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Le moins que l'on puisse dire
est que Ernesto Bertarelli et Grant Dalton n'ont
pas la même vision de la Coupe.
Recevant la presse lundi sur la terrasse de la base
Alinghi, le millionnaire suisse a mis les choses
parfaitement au clair face aux idées exprimées
par le patron néo-zélandais d'un strict
renforcement des règles de nationalité.
"S'il gagnait, ça aurait mécaniquement
pour effet de mettre les trois-quarts des gens autour
de ce port au chômage", a t-il expliqué.
"C'est d'autant plus curieux que ce sont sans
doute des amis à lui alors que beaucoup d'équipes
comptent des kiwis dans leurs rangs".
"Je ne sais pas pourquoi il en est arrivé
là mais ça nous donne une raison supplémentaire
de vouloir gagner et de continuer à défendre
l'idée que nous nous faisons de ce sport,
à savoir de permettre à des yacht-clubs
de réunir le meilleur bateau possible et
les meilleurs équipiers pour amener la Coupe
au plus grand nombre".
De fait, après sa victoire de 2003, Alinghi
a radicalement libéralisé les anciennes
règles de nationalité et compte aujourd'hui
des ressortissants de pas moins de onze états
dans son équipe naviguante.
"Les règles de nationalité dont
il parle sont clairement dirigées contre
Alinghi et j'imagine que c'est le remerciement que
je pouvais attendre après l'avoir aidé
à bâtir son équipe", a
ajouté Ernesto Bertarelli, faisant référence
au prêt qu'il a lui-même accordé
en début de campagne pour permettre au Team
NZ de tenir en attendant de trouver un sponsor.
Bien plus inquiétant pour le patron suisse,
ces discours sur les règles de nationalité
font ressurgir des comportements que l'on pouvait
penser appartenir au passé.
"Certains des comportements que nous avions
subi à Auckland la dernière fois sont
en train de revenir et je pense qu'il faudrait y
faire attention", a t-il expliqué, indiquant
que ses équipiers kiwis sont de nouveau la
proie des insultes de la part de supporters néo-zélandais
venus à Valence.
"Ce serait très très facile pour nous
de monter une campagne contre le Team New Zealand
alors que la ville entière veut que nous
restions là", a poursuivi le patron
du Team Alinghi. "Mais nous ne souhaitons pas
encourager ce type de comportement".
"Je pense que les déclarations de Grant
Dalton à propos de la nationalité
ont justement pour effet de les encourager. Ce qui
me choque profondément".
Décidément remonté contre le
patron kiwi, Ernesto Bertarelli a conclu en augurant
d'un avenir bien sombre pour la Coupe si le "programme"
défendu depuis quelques semaines devait être
mis en place.
"Je pense que si la Coupe retourne en Nouvelle-Zélande,
vous aurez probablement moitié moins de syndicats",
a t-il ainsi affirmé. "Si, en plus,
ils mettent en place une règle de nationalité,
il n'y aura personne".
un peu gêné aux entournures, Grant
Dalton semblait nettement moins affirmatif à
propos des conditions de déroulement d'une
33e Coupe néo-zélandaise.
"Nous allons examiner la question de la nationalité
mais, contrairement a ce que beaucoup pense, rien
n'a encore été décidé",
a t-il ainsi expliqué près avoir pris
connaissance des déclarations de Ernesto
Bertarelli.
"Je pense qu'il est important que des pays émergents
comme la Chine, pour donner un seul exemple, puissent
pleinement trouver leur place", a t-il ensuite
ajouté. "Ce ne serait pas très
intelligent de ne pas les aider d'autant que, en
tant que gardien de la Coupe, l'un des rôles
qui vous incombe est de la promouvoir".
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