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Vingt-quatre victoires au compteur
en vingt-quatre duels de match-racing. Le moins
que l'on puisse dire c'est que le Defender a montré
durant les LV Acts 4 et 6 qu'il restait un adversaire
de taille.
Une situation qui donne d'autant plus de plaisir
à Ernesto Bertarelli, âme et leader
de ce syndicat suisse qui n'en finit pas d'impressionner,
que l'équipage aligné à Malmö
était pour l'essentiel différent de
celui qui avait déjà fait merveille
à Valence.
"Notre objectif est de construire deux équipes
de haut niveau. Nous devons faire progresser nos
programmes de course et d'entraînement", explique-t-il.
"Peter (Holmberg) a gagné à Valence et Jochen
(Schuemann) l'emporte à Malmö. Tout cela démontre
bien que nous avons une équipe globalement solide.
Tous nos équipiers sont interchangeables sans que
le niveau de compétitivité ne soit affecté."
Il faut en effet reconnaître que le milliardaire
suisse n'a pas lésiné sur les moyens
humains, doublant (voire triplant) les postes pour
atteindre son objectif : conserver l'America's Cup
en Europe.
Le syndicat helvétique dispose ainsi de trente-cinq
marins de très haut niveau, alors qu'il n'y aura
que dix-sept places sur le bateau qui sera chargé
de conserver le plus vieux trophée du monde.
Une équipe qui semble cependant rester soudée
ce qui permet à Ernesto Bertarelli de mettre
en avant l'excellente ambiance régnant sur
le SUI 75 où les rivalités semblent
avoir été mises en sourdine.
"Ce qui m'a fait le plus plaisir durant ces
six jours de compétition, c'est l'ambiance qui régnait
à bord de notre bateau", s'enthousiasme ainsi
le milliardaire. "Je crois sincèrement que
nous naviguons aujourd'hui à un meilleur niveau
qu'en Nouvelle-Zélande. Les nouveaux venus à bord
ont tout de suite pris leurs responsabilités. Ed
Baird à la stratégie, Jochen Schuemann à la barre,
et tous les marins forment un groupe solidaire.
Nous parvenons ainsi à conserver nos automatismes".
Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des
mondes possibles, comme en attestent les discours
des trois skippers pouvant prétendre à
la barre du bateau durant les duels de 2007.
"Ce système de rotation est excellent à condition
que tous fassent preuve d'intelligence", explique
ainsi Peter Holmberg, qui tenait la barre durant
les épreuves de juin. "Je ne me fais
pas de soucis pour la suite. Il règne chez Alinghi
un esprit d'équipe irréprochable, ce qui n'est pas
toujours le cas chez les autres".
"Notre but est d'arriver au même niveau de performance
indépendamment des gens qui sont à bord", abonde
Jochen Schuemann, titulaire du poste durant le Louis
Vuitton Act 6 qui vient de se terminer à Malmö.
"L'idée n'est de toute façon pas de trier les bons
des mauvais: il n'y a pas de mauvais."
Ed Baird, engagé cette année, barrera quant à lui
SUI 75 le mois prochain (lors des prérégates de
Trapani, en Sicile) tient quant à lui un
discours tout aussi positif.
"Nous aimons tous gagner et c'est pour cela que
nous sommes là", affirme de son côté
Ed Baird qui entrera . "Et le fait qu'il y ait d'abord
une compétition intra muros nous aidera à battre
notre adversaire à Valence."
Jusqu'ici, les avènements semblent donner
raison au staff helvétique alors que le Defender
vole de victoire en victoire. Mais des moments difficiles
s'annoncent, quelque soit la cohérence du
groupe.
"La clé du succès, c'est savoir gérer les moments
difficiles. Or celui-ci en sera un", admet Ed Baird,
en parlant de la désignation du barreur des
"vraies" rencontres de l'America's Cup.
"Mais je sais que les deux ou trois personnes qui
prendront la décision finale le feront de façon
claire et ouverte, avec le soutien de tous les autres.
L'idéal serait que nous tombions tous d'accord.
De toute façon, il n'y aura pas de sabotage."
"Nous sommes des compétiteurs et, par nature, nous
nous comportons parfois comme sur un ring", abonde
Peter Holmberg. "Mais chacun accepte l'idée que
le meilleur d'entre nous sera sur le bateau pour
la Coupe de l'America. Il y a chez Alinghi suffisamment
de gens compétents pour trouver la formule parfaite
à bord. Je leur fais confiance."
Des gens compétents parmi lesquels il faudra
sans nul doute compter avec les "Famous five",
les cinq néo-zélandais arrivés
en même temps que Russell Coutts et qui s'affirment
mois après mois comme le noyau de cette équipe.
Ernesto Bertarelli ne s'y est d'ailleurs pas trompé,
dédiant plus ou moins cette victoire dans
le LV Act 6 aux cinq anciens du Team New Zealand.
"Alinghi est fait de beaucoup d'individualités.
J'aimerais en mentionner quelques-unes: Je commencerais
par Brad Butterworth, puis Simon Daubney, Warwick
Fleury, Murray Jones et Dean Phipps", a-t-il
déclaré aujourd'hui. "Ces gars
détiennent des records de victoire dans l’histoire
de l’America’s Cup. Nous leur devons une grande
partie de notre succès".
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