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Cette dernière saison de compétition
avant les épreuves fatidiques de 2007 a vu la montée
en puissance de la plupart des équipes, en fin de
rodage après deux années de préparation.
Emirates Team New Zealand
Pour la deuxième fois depuis le lancement de la
32e America’s Cup, les Kiwis sont sacrés champions
de la saison. En 2006, ils ont remporté 86% de leurs
matchs (soit 24 victoires sur 28 régates disputées)
devançant ainsi leur éternels adversaires Alinghi,
BMW Oracle Racing et Luna Rossa Challenge, toujours
très proches en points.
Il faut dire que les Néo-zélandais, qui ont beaucoup
navigué cet hiver dans l’hémisphère sud pour tester
NZL 84, étaient certainement les mieux préparés
pour lancer leur nouveau bateau en régate.
Bien né, NZL 84 a attiré l’attention des observateurs
dès les Actes 10 et 11, sans que les kiwis ne parviennent
à concrétiser sportivement.
Dean Barker et son équipe ont bien analysé leurs
erreurs et se sont concentrés ensuite sur le travail
de l’équipage en navigation et la cohésion du groupe.
Des efforts récompensés dans l’Acte 12 où les kiwis
ont remporté tous leurs matchs en round robin, montrant
leur supériorité dans tous les compartiments du
jeu : départ, tactique, vitesse.
Alinghi
Le Defender a baptisé sa nouvelle monture le 21
mai dernier mais n’a pas souhaité utiliser SUI 91
en compétition pour ne pas dévoiler sa nouvelle
arme à la concurrence. Le Defender s’est donc retrouvé
en position d’observateur à bord de SUI 75, son
Class America datant de 2002 qui s’était montré
jusque-là supérieur à ses congénères. Si la différence
de performances entre ancienne et nouvelle génération
n’a pas été flagrante au début (Acte 10 et 11),
l’Acte 12 a révélé la valeur des derniers-nés de
la classe. Les Suisses en ont fait les frais en
finale face à Emirates Team New Zealand. L’équipe,
également battue par Victory Challenge pendant le
round robin, a réalisé qu’avec un bateau ancien,
la moindre erreur en navigation se payait cash.
BMW Oracle Racing
Vainqueur du Louis Vuitton Act 10, 3e de la saison,
les Américains ont été l’équipe forte du début de
saison.
A bord de leur nouveau USA 87, ils ont remporté
l’épreuve de match racing (Acte 10) qui ouvrait
les compétitions de 2006. Ils s’y sont montrés sûrs
d’eux, confiants dans leur navigation et dans leurs
choix stratégiques… une impression qui n’a pas été
aussi forte lors du Louis Vuitton Act 12.
Ils ne perdent pourtant qu’une régate en round robin
(contre les kiwis) et se retrouvent en petite finale
face à Luna Rossa Challenge. Leur confrontation
n’a duré que le temps d’un bord de près. En plein
duel de virements, les deux bateaux sont entrés
en collision. USA 87 brise son bout dehors en percutant
(et en enfonçant) l’arrière de la coque d’ITA 86.
Le jury attribuera la faute aux Italiens, donnant
au passage un point supplémentaire aux Américains
qui remportent donc la petite finale.
Luna Rossa Challenge
Francesco de Angelis et son équipe ont eux aussi
inauguré leur nouveau bateau en compétition et ont
tout de suite donné le ton.
Très réguliers, ils terminent deuxièmes des Actes
10 et 11. Le quintuple médaillé olympique Torben
Grael, fraîchement revenu de sa Volvo Ocean Race,
est venu enrichir la cellule arrière d’ITA 86 et
a réalisé quelques jolis coups stratégiques pendant
le Louis Vuitton Act 12.
L’incident survenu pendant les phases finales contre
BMW Oracle Racing (collision) leur enlève tout espoir
de briller au classement. Luna Rossa Challenge termine
4e de la saison… un résultat identique à 2005.
Mascalzone Latino - Capitalia Team
Neuvième l’année dernière au classement de la saison,
les ‘lascars latins’ font un bond dans la hiérarchie.
Les voilà désormais 5e, leaders de la deuxième division.
Cette année, l’équipage italien skippé par Vasco
Vascotto a augmenté son niveau de jeu en régate,
aidé par le match racer danois Jes Graham Hansen
qui prend la barre dans les pré-départs.
Le bateau rouge remporte ainsi 50% de ses matchs.
Mascalzone Latino-Capitalia Team a réceptionné son
nouveau Class America (ITA 90) pendant les compétitions
et devrait commencer les campagnes de test prochainement.
Desafío Español 2007
Le challenger local reste une référence solide de
la deuxième division. Cinquième cette année dans
les deux épreuves de match racing (Louis Vuitton
Acts 10 et 12), il cède sa place à Mascalzone Latino
sur l’ensemble de la saison à cause de ses piètres
performances en flotte (9e).
