A PROPOS DES REGATES




   Les manoeuvres



Généralités - un duel entre deux bateaux

  Match race
Dans une régate de l'America's Cup, le voilier qui gagne n'est pas forcément le plus rapide en vitesse pure mais, et c'est bien différent, celui qui aura pris le meilleur départ et qui, lors du reste de la course, sera parvenu à contrôler son adversaire.

Le Match Racing diffère en effet de la régate en flotte par le nombre de concurrents : les bateaux s'y affrontent 2 à 2 . Les règlements internationaux sont ici utilisés non plus pour sanctionner mais pour créer un avantage tactique : on s'approche de l'adversaire pour lui faire commettre une faute .

Dès lors, l'essentiel des régates repose sur la stratégie, les plus ou moins habiles options choisies par les voiliers et la multiplication des coups de bluff pour déstabiliser l'adversaire et remporter la victoire.

  Parcours

Depuis 1995, les compétitions se déroulent sur un parcours de type "banane", soit un ovale placé dans le sens du vent où les bateaux montent vers une bouée au vent puis descendent vers une bouée sous le vent.

Le parcours mesurait 18,5 miles nautiques de long, (soit envi-ron 34 Km) avec trois remontées contre le vent (bords de près) et trois descentes avec le vent dans le dos (bords de portant). Il devrait être réduit en 2007.

Orientées dans le sens des aiguilles d'une montre et compte tenu des règles de priorité, les courses donnent souvent lieu à de belles empoignades au passage des bouées qui matériali-sent les deux extrémités du parcours.

La ligne de départ et d'arrivée, placée perpendiculairement au lit du vent, mesure environ 275 mètres de long.

Les limites météos qui avaient été très critiquées (les régates ne démarraient pas si, au départ, le vent ne soufflait pas dans la fourchette de 7 à 19 noeuds) devrait disparaître.


  Règles générales
Par une bonne utilisation des règles de priorités, le bateau qui mène la régate peut légalement gêner son adversaire, l'obliger à changer de route et, c'est le plus important, l'empêcher de passer devant.

Assez complexes, ces règles de priorités reposent cependant sur quelques principes de base :
- Quand les deux voiliers sont sur des bords opposés (un voilier est sur un bord, tribord ou bâbord correspondant à son côté au vent), on se trouve dans un cas proche de la priorité à droite : celui qui est "bâbord amures" (gauche) doit se maintenir à l’écart de celui qui est "tribord amures" (à droite) ;
- Lorsque des voiliers sont sur le même bord, la priorité revient à celui qui est le plus loin du vent : le bateau qui est "au vent" (celui qui touche le vent en premier) doit se maintenir à l’écart de celui "sous le vent".

L'introduction en 1992 d'arbitres ("umpires") ayant le pouvoir de décider en direct de l'application des règles du match racing est venue contribuer à rendre les duels encore plus accrochés.

Celui qui considère avoir été victime d'une faute de la part de son adversaire brandit le pavillon "Y", demandant par là-même réparation immédiate.
 
Ainsi saisis, les umpires doivent rendre leur verdict sans délai et rendre l'une des trois décisions suivantes :
donner raison au demandeur, auquel cas ils hissent le drapeau du bateau en infraction (chacun s'étant vu attribuer le pavillon bleu ou le pavillon jaune en début de course), celui-ci doit alors effectuer sa pénalité avant la fin du parcours ;
refuser la réclamation auquel cas un pavillon vert est dressé ;
en cas de faute particulièrement grave, hisser un pavillon rouge ou noir
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dans le premier cas, double pénalité dont une immédiate,
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dans le second cas, le voilier en infraction est éliminé.

Strategie

  Le départ
Souvent considéré comme la partie la plus spectaculaire d'une régate, la phase de départ est déterminée par un rituel extrêment précis :
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cinq minutes avant le départ, les deux voiliers coupent à l'envers la ligne de départ, chacun sur un bord différent ;
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compte tenu des règles de priorité, celui qui "entre tribord" bénéficie d'un avantage sur son adversaire et, durant le compte à rebours de 5 minutes, ce dernier cherchera à lui reprendre le contrôle ;
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au cours de ces manoeuvres, où les deux bateaux se suivent en virant de bord, chacun des équipages cherche :

 

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à se positionner au mieux pour couper la ligne de départ selon le bon timing et du côté qui lui semble le plus favorable compte tenu du vent,
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à empêcher l'adversaire d'en faire autant et, dans l'idéal, à le pousser à la faute (octroi d'une pénalité, franchissement de la ligne avant le départ ce qui oblige à un tour de bouée supplémentaire...)
Pour garder (ou prendre) l'ascendant sur son adversaire, un barreur optera en général pour l'une des deux stratégies suivantes :
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le blocage, qui permet en suivant l'adversaire de près de l'éloigner de la ligne de départ pour pouvoir revenir le premier vers le bateau Comité... avec 2 ou 3 longueurs d'avance ;
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le circling où, à la suite du premier croisement, les deux adversaires vont se mettre à tourner dans un même cercle le plus vite possible (le but étant de se trouver derrière l'adversaire, en situation de priorité).
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  Les bords de près
Un principe fondamental (assez évident) régit la conduite des bateaux lors des "bords de près" qui est qu'un voilier ne pourra jamais remonter face au vent. Pour avancer, il doit au contraire se présenter de flanc.

