Au delà d'un changement
de lieu, il est maintenant acquis qu'une victoire
d'Alinghi entraîne-rait de profonds bouleversements
dans l'organisation même de la compétition.
Schématiquement, même si Alinghi communique
assez peu sur le sujet, on peut considérer
que les principaux points de la réforme envisagée
toucheraient à la durée de l'événement
et à la règle de nationalité.
Bertarelli et les siens ont depuis longtemps fait
savoir qu'ils entendaient rendre la compétition
plus lisible et plus juste, poussés à
des réformes par un nombre de syndicats en
lice qui devrait battre tous les records (le chiffre
de 16 circule).
Première idée forte, mettre autant que
possible le Defender sur un pied d'égalité,
rompant ainsi avec une des aspects les plus anciens
et les plus indéfendables de cette compétition
(après avoir été parmi les plus
virulents dans ce sens, les kiwis se sont en effet
empressés de reproduire les dérives
américaines).
Lorsque l'on observe le comportement actuel du comité
de course, on ne peut que se féliciter de l'instauration
d'une autorité externe aux syndicats en lice,
d'autant plus que les textes seraient alors les mêmes
pour tous les duels.
"Je crois que cet événement a vraiment besoin d’un
comité de course indépendant", déclarait
d'ailleurs Ernesto Bertarelli aujourd'hui même.
"Ce n’est pas normal qu’un des deux concurrents
puisse décider dans quelles conditions doit se dérouler
la régate. Si nous gagnons la Coupe, nous changerons
le protocole afin de garantir l’indépendance de la
direction de course."
Seconde idée, réduire la saison de la
Coupe en la limitant à deux ou trois mois (contre
presque six actuellement). Les très nombreux
temps morts ne sont en effet sans doute pas le meilleur
moyen de populariser l'événement.
Contrepartie de cette réduction de la Coupe,
l'instauration de sélections des challengers
qui pourraient se déroule en dehors de la compétition
et dont les modalités sont encore peu claires.
Troisième et dernière idée, la
suppression totale des règles de la nationalité
pour les équipiers comme pour les designers.
Une approche qui ne surprend pas lorsque l'on considère
le Team Alinghi actuel (et qui aurait le mérite
de la simplicité).
Autant de réformes supposent un challenger
of Record qui partage la même vision d'une America's
Cup modernisée, ce qui fait d'Oracle un candidat
tout désigné.
Si un jugement est difficile à ce stade (notamment
concernant la sélection des challengers), on
ne peut que souhaiter une modernisation de la Coupe.