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  Un second souffle pour la Coupe (27/01/03)
 
(source : Sunday Star Times on Stuff.co.nz)
"Si la Coupe reste ici, je ne pense pas que nous aurons plus de six ou huit challengers la prochaine fois. Si elle part en Europe, ils seront au moins douze. Cette fois-ci ou une autre, ce sera un événement exceptionnel".

Éternel porte-parole de la Louis Vuitton Cup, le français Bruno Troublé dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas depuis longtemps. Une troisième défense kiwie ferait sans soute de la XXXIIe édition un événement sans le même éclat.

"Nous avons connu des Coupe à six ou huit équipes et nous aurons Alinghi et Oracle qui ne peuvent pas ne pas revenir", affirme l'ancien skipper du Baron Bich qui ne cache cependant pas sa préférence pour un départ vers le Vieux Continent.

"La Coupe a quitté l'Europe en 1851 pour ne jamais y revenir. Si cela se faisait, je suis certain qu'elle y deviendrait plus grande encore", explique t'il. "Elle gagnerait une nouvelle dimension concernant les propriétaires, la couverture médiatique et son intérêt".

Décidément très en verve, l’ancien skipper du Baron Bich préconise par ailleurs des modifications à tout va.

"L"America's Cup est une très belle vieille dame (de 152 ans)", s'émerveille Bruno Troublé. "C'est toujours une beauté mais elle a besoin d'un peu de cosmétique, pas plus. Autre chose pourrait la tuer".

Si elle restait à Auckland, le premier chantier serait sans aucun doute le calendrier. Trop distendu, l'actuel format comporte de vastes temps morts et pose en outre de gros problèmes de navigabilité.

Dans une configuration plus ramassée et plus tardive (de décembre à février, pour un final à la fin du mois de mars), les régates gagneraient d'autant plus en intensité que la limite actuelle des 19 nœuds perdrait alors toute pertinence.

"Les challengers ne veulent pas s'affronter dans des conditions musclées, avec des mâts plus robustes, des voiles plus petites et des bateaux plus solides pour être finalement écrasés par le Team NZ dans le petit air".

Avec un duel final repoussé à la fin mars, le décalage actuel serait supprimé et les bateaux pourraient être pensés pour des vents supérieurs à 25 nœuds (ce qui aurait permis d'éviter les deux tiers des annulations).

L'autre grande souci de Bruno Troublé serait de favoriser l'émergence des petits syndicats, notamment en mettant en œuvre des mesures permettant d'éviter l'inflation qui aura marqué cette XXXIe édition.

"Les deux tiers de l'équipe navigante devraient être de la nation qui porte le challenge", lance t'il en forme de clin œil à certaines des grosses pointures de la Coupe 2003. "Je pense que nous devrions également limiter le nombre de navigateurs dans chacune des équipes".

Des vœux de changement dont on espère qu'ils seront entendus.
 
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