Hamish
Ross explique les nouvelles règles (13/02/04) (source
: Alinghi)
Conseiller général d'Alinghi,
Hamish Ross explique en quoi consistent les nouveautés
introduites par ACM.
Bernard Schopfer: Pourquoi ces documents sont-ils
novateurs, voir révolutionnaires ?
Hamish Ross: C'est avant tout la situation, qui est
nouvelle. Pour la première fois de l'histoire, la
Coupe de l'America a été attribuée à une ville - dans
ce cas précis aussi à un pays puisque la Suisse ne
peut pas organiser la course dans ses frontières -
au terme d'un appel d'offre. Il y a, en conséquence,
une véritable responsabilité de l'organisateur envers
les compétiteurs.
BS: A quel niveau ?
HR: Toute l'organisation va découdre de cet état de
fait et je serais tenté de dire : " à tous les niveaux
". Mais parlons de cas précis. Les conditions de navigation,
par exemple : l'organisateur s'est engagé à " offrir
" une régate dans les meilleures conditions météorologiques
possibles. En analysant les statistiques, on constate
que le choix de Valence ne fait pas de doute et qu'il
répondra aux attentes des compétiteurs.
Par ailleurs, la Coupe de l'America est - historiquement
- un " fonds caritatif " (charitable trust). L'organisateur
a donc pour devoir de lever des fonds afin de les
redistribuer entre les compétiteurs. En conséquence
de l'appel d'offre, cet élément historique du règlement
de la Coupe de l'America va prendre toute sa valeur.
L'impartialité de l'organisateur est un autre exemple.
BS: Peut-on expliquer ce que sont le Protocole
et les Terms of Challenge ? Qu'est-ce qui différencie
ces documents ?
HR: " Le Protocole est le consentement mutuel entre
le Defender (SNG) et le Challenger of record (GGYC)
au sujet des conditions de la prochaine édition de
la Coupe de l'America. Historiquement, un tel document
a toujours existé. Mais il y a cent ans, sa forme
était différente puisqu'il s'agissait simplement d'un
échange de correspondance.
Par contre, son contenu est révolutionnaire. Il n'y
a plus eu de telles innovations depuis 1956 et l'introduction
des 12mJI. " Quant aux " Terms of Challenge ", il
s'agit d'un nouveau document, développé par ACM, et
qui régit tous les aspects liés à la participation
d'une équipe à la Coupe de l'America."
BS: En quoi ce document est-il si important?
HR: L'une des nouveautés les plus remarquables, c'est
que l'organisme chargé d'organiser la compétition
- ACM, par procuration de la Société Nautique de Genève
- ne travaille pas pour défendre les intérêts du Defender
mais ceux de tous les compétiteurs. ACM a pour devoir
de réunir des fonds, qui seront ensuite distribués
à toutes les équipes, ce qui va favoriser tous les
compétiteurs. Par ailleurs, les nouveaux documents
publiés par ACM ont pour objectif de garantir l'équité
sportive de l'épreuve.
A partir d'aujourd'hui, je pense pouvoir affirmer
que les manipulations, les coups bas (en anglais :
dirty tricks ) qui ont si souvent caractérisé la Coupe
de l'America appartiennent au passé. Il s'agit désormais
d'une épreuve propre et, je l'espère, pour toujours.
BS: De quelles garanties de succès (au niveau de
l'événement) les équipes potentielles - et leurs partenaires
- bénéficient-elles ?
HR: D'abord, la Coupe de l'America se déroulera pour
la première fois de son histoire en Europe. Le retentissement
sera énorme. En plus, l'organisation sera d'une qualité
encore jamais atteinte et tout est mis en place pour
en faire un événement de classe mondiale. Je vous
cite un exemple : jusqu'alors, les équipes éliminées
de la compétition faisaient leurs bagages et quittaient
les lieux. En Nouvelle-Zélande, la finale s'est presque
déroulée à huis clos : toutes les équipes éliminées
avaient quitté le pays. Or, le vainqueur, quel qu'il
soit, devrait être dignement célébré par ses adversaires.
La victoire ne doit pas être acquise dans une ambiance
de déménagement, de cartons et de containers. Ainsi,
à Valence, toutes les équipes resteront jusqu'a la
fin. Il y aura une ambiance de compétition internationale
et de fête jusqu'au dernier jour de course.
BS: On entend beaucoup parler des coûts élevés de
la Coupe. Mais il y a également de nombreux avantages
financiers pour les équipes.
HR: Oui, c'est vrai. Notamment en ce qui concerne
le transport des bateaux d'une épreuve a l'autre,
qui est couvert par ACM, de même que le logement des
équipes lors des pré-régates. Le coût des bases sera
aussi très avantageux. Par ailleurs, ACM va distribuer
un dividende a toutes les équipes à la fin de l'épreuve.
Quant aux coûts de construction des voiliers, ils
ont très nettement diminué puisque les équipes ne
sont plus contraintes de tout construire dans leur
pays d'origine. Enfin, les conditions fiscales sont
avantageuses et les règles d'immigration en Espagne
ont été grandement simplifiées.
BS: Cela dit, les équipes doivent déposer une caution
d'un million d'Euros. C'est beaucoup, non ?
HR: C'est évidemment une somme importante, mais qui
est restituée à la fin de la compétition et qui est
destinée à garantir le sérieux des équipes engagées.
Personne ne souhaite qu'une équipe bénéficie des services
offerts à tous les teams mais ne participe pas à toutes
les régates. On peut dire que la caution assure que
tout le monde " joue le jeu " jusqu'au bout.
BS: Comment l'impartialité de l'organisateur sera-t-elle
prouvée aux différents challengers, ainsi qu'au public
?
HR: C'est aussi une première dans l'histoire de la
Coupe de l'America : ACM va publier, tous les semestres,
un rapport d'activités détaillé. Il n'y aura ni secrets
ni mystères quant à l'attribution des fonds : le processus
sera transparent.
L'objectif est clair : il s'agit d'offrir un traitement
égal et fair-play a toutes les équipes, y compris
le Defender, qui ne sera d'aucune façon favorisé.
Et ce, pour la première fois en 152 ans d'histoire
!