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Chief design engineer du Team
Alinghi, Dirk Kramers fait le point sur le programme
de conception.
Interrogé quant aux qualités du SUI 91, le premier
des deux nouveaux bateaux lancé en mai dernier,
le néerlandais se contente sans surprise de se déclarer
satisfait, sans entrer plus avant dans les détails
des résultats enregistrés après un été d'essais
en situation.
"Depuis le jour de leur mise à l'eau, nous n'avons
jamais arrêté d'observer les résultats du 75 et
du 64", explique t-il, ajoutant qu'il en va de même
concernant le nouveau Class America.
Il est vrai que, disposant par principe du meilleur
bateau de la dernière Coupe (puisqu'il l'a remporté),
l'équipe de conception du Team Alinghi est sans
doute celle dont le travail est le plus délicat.
Introduire un nouvel élément dans cette combinaison
gagnante est tout à la fois un risque et une impérieuse
nécissité alors que, de leur côté, les challengers
travaillent d'arrache pied.
"C'est vrai que nous avons d'excellents points de
repère", reconnaît ainsi Dirk Kramers. "Mais quand
nous procédons aux essais, nous devons sans arrêt
veiller à que les bateaux soient raisonnablement
en situation similaire, ce qui nous oblige constamment
à accélérer le vieux bateau ou, au contraire, à
ralentir l'un des deux. Nous sommes dans un jeu
de modification perpétuelle".
"Si nous voulons examiner tel ou tel dispositif
particulier, nous devons nous assurer que les bateaux
en jeu sont dans une situation de vitesse similaire",
ajoute t-il. "Les bateaux sont en permanence ajustés
dans une sorte de puzzle très complexe avec des
composants qui sont meilleurs dans la brise ou,
au contraire, dans des airs plus légers".
"L'important est d'être particulièrement attentif
à suivre votre protocole et vos méthodes de test,
ceci afin de procéder à un seul changement à la
fois. Le puzzle est perpétuel car chaque fois que
vous changez un élément, vous devez savoir quels
en sont les effets dans une séries de temps variés".
Pour poursuivre ces essais dans des conditions proches
de celle de Valence, SUI 91 sera envoyé à Dubai
avec les deux autres bateaux (et tous les éléments
satellites associés : mâts, appendices, gréements...)
dans une quinzaine de jours.
De son côté, le second des deux Class America nouvelle
génération est en cours de construction au Chantier
Décision SA (à Vevey, en Suisse). Si tout se passe
conformément au plan de marche, il devrait être
lancé en mars.
"Nous devrons alors recommencer entièrement tout
le processus", explique Dirk Kramers qui explique
par ailleurs que l'un des objectifs essentiels des
tests en cours est de nourrir la conception du second
Class America.
"Une fois que nous avons tirer le meilleur d'une
coque, il reste encore déterminer ce dont elle à
besoin pour atteindre l'équilibre, quelle sorte
de quille et quelles sortes de voiles notamment",
explique ensuite le néerlandais. "Notre base de
travail sera probablement le 91 qui devrait constituer
le nouveau standard".
Après son séjour dans les Emirats, l'équipe suisse
regagnera Valence en février, prête pour réceptionner
le nouveau bateau en mars et y travailler très vite.
En effet, dès le mois d'avril, l'ensemble des équipes
devront avoir annoncer le bateau qui sera utilisé
en compétition.
"A ce moment là, beaucoup sera joué", conclut Dirk
Kramers. "Cependant, même si nous avons choisi le
bateau, nous pourrons encore modifier la coque autant
que nous le voulons".
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