Alinghi
explique le nouveau Protocole (02/05/03) (source
: Alinghi)
En remportant le titre de
Defender pour la prochaine Coupe de l'America, la
Société Nautique de Genève, représentée par le Team
Alinghi, récupérait également le lourd privilège d'organiser
la 32ème édition de la compétition. Et d'en rédiger
le Protocole.
Ce document définit tous les aspects de la compétition,
du format des régates à l'utilisation des matériaux
pour la construction du bateau. Lors de l'annonce
du nouveau Protocole, Alinghi s'est positionné entre
tradition et modernisme.
Toutes les modifications annoncées s'appuient sur
l'article 2, édictée par le Team : " Le but et l'intention
sous jacents de ce Protocole devront être de promouvoir
une compétition sportive accessible pour tout concurrent,
de réaliser le potentiel commercial et sportif de
la Coupe de l'America et d'encourager, sur le plan
international, le développement et l'intérêt pour
la Coupe de l'America en tant qu'événement majeur
dans la compétition vélique. Ceci en cohésion avec
les dispositions du Deed Of Gift ".
C'est au cours de différentes réunions avec les challengers,
le Jury International, le comité de jauge ou le panel
d'arbitrage et les officiels du CORM, que les dirigeants
du Team ont revisité le document : en identifiant
des transformations envisageables, propices au développement
de l'événement. Doit-on parler de révolution, non
- de réforme, peut-être - de mise en lumière de certains
potentiels peu exploités jusqu'à ce jour, certainement.
Le Protocole, édicté par le Defender, se lit généralement
du point de vue du Challenger. Ce dernier cherche
généralement dans le document quels sont les obstacles
avec lesquels il va devoir jongler et qui vont consommer
une grande partie de son énergie et de son budget.
Le lieu de course
La Société Nautique de Genève s'attache (via les services
d'AC Management, une nouvelle structure mise en place
pour gérer la partie événementielle de la Coupe de
l'America) à rechercher un lieu qui garantira l'aspect
sportif de la compétition. Autrement dit, le vent
devra souffler sans relâche sur le lieu des courses
afin de permettre aux concurrents de se concentrer
sur l'essentiel une fois la compétition lancée : l'art
du duel.
L'objectif est clair. Faire disparaître du calendrier
la mention " report ", trop souvent observée dans
le déroulement de la 31ème Coupe.
Pour l'instant, huit villes sont à l'étude (Barcelone,
Palma de Mallorca, Valence, Lisbonne, Naples, Gênes,
Porto Cervo, Marseille). AC Management annoncera le
nom des quatre candidates qui resteront en course
dans le courant du mois de mai. Notons également,
que la venue de la compétition en Europe va grandement
faciliter la logistique des challengers.
La règle de nationalité ou
de résidence
La Coupe reste une compétition entre Clubs nautiques
de différentes nations. La règle de nationalité ou
de résidence qui s'appliquait aux marins et aux designers
a fait couler beaucoup d'encre lors de la dernière
Coupe de l'America. Elle est dorénavant abrogée.
Un coup de hache dans la tradition ? Pas tant que
cela. On a souvent entendu l'exemple de Charlie Barr
dont l'équipage avait des reflets scandinaves et ne
possédait d'anglo-saxon que la langue employée à bord.
Toutefois, le Protocole prévoit des restrictions :
un équipier qui navigue avec un défi dans les 18 mois
qui précèdent le début de la compétition - et ce que
soit le type de course - ne pourra pas prétendre à
un poste chez un autre chez un autre challenger.
Quant aux designers, ils ne pourront pas changer de
syndicat après avoir signé un contrat avec l'un des
concurrents.
Les bateaux et la technologie
Une des nouveautés de la 32ème Coupe réside dans la
levée du veto sur le transfert de technologie. En
effet, jusqu'à la dernière Coupe, un Challenger avait
la possibilité d'acheter un bateau mais pas les plans
ou les informations relatives à ses performances.
Les développements se faisaient ainsi quasi à l'aveugle,
car oui, le bateau était performant dans telle ou
telle condition mais les équipes de design passaient
des heures à trouver le " pourquoi " de chaque performance.
Les designers partaient donc avec entre les mains
un outil, mais sans savoir quelles étaient ses limites.
D'où de la casse à l'entraînement ainsi que des sagas
juridico-médiatiques.
Il restera cependant, pour certains, à déterminer
qui, du Challenger ou du cabinet d'architecte, a le
droit de vendre ces documents. Nous ne sommes peut-être
pas à l'abri de nouveaux rebondissements !
L'origine du bateau
Dans ce domaine également le règlement est assoupli.
Le précédent Protocole spécifiait que le bateau, ainsi
que ses composantes devaient être construits dans
le pays d'origine du Challenge. Or, on sait que le
transport des bateaux se fait en " pièces détachées
" jusqu'au lieu de compétition avec ce qu'implique
le coût du transport pour un bulbe de 25 tonnes !
Désormais, seule la coque devra posséder son " certificat
d'origine ". Les autres composantes du bateau pourront
alors être construites sur le lieu même de la compétition
ou dans un pays choisi par le concurrent.
A suivre, les nouvelles formules économiques et commerciales
et les modifications structurelles dans l'organisation
de la compétition.