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Aujourd'hui, la Société Nautique
de Genève et Alinghi ont dévoilé le
protocole de la 33e America's Cup.
Un protocole qui, encore plus que le précédent,
laisse des très larges zones d'ombre et obligent
à attendre plusieurs mois avant d'y voir
plus clair.
Contrairement à ce que pouvait logiquement
laisser penser la présence des responsables
valenciens lors de la signature du protocole, les
responsables d'ACM ont renvoyé à plus
tard le choix de la ville.
"Nous entretenons une relation naturelle avec Valence
et nous poursuivons les discussions pour que la
ville accueille la prochaine édition", a déclaré
Michel Bonnefous, le patron d'ACM, entité
qui sera de nouveau seule et unique décisionnaire
quant à l'organisation de cette 33e Coupe.
"Il y a de bonnes chances de parvenir rapidement
à un accord", a cependant rajouté le responsable
suisse, ajoutant plus tard que le principale pierre
d'achoppement restant à règler concerne
la présence bien peu glamour d'un immense
port commercial en arrière plan de la Coupe.
"Aujourd'hui, nous discutons avec Valence pour étendre
l'accord. Nous avons de bonnes chances d'aller vite
vers un accord. Sinon, on se donnera une période
de deux ou trois mois pour choisir un autre site",
a-t-il expliqué. "Les discussions avec Valence
portent à la fois sur des questions d'organisation
et des termes financiers".
"Valence prévoit d'étendre son port de commerce.
Nous devons nous assurer que ces travaux seront
compatibles avec l'organisation de l'événement".
Si un accord est trouvé avec Valence, la
Coupe se tiendra dès 2009. Dans le cas contraire,
ACM relancerait le processus de sélection
utilisé en 2003. D'ici à la fin de
cette année, un nouveau lieu serait alors
désigné parmi les candidats qui se
sont déjà manifesté (dont la
ville italienne de Trapani) et la 33e America's
Cup se déroulerait alors en 2011.
Parmi les autres faits marquants de cette journée,
on retiendra bien sûr la confirmation de la
rumeur qui circulait à Valence depuis plusieurs
jours d'une modification de la jauge.
Si les détails restent là aussi à
définir d'ici au 31 décembre, il est
d'ores et déjà acté que les
nouveaux bateaux seront plus longs (27,40 m contre
24 m aujourd'hui), nécessiteront un équipage
plus conséquent (20 ou 21 marins) et disposeront
d'un mât plus haut (40 m contre 33 m).
"Tout le monde souhaite de nouveaux bateaux,
plus grands, plus exaltants, plus difficiles à manier
et plus rapides, et cela répond à ces attentes,"
s'est enthousiasmé Brad Butterworth, skipper
de l’équipe victorieuse.
"Nous essayons de développer quelque chose
de plus existant", a-t-il ajouté. "Les
bateaux actuels sont fantastiques mais je pense
qu’ils arrivent à la fin de leur vie et les gens
recherchent un support plus grand et plus rapide.
Les gars devront être encore plus athlétiques puisque
ces bateaux seront plus physiques en navigation."
Une révolution qui ne fait pas l'unanimité
et qui n'est manifestement pas du goût de
Bruno Troublé, représentant de Louis
Vuitton dans la Coupe depuis 1983.
"Louis Vuitton, partenaire principal d'ACM sur la
32e Coupe, n'a pas du tout été consulté", a précisé
l'ancien barreur du baron Bich. "Ce règlement n'est
pas très complet et il contient des contradictions".
"Le fait de passer à un nouveau bateau n'est
pas une bonne nouvelle pour les petites équipes",
a t-il ajouté. "Non seulement Alinghi
va disposer d'une énorme avance, mais en plus cela
va être de nouveau très coûteux".
Autre révolution qui n'est manifestement
pas du goût de tous, l'idée de permettre
à Alinghi de participer à la quasi-totalité
de la sélection des challengers, idée
portée en germe déjà par les
Actes de cette 32e Coupe.
Si on n'en sait pas vraiment beaucoup sur ces sélections,
si ce n'est qu'elles pourraient comporter un système
de pré-régates qualificatives en cas de trop grande
affluence de challengers, on notera en effet que
le Defender s'est réservé la possibilité
de régater aux côtés des challengers
jusqu'au première phase de ce qui est aujourd'hui
la Louis Vuitton Cup.
A noter que, durant les pré régates, les équipes
courront à bord des Class America existants. Il
y aura au moins une période de 18 mois entre la
publication des nouvelles Règles de Classe et la
première régate avec les nouveaux bateaux.
ACM va désormais travailler sur le détail des Règles
de Classe, la sélection du site de la 33e America’s
Cup et la publication du Règlement de la Compétition
et de celui de l’Evénement.
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