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En remportant le titre de Defender pour la prochaine
Coupe de l'America, la Société Nautique de Genève,
représentée par le Team Alinghi, récupérait également
le lourd privilège d'organiser la 32ème édition
de la compétition. Et d'en rédiger le Protocole.
Ce document définit tous les aspects de la compétition,
du format des régates à l'utilisation des matériaux
pour la construction du bateau. Lors de l'annonce
du nouveau Protocole, Alinghi s'est positionné entre
tradition et modernisme.
Toutes les modifications annoncées s'appuient sur
l'article 2, édictée par le Team : " Le but et l'intention
sous jacents de ce Protocole devront être de promouvoir
une compétition sportive accessible pour tout concurrent,
de réaliser le potentiel commercial et sportif de
la Coupe de l'America et d'encourager, sur le plan
international, le développement et l'intérêt pour
la Coupe de l'America en tant qu'événement majeur
dans la compétition vélique. Ceci en cohésion avec
les dispositions du Deed Of Gift ".
C'est au cours de différentes réunions avec les
challengers, le Jury International, le comité de
jauge ou le panel d'arbitrage et les officiels du
CORM, que les dirigeants du Team ont revisité le
document : en identifiant des transformations envisageables,
propices au développement de l'événement. Doit-on
parler de révolution, non - de réforme, peut-être
- de mise en lumière de certains potentiels peu
exploités jusqu'à ce jour, certainement.
Le Protocole, édicté par le Defender, se lit généralement
du point de vue du Challenger. Ce dernier cherche
généralement dans le document quels sont les obstacles
avec lesquels il va devoir jongler et qui vont consommer
une grande partie de son énergie et de son budget.
Le lieu de course
La Société Nautique de Genève s'attache (via les
services d'AC Management, une nouvelle structure
mise en place pour gérer la partie événementielle
de la Coupe de l'America) à rechercher un lieu qui
garantira l'aspect sportif de la compétition. Autrement
dit, le vent devra souffler sans relâche sur le
lieu des courses afin de permettre aux concurrents
de se concentrer sur l'essentiel une fois la compétition
lancée : l'art du duel.
L'objectif est clair. Faire disparaître du calendrier
la mention " report ", trop souvent observée dans
le déroulement de la 31ème Coupe.
Pour l'instant, huit villes sont à l'étude (Barcelone,
Palma de Mallorca, Valence, Lisbonne, Naples, Gênes,
Porto Cervo, Marseille). AC Management annoncera
le nom des quatre candidates qui resteront en course
dans le courant du mois de mai. Notons également,
que la venue de la compétition en Europe va grandement
faciliter la logistique des challengers.
La règle de nationalité
ou de résidence
La Coupe reste une compétition entre Clubs nautiques
de différentes nations. La règle de nationalité
ou de résidence qui s'appliquait aux marins et aux
designers a fait couler beaucoup d'encre lors de
la dernière Coupe de l'America. Elle est dorénavant
abrogée.
Un coup de hache dans la tradition ? Pas tant que
cela. On a souvent entendu l'exemple de Charlie
Barr dont l'équipage avait des reflets scandinaves
et ne possédait d'anglo-saxon que la langue employée
à bord.
Toutefois, le Protocole prévoit des restrictions
: un équipier qui navigue avec un défi dans les
18 mois qui précèdent le début de la compétition
- et ce que soit le type de course - ne pourra pas
prétendre à un poste chez un autre chez un autre
challenger.
Quant aux designers, ils ne pourront pas changer
de syndicat après avoir signé un contrat avec l'un
des concurrents.
Les bateaux et la technologie
Une des nouveautés de la 32ème Coupe réside dans
la levée du veto sur le transfert de technologie.
En effet, jusqu'à la dernière Coupe, un Challenger
avait la possibilité d'acheter un bateau mais pas
les plans ou les informations relatives à ses performances.
Les développements se faisaient ainsi quasi à l'aveugle,
car oui, le bateau était performant dans telle ou
telle condition mais les équipes de design passaient
des heures à trouver le " pourquoi " de chaque performance.
Les designers partaient donc avec entre les mains
un outil, mais sans savoir quelles étaient ses limites.
D'où de la casse à l'entraînement ainsi que des
sagas juridico-médiatiques.
Il restera cependant, pour certains, à déterminer
qui, du Challenger ou du cabinet d'architecte, a
le droit de vendre ces documents. Nous ne sommes
peut-être pas à l'abri de nouveaux rebondissements
!
L'origine du bateau
Dans ce domaine également le règlement est assoupli.
Le précédent Protocole spécifiait que le bateau,
ainsi que ses composantes devaient être construits
dans le pays d'origine du Challenge. Or, on sait
que le transport des bateaux se fait en " pièces
détachées " jusqu'au lieu de compétition avec ce
qu'implique le coût du transport pour un bulbe de
25 tonnes !
Désormais, seule la coque devra posséder son " certificat
d'origine ". Les autres composantes du bateau pourront
alors être construites sur le lieu même de la compétition
ou dans un pays choisi par le concurrent.
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