Sachant que plus l'angle est ouvert, plus le bateau avance vite et que, dans le même temps, le but est néanmoins de se rendre à la bouée "au vent", il est nécessaire de trouver le juste équilibre entre la vitesse (et donc un angle assez ouvert) et la distance à parcourir.

Schématiquement, on trace ainsi un "carré idéal" de course qui forme un angle à 45° par rapport à la bouée et dont les bords ("lay-line") délimitent le champ de la compétition (au dessus de cette ligne, le bateau se rallonge).

Dans le même temps, en s'engageant dans les "bords de près", les tacticiens doivent choisir de quel côté du plan d'eau il convient de naviguer compte tenu des possibilités de contrôle sur son adversaire et des orientations prévisibles du vent (nombre de courses se perdent ainsi dès le départ, suite à un défaut d'appréciation du côté favorable).

Le choix d'une option basée sur la vitesse pure du bateau, en se contentant de naviguer le plus vite possible, est assez périlleux (ceci dans la mesure où une bascule de vent peut toujours intervenir qui bouleverserait les conditions de la course).

Pour cette raison, un bord de près consiste en général en un duel de virements de bords où le voilier tribord cherche à contrôler le voilier babord (tactique dite du marquage). Le leader en essaye de déventer son adversaire ou, à tout le moins, de perturber son vent, ce dernier cherche à passer devant en multipliant les croisements.

Le marquage, tactique qui permet de limiter au maximum les risques liés au fait que le vent ne souffle jamais identiquement sur le plan d'eau, reste le choix le plus sûr.

Schématiquement, le bateau qui veut le tribord pourra chercher à :
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virer sous le bateau tribord, notamment lorsqu'il considère que le vent va refuser sur le nouveau bord (ce qui devrait donner un avantage en sortie de virement) ;
 
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le risque principal est ici de ne pas parvenir à sortir en tête et de se faire couvrir par le bateau leader et, ainsi, de se trouver déventé (on ne vire donc sous l'autre bateau que si l'on considère avoir un avantage sur lui ) ;
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on ne vire jamais sous le vent de son concurrent tribord lorsque le côté droit du plan d'eau est avantagé (bascule à droite en particulier), on l'inciterait alors à partir du bon côté tout en partant du mauvais (les dégats risqueraient alors d'être considérables).
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croiser derrière le bateau tribord, notamment le vent refuse sur le bord sur lequel on se trouve (on prend alors de l'avance grace au décalage latéral) ou à l'approche de la bouée (ce qui permet de s'engager au passage de la bouée avec la priorité ;
 
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attention cependant au "slam-dunk", qui consiste pour le bateau que l'on cherche à croiser à virer de bord très rapidement et, ainsi, à couvrir l'autre dans son dévent (le bateau poursuivant est alors obligé de virer).

  Les bords de portant
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, sur les "bords de portant" (ou "bords de vent arrière"), la meilleure route n'est pas toujours la ligne droite. Ici aussi, le bateau avance plus vite lorsqu'il se présente de flanc par rapport au vent.

En fait, la détermination de la "route idéale" (on retrouve ici le "carré idéal" et la "lay-line") sera ici essentiellement fonction de la force du vent :
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en cas de vent faible, l'accroissement de route provoquée par un angle ouvert et des zig-zags est compensé par la vitesse supplémentaire ;
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en cas de vent fort, cet avantage tombe et les bateaux ont tout intérêt à opter pour la ligne droite.

Contrairement au "bord de près", le choix d'une option basée sur la vitesse pure est nettement plus fréquente sur ces bords. En effet, lorsque les bateaux sont proches, le contrôle du poursuivant par le bateau de tête est rendu extrêment difficile et ce, pour deux raisons essentielles :
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compte tenu que le vent vient de derrière, le voilier leader se trouve assez facilement en situation de dévent ;
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l'utilisation du spinnaker (notamment les asymétiques qui se dégonflent lors de chaque empannage) vient considérablement accroître les risques d'erreurs.

A terme, deux types de "bords de portant" sont possibles :
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une série d'empannages croisées qui permettent au bateau de tête de garder le contrôle tout en évitant le dévent ;
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une rupture du contrôle du bateau de tête avec les risques qu'une telle option comporte (bascule de vent notamment).