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UNE ERE NOUVELLE POUR L'AMERICA'S CUP
      
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  Ernesto Bertarelli expose ses priorités (20/09/03)
 
(sources : Alinghi & la Tribune de Genève)
(Quelques extraits de deux interviews d'Ernesto Bertarelli, respectivement diffusées par Alinghi et par la Tribune de Genève).

Q : Quelles ont été vos premières sensations cette semaine à la barre d'un Class America?

EB : C'était nouveau pour moi et j'avais très envie de saisir cette opportunité. Les premiers jours, il y a eu quelques difficultés de communication dans la cellule arrière lors des phases de départ souvent déterminantes. C'est assez normal car nous manquions d'entraînement par rapport à Oracle.

J'ai dit qu'il s'agissait pour nous d'une bonne thérapie. Je pense que nous avons énormément appris ici. La concurrence nous motive et nous rappelle qu'on n'a pas intérêt à nous endormir sur nos succès passés.

Cela dit, le format des "challengers series" qui vont précéder la Coupe ces trois prochaines années, sera un peu différent. Ici, nous étions les invités d'Oracle et c'est le challenger américain qui a pris toutes les initiatives de l'organisation. Dans le futur, ACManagement devrait reprendre ces événements avec un comité indépendant. Nous aimerions aussi attirer d'autres challengers. Team New Zealand a marqué son intérêt.

Alinghi n'a pas un comportement égocentrique. La Coupe de l'America, traditionnellement, on la gagne et on la défend. On ne partage rien avec les autres. Nous voulons changer les mentalités et faire quelque chose de différent. L'autre jour, j'ai invité Loick Peyron à venir naviguer avec nous. Ce sera peut-être un futur adversaire français. Peu importe, nous n'avons rien à cacher à bord de notre bateau.

Q : Les propriétaires vont-ils continuer à barrer les bateaux lors des prochaines courses programmées l'an prochain en Europe et aux Etats-Unis? Alinghi et Oracle ne vont-ils pas décourager des autres challengers plus modestes?

Je ne pense pas. La priorité doit être laissée aux professionnels. Ce ne doit pas être un jeu exclusif entre deux syndicats puissants. Ce ne serait pas bon pour l'image de la Coupe et son développement. Nous voulons créer un événement moderne dans un lieu où nous sommes sûrs de pouvoir naviguer tous les jours. Le public doit être mieux associé à la Cup. Je pense aussi que la distribution de la couverture télévisée et la qualité des commentaires méritent une plus grande attention pour une meilleure visibilité de l'événement.

Q : Comment se partagent vos responsabilités entre AC Management et le Team Alinghi ?

EB : Mon rôle prioritaire est de diriger Serono. La seule façon efficace de diriger plusieurs organisations est de déléguer. En remportant la Coupe de l’America, nous avons hérité de deux responsabilités : organiser l’événement d’une part, remporter la Coupe à nouveau d’autre part. Michel Bonnefous et Russell Coutts ont pour responsabilité de mener ces deux missions à bien, et ils ont toute ma confiance.

Q: Quel est le calendrier d’ACM pour les prochains 18 mois?

EB : C’est trop tôt pour en parler en détail. Pour l’instant, la priorité d’ACM est de mener à bien le processus de sélection de la ville qui organisera la prochaine Coupe de l’America. La sélection devra être faite avant le 15 décembre. La seconde priorité sera justement de mettre en place un calendrier précis.

Q : Maintenant que la balle est dans votre camp, quelles modifications allez-vous apporter pour faire de la Coupe de l’America un succès comparable à celui de la Formule1 ?

EB: Lors de la dernière Coupe, nous n’avons pas navigué durant 10 jours en raison de la météo. C’est ce qui s’est passé de pire. L’objectif pour le futur est donc de garantir des conditions météo qui permettent de courir. Il faut également rapprocher l’événement du public. On voit l’exemple ici, à San Francisco. Le public peut suivre les régates depuis le bord, il y a beaucoup de monde et le spectacle est fantastique.

Q : Des inquiétudes prennent forme sur le nombre restreint de candidats challengers pour la prochaine Cup. On est loin des quinze ou seize défis annoncés il y a quelques mois. Comment AC Management compte-t-il encourager les challengers et leurs partenaires?

EB : Si à quatre ans de la Coupe, nous avons déjà 7 ou 8 défis en préparation, c'est déjà énorme. Alinghi et ACM vont tout mettre en œuvre pour favoriser la naissance de nouveaux défis compétitifs. On ne veut pas d'une Coupe de l'America au rabais sans forte concurrence venant de nombreux pays. Le trophée est revenu en Europe, mais nous allons continuer à promouvoir la Coupe aux Etats-Unis.
 
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