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  Quand la Coupe devient politique ... (11/10/03)
 
(sources : Las Provincias, Le Temps, Cascaïs & Yahoo.fr)

"Listez l'ensemble des élections programmées à tous niveaux dans votre pays jusqu'en 2008", interrogeait ACM dans ses questions aux villes candidates, avant de leur demander d'indiquer "dans quelle mesure le résultat de ces élections peut avoir un impact, et de quelle façon, sur la préparation de la Coupe en 2007 ?".

Un point qui est loin d'être neutre pour certaines des quatre villes candidates alors que les exigences suisses obligent les collectivités publiques à s'investir fortement dans le processus de sélection.

Alors que l'Italie est souvent moquée pour ses joutes politiques, il semble que la situation y soit relativement propice. Comme le soulignait récemment le quotidien suisse Le Temps, le plein accord des différents acteurs concernés au-delà de leur couleur politique (le maire de Naples Rosa Russo Iervolino est à gauche tandis Antonio Bassolino, président de la région Campanie, est au contraire un proche de Sylvio Berlusconi), est certainement l'une des forces du dossier napolitain.

Au-delà des clivage politique, une réunion se tenait d'ailleurs hier au Palais Chigi, siège de la présidence du Conseil, entre les représentants des différentes autorités concernées.

Même unanimité du côté de Lisbonne où, depuis longtemps déjà, l'ensemble de la classe politique a fait connaître son plein et entier soutien à la candidature.

A côté du Premier ministre José Manuel Durão Barroso et de son Parti Social démocratique (centre-droit), la gauche s'est ralliée à la cause de Cascaïs comme en témoigne l'adhésion au comité de soutien des socialistes Jorge Sampaio et Ferro Rodrigue, respectivement président de la République et leader du Parti.

Du côté de l'Espagne, les choses ne sont pas aussi simples, le dossier valencien paraissant plutôt être la chose du Parti Populaire de Jose Maria Aznar. L'ensemble des collectivités impliquées - de la ville de Valence au Gouverment central - sont en effet toutes de la même couleur politique.

Le dossier espagnol comportant notamment une accélération du très controversé Plan Hydrologique National (qui comprend notamment un projet de contournement des eaux de l'Ebre), une polémique est apparue à ce sujet entre Mariano Rajoy, le dauphin désigné de Aznar, et le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero.

Assurant que la décision d'accélérer le plan devait être effectuée "avec la plus grande célérité" pour rassurer ACM, Rajoy accuse son probable adversaire aux législatives de mars prochain de mettre en danger la candidature de Valence en ne s'engageant pas sur ce très délicat sujet.

Reste le cas de Marseille. Sans doute le dossier le plus difficile en qui concerne le volet politique alors que se profile des élections régionales à haut risque.

D'ores et déjà, la Coupe est au centre des débats et l'opposition de gauche croit avoir trouvé là un sujet de choix pour attaquer Jean-Claude Gaudin et l'UMP.

Après que, par la voix de Michel Pezet, les socialistes aient dénoncé en septembre "l'insuffisance flagrante" du soutien financier du Gouvernement à la candidature de la cité phocéenne, l'écologiste Jean-Pierre Fouquet mettait cette semaine le maire en garde contre des "choix somptuaires" qui pourraient se faire au détriment d'autres réalisations.

Bien plus inquiétant pour l'équipe de Michel Bonnefous, le risque réel d'une victoire de l'extrême droite en mars qui placerait la Provence au ban de l'Europe. Une perspective que même les responsables politiques français n'écartent pas.

"Au second tour de la présidentielle, (l'extrême-droite) n'a-t-elle pas obtenu près de 30% des voix dans les quatre départements les plus peuplés de la région", rappelait vendredi Michel Vauzelle, actuel président socialiste de la région PACA (Provence-Alpes-Côte d'Azur). "On ne voit pas très bien pourquoi ceux qui ont voté Le Pen en 2002 ne le feraient pas cette fois-ci".

Comme l'écrivait la Tribune de Genève il y a quelques jours, "on n’ose imaginer le conflit d’image que la collaboration entre des élus d’extrême droite et les organisateurs de l’America’s Cup ne manquerait de provoquer".

 
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