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La modernisation initiée à Valence
n'est clairement qu'une étape dans la longue mue
de l'America's Cup.
Pendant des années, nombreux ont été les fans de
la Coupe a déplorer son organisation désuète et
ses règles d'un autre temps imposées par quelques
traditionnalistes (qui ont ainsi refusé toute publicité
jusqu'en 1988).
Après sa victoire à Auckland, Alinghi a acquis le
privilège d'organiser la 32e America's Cup et avait
alors annoncé une véritable révolution destinée
à moderniser une compétition encore loin de son
potentiel.
À la fin de la dernière année avant les duels décisifs,
force est de reconnaître le chemin parcouru sous
l'égide de Ernesto Bertarelli et de ses équipes,
grandement aidés il est vrai par Larry Ellison,
patron du Challenger of Record BMW Oracle.
En se remémorant les précédentes éditions, il est
en effet indéniable que les évolutions apportées
ont grandement contribué à professionaliser la Coupe,
à la rendre plus attrayante pour les sponsors et
pour le public.
Après les successions de journées annulées et les
régates à sens unique qui ont tristement marquées
la fin de la Coupe précédente, on voit assez mal
comment refuser l'idée de raccourcir les duels et
d'élargir les conditions dans lesquelles peuvent
sortir les Class America.
De même, et quelle que soit la position des nostalgiques,
difficile de nier l'intérêt des douze LV Acts qui
ont d'ores et déjà émaillés le chemin de cette 32e
America's Cup.
Reste que les mêmes nostalgiques risquent à l'avenir
de vivre des heures difficiles alors que, dans une
logique d'approfondissement du dispositif initié
par les suisses, se dessinent les contours de la
33e édition.
Durant la récente Allianz Cup, Larry Ellison a ainsi
dévoilé quelques éléments de ce que pourrait être
la prochaine Coupe en cas de victoire de son équipe.
"Nous devrions nous inspirer de ce qui se fait
dans la Formule 1", a ainsi expliqué le milliardaire
américain, présentant ce que beaucoup de commentateurs
s'accordent à considérer comme le reflet de la position
de la plupart des équipes.
"À bord de nos Class America, nous aurions
ainsi une régate à San Francisco chaque année, une
autre à Newport, une en Allemagne et une en Italie",
précise t-il. "Des régates sur lesquelles le
public et les sponsors peuvent compter pour disposer
d'un peu de régularité".
S'il s'agit bien évidemment d'une liste donnée à
titre d'illustration, il semble ne faire aucun doute
que la caravane de la Coupe devrait alors s'habituer
à traverser les océans entre les Ètats-unis, l'Europe
et diverses autres destinations aux quatre coins
de la planète.
Selon les spécialistes, l'évolution ainsi décrite
n'est pas conditionnée par une victoire des
américains mais, fruit de plusieurs années de modernisation,
risque de ce retrouver quelque soit le vainqueur.
"Aussi bien du point de vue sportif que de
celui de nos sponsors, les Ètats-unis sont un marché
primordial", expliquait avec une certaine prémonition
Ernesto Bertarelli peu après sa victoire à Auckland.
"Tous les sports importants se doivent d'avoir
accès au marché américain et nous tenterons de faire
en sorte d'y être présent en même temps qu'en Europe".
Ayant parcouru une bonne part de la modernisation
de la Coupe, il ne fait pas de doute que le milliardaire
suisse poursuivra son action dans un sens qui devrait
recouper les idées exprimées par Larry Ellison.
"Ce n'est pas une idée neuve et propre à BMW
Oracle racing", commente de son côté Cameron
Dunn, équipier néo-zélandais du Mascalzone Latino.
"Les Acts de Malmö et de Trapani ont montré
comment les choses devaient se passer, elle illustre
en fait un consensus général acquis depuis deux
ans".
"Rien ne nous empêche de promener la flotte
de la Coupe à travers le monde", ajoute t-il.
"Les courses ont besoin d'une certaine continuité
au long des années pour que les sponsors sachent
où ils vont et pour que les équipes puissent de
leur côté imaginer des plans à long terme".
"Les courses coûtent de plus en plus cher donc,
soit ils limitent les périodes d'entraînement, soit
ils montent quelque chose qui ressemble aux courses
automobiles. De toute façon, quelque chose doit
être changé".
Difficile de faire plus clair et, quelque soit l'équipe
victorieuse l'été prochain, il y a gros à parier
qu'il faut s'habituer à l'idée d'une America's Cup
itinérante.
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