plus vite possible", explique l'homme d'affaires. "Nous aurons de meilleures opportunités la prochaine fois."

D'ores et déjà, la campagne 2006 commence puisque le GBR Challenge reste ici jusqu'en décembre pour continuer la mise au point des deux Class America.

En attendant que des sponsors se déclarent, ce qui ne fait pas de doute selon Peter Harrison compte tenu des belles performances anglaises dans cette compétition, il continuera à soutenir financièrement le GBR Challenge.

 
 Phillipe Presti revient, Luc Pillot débarque (08/11/02)
 (source : Le Défi)
La cellule arrière du Défi Areva a été - une nouvelle fois - recomposée. Philippe Presti remonte à bord de FRA 69, cette fois-ci comme barreur et skipper. Le bordelais avait cédé sa place au nantais Luc Pillot après les trois premières manches du premier tour de la Coupe Louis-Vuitton .

Comme l'indique le syndicat français, sa connaissance de Jesper Bank (ils régatent sur le circuit international depuis des années), ses compétences dans les phases de départ et de contact (mise en difficulté des Suédois lors des entraînements en septembre) et sa maîtrise de FRA 69 seront des atouts précieux dans ce rendez-vous des quarts de finale.

"Je connais bien les Suédois et tout particulièrement Jesper Bank, déclare le nouveau skipper du FRA 69. "J'ai eu l'occasion de naviguer contre lui sur le circuit international"

"Nos régates d'entraînement en septembre ont été très instructives. Ce sont des adversaires rigoureux qui ont réalisé un très bon début de Coupe. J'ai fait un gros travail d'analyse de leurs régates. Si nous réussissons à améliorer nos qualités dans les phases de contact, tout en conservant le travail effectué sur la vitesse, je pense que nous avons toutes nos chances de marquer des points contre eux."

"J'ai pris une décision difficile. Elle s'imposait. Elle correspond seulement à un moment de la compétition où nous devons considérer nos atouts et nos faiblesses", explique Pierre Mas. "Elle ne remet en rien en cause la qualité du travail et de l'engagement de Luc Pillot, qui a pris la barre de FRA 69 à un moment difficile. Il a fait un gros travail sur la vitesse du bateau que nous devons poursuivre".

Luc Gellusseau et Philippe Mourniac occupent respectivement le rôle de tacticien et de navigateur.