Ian Burns livre ses impressions (01/05/07) (source : america's
Cup)
Le coordinateur du design d'Oracle
donne un aperçu de l'état d'esprit dans lequel se
trouve son équipe.
Après une longue série de victoires, vous
avez perdu deux matches… Que se passe-t-il ?
C'est plutôt une bonne chose en fait. Cela peut
paraître un peu étrange de réagir ainsi mais lorsqu'on
est devient trop confiant ou lorsqu'on a une longue
série de bons résultats, il faut redescendre sur
terre et pouvoir se reconcentrer sur l'essentiel.
La fiabilité est un premier point très important
car c'est ce qui permet de terminer la course sans
problème. A ce niveau là, je crois que cela nous
pousse à réagir. Nous devons être sûrs que le bateau
soit sain du point de vue de sa structure, qu'il
ne soit pas trop léger, pas sur-optimisé et qu'il
puisse boucler le parcours sans encombre. Il faut
prendre tout cela en compte.
Est-ce que vous allez aborder les choses différemment
?
Je pense que cela ne changera rien pour les gars
sur l'eau. Nous modifierons la liste des choses
à vérifier sur le bateau et peut-être que le choix
du matériel à utiliser sera différent. Mais cela
ne changera pas la façon dont l'équipage navigue.
Ils auront toujours le pied au plancher et le bateau
doit pouvoir suivre.
Le problème d'étai creux… cela fait deux fois
maintenant…
Nous ne connaissons pas vraiment l'origine du problème.
Nous avons examiné de près l'étai. Il est assez
abimé. Nous allons essayer de trouver une solution
pour fabriquer une pièce mieux adaptée mais c'est
vraiment un problème de conception et de fabrication.
En fait l'étai est délaminé. Il est en carbone /
Kevlar et une fois qu'un cordage force un peu pour
glisser à l'intérieur, cela crée des fissures qui
le fragilisent. L'équipage a vraiment bien géré
la situation. Il a pu renvoyer une voile dans le
deuxième près alors que l'étai était déjà bien abimé.
La composition de l'équipage était différente
lundi – Pourquoi ?
Les gars sont fatigués. Le premier round robin a
été difficile avec deux matches par jour. Certains
équipiers disent même que c'était pire qu'une course
autour du monde. L'équipage avait besoin de repos
pour bien récupérer avant de courir contre de grosses
équipes cette semaine.
Le niveau de compétition semble beaucoup plus
élevé qu'avant. Est-ce que cela change votre approche
?
Je crois qu'il y a des matches très serrés et ce
sont généralement les matches pour lesquels vous
vous êtes entraînés. C'est une bonne chose pour
le challenger qui sortira vainqueur de la Louis
Vuitton Cup parce qu'il sera bien préparé au niveau
de l'America's Cup. On ne peut pas vraiment atteindre
la même difficulté lorsque qu'on navigue en interne
contre son propre bateau.
Les challengers progressent énormément mais
seront-ils assez forts pour battre Alinghi ?
C'est la grande question. Nous ne savons pas vraiment
à quel niveau ils ont navigué pendant l'Act 13.
Et ils ne savent pas vraiment ce que nous valons
et ce que vaut ETNZ, puisque nous n'avons pas navigué
avec notre nouveau bateau. Il y a donc beaucoup
d'inconnues. Mais une chose est sûre c'est qu'on
voit de plus en plus les équipiers rentrer d'un
match et dire "on ne pensait pas qu'ils seraient
si durs à battre. Ils avaient la même vitesse que
nous et il nous a fallu négocier quelques bascules
pour pouvoir les passer".
C'est devenu le quotidien maintenant. Aucune équipe
n'est vraiment faible. Le côté encourageant c'est
que leurs progrès nous poussent aussi à progresser.
Tous les challengers sont en train de s'améliorer.
Est-ce que cela sera suffisant face au Defender
? Nous le saurons fin juin !.