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Trop occupés à suivre les exploits
de leur équipe, les suisses n'ont sans doute
pas prêté attention à la clameur
qui s'élevait de la base voisine lorsque
les américains d'Oracle ont cassé
leur tangon de spi durant la seconde régate.
Un spectacle pourtant étonnant se déroulait
chez OneWorld. Installés devant un écran
géant, les quelques membres du syndicat restés
à Auckland se réjouissaient ouvertement
du spectacle des malheurs de leurs compatriotes.
Bien qu'éliminés de la compétition,
les équipiers de Craig McCaw suivent de très
prêt la compétition et, en dehors d'une
aversion marquée pour le syndicat de Larry
Ellison (un sentiment a priori assez répandu
sur le Viaduct Basin), les raisons de ce soutien
à Alinghi tiennent surtout à une éventuelle
participation à la prochaine Coupe.
En effet, les deux grands pourvoyeurs de fonds que
sont Craig McCaw et Paul Allen ont d'ores et déjà
fait savoir qu'une campagne à San Francisco
serait de nature à hypothéquer fortement
une continuation du projet OneWorld.
Le Team New Zealand ne sera pas mieux traité
lorsque son tour viendra puisque McCaw a récemment
fait connaître que les campagnes chauvines
néo-zélandaises l'avait décidé
à ne pas revenir disputer le trophée
dans le Golfe d'Hauraki.
La meilleure chance pour que OneWorld navigue à
nouveau serait donc une victoire suisse et une migration
de la Coupe vers l'Europe où les réformes
annoncées devraient conduire à réduire
les coûts et à accroître le nombre
de compétiteurs.
Malgré les péripéties juridiques,
tous sont conscients chez OneWorld d'avoir réalisé
une grande compétition et d'être passés
très prêts de l'exploit. Ces résultats
et l'intérêt né à Seattle
autour de la Coupe sont le meilleur des gages pour
le futur du OneWorld Challenge.
En attendant une décision à ce sujet
qui n'interviendra pas avant la fin de la compétition,
le porte-parole du syndicat de Seattle indique que,
pour conserver intacts les fruits de cette campagne,
l'idée est à l'étude de la
création d'une équipe qui défendrait
les couleurs de OneWorld dans les grands rendez-vous
de la voile (et notamment les Jeux Olympiques).
D'ici là, le démontage de la base
avance et la plupart des 105 membres du syndicat
ont quitté la Nouvelle-Zélande. Les
deux bateaux sont démâtés en
attendant de savoir s'ils seront vendus ou s'ils
sont destinés à servir de plate-forme
d'entraînement de la nouvelle campagne.
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