Ces derniers mois, les Espagnols se sont concentrés
sur la construction et la mise au point de leur
nouveau ACC, ESP 88. Après deux semaines de tests
à Valencia, ils ont pris la décision risquée de
régater à son bord pendant l’Acte 12. Un baptême
réussi même si le Class America espagnol n’a pas
encore atteint sa maturité.
Team Shosholoza
Team Shosholoza a enrichi sa cellule arrière avec
l’arrivée du tandem italien Tommaso Chieffi - Paolo
Cian et du skipper Sud-africain Mark Sadler. Ces
changements se sont tout de suite révélés bénéfiques
pour l’équipage qui s’est montré plus incisif dans
les départs et plus combatif qu’auparavant.
En un an, Shosholoza a réussi une superbe ascension
en passant de la 11e à la 7e place au classement.
Les Sud-africains sont parvenus à faire progresser
RSA 83 (premier ACC de la nouvelle génération, qu’ils
ont utilisé dès l’Acte 4 en 2005) et maîtrisent
de mieux en mieux leur bateau. Lors du Louis Vuitton
Act 12, leurs progrès ont été récompensés par une
sélection dans la division 2 pour les phases finales.
Victory Challenge
Les Suédois ont énormément travaillé l’hiver dernier
pour modifier leurs bateaux. Ils ont aussi connu
quelques difficultés financières qui ont eu pour
effet de ralentir leur projet. D’où une performance
moins brillante qu’en 2005 : ils passent de la 6e
à la 8e place au classement de la saison.
En retrait dans le petit temps au début du Louis
Vuitton Act 12, Magnus Holmberg et son équipage
ont commencé à reprendre des couleurs lorsque le
vent est monté sur le plan d’eau de Valencia.
Deux événements ont marqué leur compétition : l’arrivée
d’un nouveau partenaire et la sublime victoire,
le 25 juin, contre le Defender Alinghi. Leur nouveau
Class America, actuellement en construction, devrait
commencer à naviguer avant l’hiver.
Areva Challenge
Le syndicat français a connu cette année quelques
difficultés financières qui ont eu des répercussions
sur leur degré de leur préparation. Les voilà rassurés
avec l’arrivée de leur partenaire titre Areva.
FRA 60 a été modifié à bon escient entre les Actes
11 et 12 et a gagné en compétitivité. Mais l’équipage,
en déficit d’entraînement, a eu du mal à s’imposer
dans quelques matchs décisifs de l’Acte 12. Ils
remportent néanmoins la mise dans la troisième division
et se classent 9e de la saison (ils étaient 7e en
2005).
Aujourd’hui, Thierry Peponnet et ses hommes ont
le regard tourné vers leur nouveau Class America,
actuellement en construction. L’équipage a également
fait l’acquisition de deux monotypes de 40 pieds
pour affûter sa technique en match racing.
+39 Challenge
A l’image des Français d’Areva Challenge, le challenger
italien navigue sur le plus vieux bateau de la flotte.
Iain Percy et son équipe ont donc souffert cette
saison d’un déficit de vitesse flagrant et ont été
victimes de plusieurs avaries compromettant quelques-uns
de leurs matchs.
Ils terminent 10e de la saison, deux places de moins
qu’en 2005. Concentrés cet hiver sur la construction
de leur nouveau bateau, ils se sont peu entraînés.
ITA 85, arrivé à Valencia pendant l’Acte 12, devrait
commencer les campagnes de test au mois d’août prochain.
United Internet Team Germany
Les Allemands se sont focalisés d’un côté sur la
construction de leur bateau et de l’autre sur le
travail de l’équipage, qui s’est beaucoup entraîné
cet hiver à Valencia. Malheureusement, leurs efforts
n’ont pas été récompensés (ils terminent 11e de
tous les Actes et 11e de la saison).
Jesper Bank et son équipe ont été impuissants à
bord de leur ancien bateau décidemment trop lent.
Leur seul objectif est désormais de se tourner vers
leur nouveau Class America GER 89 pour l’instant
basé à Kiel. Les premiers entraînements à Valencia
auront lieu au mois d’août.
China Team
A l’instar de l’équipage allemand, China Team a
été dépassé par tous les autres challengers. Armé
d’un FRA 79 très peu compétitif, équipé d’un matériel
vieillissant et parfois défaillant, le challenger
chinois, animé par les Français du Défi, n’a pas
remporté un seul match cette année et termine logiquement
en bas du classement.
Derrière ce piètre résultat, il y a néanmoins des
actions positives : la campagne de détection et
le recrutement cet hiver de nouvelles recrues chinoises
(5 navigants étaient à bord lors de l’Acte 12) et
la recherche d’un site pour construire le seul et
unique Class America jamais réalisé en Chine (cette
construction devrait être lancée sous peu).
Sur l’eau enfin, l’équipe progresse peu à peu avec
quelques jolis départs à son actif.
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