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BMW ORACLE RACING



  En route vers le XXIe Siècle (14/11/06)
 (source : Sail Magazine)

La modernisation initiée à Valence n'est clairement qu'une étape dans la longue mue de l'America's Cup.

Pendant des années, nombreux ont été les fans de la Coupe a déplorer son organisation désuète et ses règles d'un autre temps imposées par quelques traditionnalistes (qui ont ainsi refusé toute publicité jusqu'en 1988).

Après sa victoire à Auckland, Alinghi a acquis le privilège d'organiser la 32e America's Cup et avait alors annoncé une véritable révolution destinée à moderniser une compétition encore loin de son potentiel.

À la fin de la dernière année avant les duels décisifs, force est de reconnaître le chemin parcouru sous l'égide de Ernesto Bertarelli et de ses équipes, grandement aidés il est vrai par Larry Ellison, patron du Challenger of Record BMW Oracle.

En se remémorant les précédentes éditions, il est en effet indéniable que les évolutions apportées ont grandement contribué à professionaliser la Coupe, à la rendre plus attrayante pour les sponsors et pour le public.

Après les successions de journées annulées et les régates à sens unique qui ont tristement marquées la fin de la Coupe précédente, on voit assez mal comment refuser l'idée de raccourcir les duels et d'élargir les conditions dans lesquelles peuvent sortir les Class America.

De même, et quelle que soit la position des nostalgiques, difficile de nier l'intérêt des douze LV Acts qui ont d'ores et déjà émaillés le chemin de cette 32e America's Cup.

Reste que les mêmes nostalgiques risquent à l'avenir de vivre des heures difficiles alors que, dans une logique d'approfondissement du dispositif initié par les suisses, se dessinent les contours de la 33e édition.

Durant la récente Allianz Cup, Larry Ellison a ainsi dévoilé quelques éléments de ce que pourrait être la prochaine Coupe en cas de victoire de son équipe.

"Nous devrions nous inspirer de ce qui se fait dans la Formule 1", a ainsi expliqué le milliardaire américain, présentant ce que beaucoup de commentateurs s'accordent à considérer comme le reflet de la position de la plupart des équipes.

"À bord de nos Class America, nous aurions ainsi une régate à San Francisco chaque année, une autre à Newport, une en Allemagne et une en Italie", précise t-il. "Des régates sur lesquelles le public et les sponsors peuvent compter pour disposer d'un peu de régularité".

S'il s'agit bien évidemment d'une liste donnée à titre d'illustration, il semble ne faire aucun doute que la caravane de la Coupe devrait alors s'habituer à traverser les océans entre les Ètats-unis, l'Europe et diverses autres destinations aux quatre coins de la planète.

Selon les spécialistes, l'évolution ainsi décrite n'est pas conditionnée par une victoire des américains mais, fruit de plusieurs années de modernisation, risque de ce retrouver quelque soit le vainqueur.

"Aussi bien du point de vue sportif que de celui de nos sponsors, les Ètats-unis sont un marché primordial", expliquait avec une certaine prémonition Ernesto Bertarelli peu après sa victoire à Auckland. "Tous les sports importants se doivent d'avoir accès au marché américain et nous tenterons de faire en sorte d'y être présent en même temps qu'en Europe".

Ayant parcouru une bonne part de la modernisation de la Coupe, il ne fait pas de doute que le milliardaire suisse poursuivra son action dans un sens qui devrait recouper les idées exprimées par Larry Ellison.

"Ce n'est pas une idée neuve et propre à BMW Oracle racing", commente de son côté Cameron Dunn, équipier néo-zélandais du Mascalzone Latino. "Les Acts de Malmö et de Trapani ont montré comment les choses devaient se passer, elle illustre en fait un consensus général acquis depuis deux ans".

"Rien ne nous empêche de promener la flotte de la Coupe à travers le monde", ajoute t-il. "Les courses ont besoin d'une certaine continuité au long des années pour que les sponsors sachent où ils vont et pour que les équipes puissent de leur côté imaginer des plans à long terme".

"Les courses coûtent de plus en plus cher donc, soit ils limitent les périodes d'entraînement, soit ils montent quelque chose qui ressemble aux courses automobiles. De toute façon, quelque chose doit être changé".

Difficile de faire plus clair et, quelque soit l'équipe victorieuse l'été prochain, il y a gros à parier qu'il faut s'habituer à l'idée d'une America's Cup itinérante.

 
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