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  De nouvelles règles pour les Class America (29/11/03)
 
(source : Yachting World)

Dans la fièvre qui a accompagné la désignation de Valence, un point pourtant majeur est passé quasiment inaperçu qui concerne la conception des futurs Class America.

De fait, une des premières décisions que doivent prendre le defender et le challenger of Record est la règle du jeu concernant la conception des bateaux, celle-ci faisant ensuite figure de bible pour les architectes et les jaugeurs.

Alinghi et Oracle n'ont certes pas dérogé à cette règle mais, contrairement à leurs prédécesseurs, il semble que la règle ait été définie en tant que telle, avant même de connaître la ville où les Class America seraient amenés à en découdre.

Une telle décision peut paraître étrange lorsque l'on regarde en arrière et que l'on voit à quelle point les conditions climatiques et de courants auront pu influencer les choix. La différence entre un bateau destiné au très tranquille plan d'eau de San Diego et de son successeur appelé à naviguer sur le Golfe d'Hauraki saute ainsi aux yeux.

Cette fois-ci, la règle a été conçue dans une perspective très différente et, dès mars 2003, chacun des challengers potentiels a été destinataire d'un document adressé par les deux syndicats et qui, outre qu'il les interrogeait sur un éventuel réaménagement des règles, fixait le cadre général préconisé.

"En prenant en compte le résultat de ces envois et l'idée d'un nécessaire changement des règles existantes, il a été décidé de maintenir la valeur des bateaux existants tout en permettant une modernisation de la Classe", explique Ian Burns, membre du Team Oracle BMW Racing.

Abondant dans le même sens, l'australien Grant Simmer (Alinghi) explique que deux des objectifs majeurs ont été de s'inscrire dans une réduction globale des coûts et d'empêcher la focalisation de certains sur des développements onéreux destinés à tirer sur la règles (Cf. l'épisode du Hula kiwi).

"Certains, y compris dans notre équipe, étaient favorables à un changement radical des règles du jeu", poursuit le Chief Designer du syndicat suisse. "Ainsi Russell Coutts défendait l'idée que les actuels Class America seraient un peu dépassés en 2007 et qu'ils devraient intégrer les nouvelles technologies, telles que les quilles basculantes".

"Le problème est qu'une telle approche aurait conduit à rendre les nouveaux bateaux beaucoup plus chers", affirme Grant Simmer.

Selon Ian Burns, la liste est longue des innovations examinées par les deux équipes et qui n'ont pas été finalement pas été retenues. Sont ainsi interdits les spinnakers moulés, les peintures spécialement conçues pour améliorer le glissement dans l'eau ou encore l'utisation de champs magnétiques destinés au même usage.

"Outre l'idée de réduire les coûts, un des objectifs essentiels était de rendre les courses plus ouvertes lors des futures régates", ajoute Grant Simmer. "Des régates serrées offrent plus de possibilités aux équipes de se dépasser et mettent l'accent sur le travail des équipages".

"Nous sommes enchantés de cette perspective car nous sommes certains de disposer de la meilleure équipe et je suis bien certain que les autres se placent dans la même perspective".

Au terme de ces analyses, Alinghi et Oracle ont donc transmis hier un projet de règles sur lesquels tous les designers se sont immédiatement penchés.

"Le déplacement sera réduit tandis que la surface de voile sera au contraire agrandie", explique Grant Simmer. "Plus précisément, nous avons cherché à réduire le déplacement de 25 à 24 tonnes et décider de limiter les évolutions dans le déplacement à 250 Kg".

Si l'idée d'accroître de 7/8 % la surface de voiles a été jugé comme le moyen de favoriser les chances de portants disputés en amenant les bateaux à une meilleure accélération, le choix a également été fait d'encadrer strictement les variations dans cette surface afin de faire en sorte que les bateaux soient proches.

"La dernière fois, nous disposions d'un ratio de 25 m² pour faire évoluer notre gréement", continue Ian Burns. "La prochaine fois, il sera fixé à 5/7 m²".

Autre révolution, des équipages portés à 17 marins et un invité qu'il faudra maintenant désigné comme 18ème homme (en cas d'absence de ce dernier, un ballast de 100 Kg sera hissé à bord).

Parmi les autres points, on pourra citer des quilles plus profondes, des gréements plus légers d'environ 250 Kg ou encore l'autorisation de matériaux composites pour les étais.

Si la recette d'Alinghi s'avère une nouvelle fois exacte, on peut imaginer des courses plus souvent au contact. Pour le plus grand bonheur des spectateurs.

 
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