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Alors
que, selon certaines rumeurs, le nom de la ville
hôte de la prochaine America's Cup pourrait
être connu dans le courant du mois, ce sont
maintenant quatre machines étatiques qui
jouent à plein pour convaincre AC Management
des mérites de leur candidat respectif.
De fait, arrivé au terme de la sélection,
on peut sans doute considérer que tous les
dossiers retenus présentent des conditions
globalement satisfaisantes. Il semble donc que le
coeur de la discussion concerne maintenant les efforts
que chacun est prêt à faire, notamment
en terme financier.
En additionnant le "venue fee" (somme que devra
verser la ville choisie comme simple droit d'entrée)
et les investissements nécessaires, les sommes
en jeu risquent de donner le vertige et nécessiter
des interventions au plus haut niveau.
A ce petit jeu des largesses gouvernementales, Rodrigo
Rato, le n° 2 du Gouvernement Aznar, était
aujourd'hui à Valence pour signer avec les
autorités locales (généralité
et mairie) la création d'un consortium destiné
à défendre les couleurs espagnoles
auprès de l'équipe de Michel Bonnefous.
"Le Gouvernement s'engage à offrir à
Valence l'appui juridique et financier nécessaire
pour abriter l'America's Cup", affirme le ministre
espagnol de l'économie, avant de mettre en
avant la nouvelle loi sur le mécénat
qui devrait inciter le secteur privé à prendre
part cet événement.
Aucun chiffre n'a été dévoilé
sur les bords de la Turia, ancienne rivière
dont le lit détourné pourrait être
le berceau de la prochaine Coupe. C'est en tout
cas le souhait de Rodrigo Rato qui semble prêt
à mettre sur la table le budget "nécessaire".
Décidemment très adepte de transparence,
la ville de Naples joue à nouveau carte sur
table sur ces questions budgétaires.
"L'estimation des coûts par ACM est de 120 millions
d'euros", explique Mario Hubler, coordinateur
local du projet. "Nous leur proposons une
contribution en liquide de 50 millions d'euros pour
l'organisation de l'événement, Les autorités locales
prendront également en charge les coûts des travaux".
"Une partie des infrastructures (bases,
bureaux, jetée) sera mise à la disposition d'ACM,
qui pourra les gérer comme bon lui semble et en
tirer profit, notamment avec la location des bases
aux Challengers", ajoute le napolitain.
"Le reste, – parking, boutiques, restaurants,
etc. – sera géré par un consortium public, dont
ACM pourra être membre. Les 120 millions englobent
également la cérémonie d'ouverture et de clôture
que la région organisera et prendra en charge. Telle
est notre proposition de départ qui peut être réajustée".
Sans en dire autant, les deux autres candidats se
contentent de parler d'investissements "importants"
(dixit José Manuel Durao Barroso, Premier ministre
portugais) ou d'efforts financiers "considérables"
(Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille). Le résultat
risquant d'être assez proche. On sait ainsi
que le Gouvernement de Jean-Pierre Raffarin apporte
40 millions d'euros dans la corbeille phocéenne.
L'autre volet sur lequel une participation étatique
est incontournable c'est la mise en place d'une
législation d'exception, en particulier en
matière fiscale.
"ACM veut payer le moins de taxes possible",
explique ainsi Mario Hubler. "Actuellement,
le taux en Italie varie entre 32% et 38%. Le gouvernement
et la Région ont fait conjointement la demande,
auprès de la Commission européenne qui doit donner
son accord, pour une zone économique dite spéciale
avec une réduction de 70%, ce qui abaisserait les
taxes à 8-10%".
Là encore, la grande discrétion des
trois autres candidats ne doit être interprétée
qu'à la lumière des enjeux financiers.
Nul doute que leur Gouvernement respectif a prévu
un dispositif plus ou moins similaire.
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