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Depuis
le début de la LV Cup, le Defender a plus
ou moins disparu des écrans.
Pendant que les challengers se battent sur le plan
d'eau pour gagner le droit de se disputer l'America's
Cup, Alinghi a décidé de faire profil
bas et de travailler encore et encore pour être
prêt le 23 juin prochain.
Six jours par semaines, les deux bateaux noir et
rouge sont sur l'eau, apparaissant parfois sur l'horizon
loin derrière la zone la course de la Louis
Vuitton Cup.
"Nous sommes très occupés à
améliorer notre jeu", explique un porte-parole
du syndicat suisse, avant d'ajouter : "Nous
serons prêts quand le moment sera venu".
"Chaque jour, le travail est intense pour peaufiner
nos bateaux et permettre aux équipiers de
se mesurer entre eux", confirme Manuel Ruiz
de Elvira, bras droit du "chief designer"
Rolf Vrolijk depuis de longues années.
"Depuis quelques jours, nous avons passé un
rythme supérieur d'entraînement, ça se sent et ça
se voit", déclare le naviguant suisse
Yves Detrey. "On navigue beaucoup avec nos
deux bateaux. On simule des situations de match
racing très proches de celles que l'on retrouvera
lors de la Coupe de l'America".
"Inconsciemment, on entre dans une phase de
régates. Tant physiquement que mentalement".
Un travail intense qui absorbe tout le monde mais
qui n'empêche cependant pas Alinghi de garder
un oeil sur les quatre challengers en lice.
"Nous analysons ce que font nos rivaux",
reconnaît sans détour Manuel Ruiz de
Elvira. "Nous observons beaucoup, sans violer
aucune règle".
"Nous surveillons constamment
s'il n'y a pas quelques idées de design qui
nous semblent intéressantes et que nous pourrions
adapter", ajoute t-il.
Une veille qui doit cependant être limitée
puisque, de l'avis de toute l'équipe comme
de l'immense majorité des commentateurs de
la Coupe, les suisses disposent d'une vraie longueur
d'avance sur les challengers.
"Notre design team est devant celle des autres
équipes", affirme ainsi en toute confiance
le kiwi Dean Phipps. "Rolf [Vrolijk] et Grant [Simmer]
font du très bon travail et nous sommes aujourd'hui
certain d'avoir pris la bonne voie".
Une analyse que partage beaucoup de spécialistes
et qui, comme le souligne Bruno Troublé,
ne peut qu'être renforcée par le fait
qu'aucun des challengers ne semble se détacher
du lot comme le faisait Alinghi en 2003.
Le bateau n'est cependant pas tout et, malgré
le départ de Russell Coutts, la vraie force
du Defender est sans doute dans son équipage
comme le souligne très justement Dean Phipps.
"Je pense que les hommes sont et ont toujours
été notre force", explique t-il.
"Si vous regardez les équipages successifs,
vous trouverez toujours le même noyau de personnes
qui en forme la colonne vertébrale".
Du côté des challengers, personne ne
sait réellement où il se trouve par
rapport à Alinghi (malgré une récente
entorse du Team NZ à la coutume qui voulait
que, à partir d'un certain moment, plus personne
ne navigue avec le Defender) mais, une chose est
certaine, tous continuent à redouter Brad
Butterworth et ses coéquipiers.
"Le Team Alinghi est particulièrement
fort", déclare ainsi Ian Burns, coordinateur
du BMW Oracle Racing. "Ils étaient de
loin la meilleure équipe au début
de cette America's Cup et, jusqu'ici, personne ne
les a vu faire une erreur ou un faux-pas".
Ceci étant, nul n'est invincible et tous
espère que la progression de la flotte des
challengers a permis de se rapprocher suffisamment
du niveau de l'équipage suisse pour les menacer.
"Je pense que, s'il faut trouver une faiblesse
dans leur cuirasse, c'est le peu de temps dont ils
disposeront pour se préparer", veut
ainsi croire Ian Burns. "Ils ne savent pas
contre qui ils vont naviguer, ils ne savent pas
ce qui se passera durant la première course
et, si les choses ne sa passent pas comme ils le
veulent, ils auront peu de temps pour réagir".
Réponse dans quelques cinq semaines.
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