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Loin des syndicats venus pour participer,
le Team BMW Oracle Racing a cette fois-ci une obligation
de résultat.
Une obligation qui passe bien évidemment par la
construction de deux bateaux parfaits et, dans cette
perspective, le coordinateur de la Design Team américaine
Ian Burns est sans nul doute l'un des hommes les
plus exposés de la Coupe.
Malgré les changements de jauge voulus pour cette
32e édition, la marge de manœuvre des concepteurs
restent étroite et, pour atteindre les quelques
pour cent de vitesse qui permettront de prendre
l'avantage, toute l'équipe s'active à chercher le
petit détail qui fera la différence.
Fort de plusieurs America's Cup, Ian Burns ne croit
en effet pas à l'idée géniale qui permettrait à
un syndicat de se distinguer radicalement des autres.
"Le design idéal se trouve quelque part au croisement
de la vision de l'équipage et de l'excellence technique",
explique ainsi l'australien. "Ce que nous cherchons,
c'est le petit avantage qui fait que l'on gagne
ou que l'on perde la Coupe".
Pour ce faire, et même si Ian Burns affirme que
"la question n'est pas de ce que vous êtes prêt
à dépenser", on imagine sans peine qu'avec un budget
généralement évalué à 120 millions
d'euros (dont on estime qu'entre un quart et tiers
devrait être dédié à la conception), le syndicat
américain dispose de tous les atouts pour sortir
deux unités de très bonne facture.
A ce stade de la campagne, l'heure est encore aux
simulations en utilisant la CFD (Computational Fluid
Dynamics) et des maquettes de 27 pieds (soit un
peu moins de dix mètres) pour analyser tous les
aspects hydrodynamiques.
Bénéficiant des ressources informatiques du groupe
Oracle à San Francisco et des ingénieurs de BMW,
les designers du syndicat de Larry Ellison moulinent
des milliards de données et testent toutes les combinaisons
imaginables.
Une phase de préparation estimée à
quelques 200.000 heures de travail et qui devrait
"bientôt" déboucher sur le lancement de la construction
du premier successeur du USA 76, explique Ian Burns
dont l'équipe devrait alors migrer à Anacortes,
une petite ville de l'Etat de Washington située
à quelques dizaines de kilomètres
de Seattle.
Pendant les semaines à venir, c'est un modeste
bâtiment brun et orange qui sera le centre
névralgique de l'activité du syndicat
américain. Aussi aseptisé qu'une usine
aéronautique, ce bâtiment héberge
déjà le moule construit par Janicki
Industries à Sedro-Woolley et les dix-huit
membres de l'équipe de construction sont
déjà installés à proximité.
Ce sont quelques 30.000 de travail qui sont prévues
pour chacun des deux bateaux (dont la dernière
partie sera effectuée à Valence),
étant précisé que la date de
mise en chantier du second Class America n'a pas
encore été arrêtée et dépendra largement des premiers
bords de son aîné, ainsi que des résultats de la
concurrence.
Dans le même temps, la mise au point des voiles
et du mât avancent à grands pas et, affichant décidement
une politique de conception particulièrement internationale,
c'est cette fois à Auckland que les choses se passent.
Un secteur tout aussi stratégique et où les questions
financières ont là aussi toute leur importance :
si un spi peut permettre de disputer plusieurs compétitions,
un génois n'a une durée de vie que de quelques 60
virements (ce qui, sur la base d'un duel normalement
mené, met le virement entre 500 et 1000 $ US).
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