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"Il
y a de place que pour un seul défi français",
déclarait Loick Peyron dès le mois
de mai dernier. Deux mois après le choix
de Valence, on peut se demander si cette affirmation
n'était finalement pas optimiste alors que
les trois projets sont très loin de leurs
objectifs.
"On est toujours dans une optique de défi gagnant,
parce qu'on a les gens avec qui on veut travailler
et le matériel reste sur le marché", explique
aujourd'hui le baulois. "Pour l'instant, on
est tous dans l'expectative, la différence, c'est
que je ne suis pas milliardaire et qu'il faudra
bien à un moment donné que je trouve des solutions
pour nourrir mes enfants."
Un discours nettement moins optimiste mais, pour
le Team France, Loïck est prêt à "prendre un
risque au détriment de toute activité, un risque
que je qualifierais de citoyen pour que la France
soit dignement représentée."
Son de cloche assez similaire du côté
du K-Challenge qui, selon ses plans de l'automne
dernier, devrait avoir trouvé au moins la
moitié de son budget total (soit 30 ou 40 millions
d'euros) et se contenterait aujourd'hui de bien
moins.
"On est en train de finaliser avec un partenaire
pour 10 à 15 millions d'euros, explique Stéphane
Kandler, on espère que ça va se débloquer rapidement
parce que notre équipe est désormais libre de faire
ce qu'elle veut."
Cette somme correspondrait à une année de fonctionnement,
les priorités ayant été légèrement redéfinies.
"Aujourd'hui, la priorité, c'est commencer à travailler
sur le design. Le travail sera essentiellement axé
sur la recherche, on mettra d'autres choses en sommeil
sur le plan sportif qui ne sont pas hyper prioritaires."
S'agissant du Défi 2007, projet issu des
deux précédentes campagnes, la ligne
de rigueur est maintenue. La base de Lorient vient
d'être louée à Bruno Peyron
et aucune navigation ne semble être au programme
dans un proche avenir.
"On procède en plusieurs temps", explique Pierre
Mas. "Ce qui est important pour nous aujourd'hui,
c'est de naviguer à Valence dès la fin de l'année,
on a une certaine facilité à le faire parce qu'on
a les bateaux, mais ça coûte quand même pas mal
d'argent, on est assez près d'y arriver et ça peut
déclencher le reste."
Une politique d'attente qui, compte tenu des difficultés
des trois projets à se rapprocher, pourrait
se révéler payante si les deux autres
projets ne pouvaient tenir.
"Aujourd'hui, c'est clair que le contexte n'est
pas limpide vis-à-vis d'éventuels investisseurs",
reconnaît Pierre Mas qui évoque des discussions
avec l'équipe de K-Challenge lors du dernier Salon
Nautique. "Ca ne sert à rien de tirer chacun
dans son sens sachant que pour les uns et pour les
autres, l'entreprise est difficile."
"Il y a un certain scepticisme parmi les gens qu'on
rencontre, ils se demandent pourquoi il y a trois
défis, il y a une pollution à travers ça, c'est
dommageable", avoue dans le même sens
Stéphane Kandler. "Je reçois des lettres
d'avocats du Défi, un niet catégorique, même pour
s'asseoir autour d'une table, de Team France, on
n'est donc pas mûrs pour ça."
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