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   200 millions de dollars ne suffisent pas ... (21/05/07)
  (source : Diverses
)


Debriefing (© G. Martin-Raget)

Après avoir largement dominé le début de la LV Cup, le Team BMW Oracle aura tristement terminé.

Il y a douze jours à peine, Gavin Brady affichait toute l'assurance d'une équipe quasiment certaine d'arra- cher le précieux trophée aux suisses, affirmant disposer du plus formidable bateau de la flotte et d'un Chris Dickson à l'apogée de son talent.

Malgré les millions investis et les pronostics, le USA 98 n'a jamais viré une bouée devant et, inévitablement, la question se pose de savoir comment l'équipe en est arrivée là.

Pour Chris Dickson, la seule raison de la domination du Luna Rossa Challenge est à chercher dans une incroyable élévation du jeu italien.

"Si nous partons c'est parce que Luna Rossa a vraiment excellé cette semaine", a-t'il ainsi expliqué hier soirlors d'une conférence de presse dont il était bien sûr le point focal.

"Ils n'ont cessé de progresser et sont devenus de plus en plus forts. Ils avaient une bonne vitesse au près, étaient assez rapides au portant, ont pris de bons départs, ont bien négocié les premières bascules de vent, ont pris de bons choix tactiques. Ils ont vraiment très bien régaté".

"Luna Rossa a vraiment été meilleur que nous", a ensuite ajouté le néo-zélandais. "Ils nous ont battus à chaque passage de marque. Nous avons fait tout ce que nous pouvions".

De fait, les italiens ont impressionné durant ces six matches. Outre un ITA 94 beaucoup plus rapide que durant les phases antérieures de la compétition, James Spithill et ses coéquipiers n'ont commis aucune erreur et ont donné l'impression d'avoir trouvé un équilibre commun d'une rare solidité.

"Aujourd'hui, James Spithill est sans doute le meilleur barreur du monde", affirme ainsi le très respecté Tim Jeffery, journaliste du Daily Telegraph. "En l'absence de Russell Coutts, c'est en tout cas certain en ce qui concerne les Class America".

Quelles que soient les qualités de l'équipe italienne, la manière dont le syndicat américain semble être passé à côté de ses duels n'est pas sans soulever de questions.

Nombreux sont aujourd'hui les commentateurs qui rappellent avoir pronostiqué une chute de la maison BMW Oracle bien avant la course.

Minée par les dissensions, la dernière campagne avait échoué en finale de la LV Cup face à Alinghi (sur le score de 5 à 3) et, décidé à tirer les lecons de ce qu'il considérait alors comme un échec, Larry Ellison a confié l'entière responsabilité du BMW Oracle Racing 2007 à Chris Dickson.

À propos de l'organisation de l'équipe, le designer Juan Kouyoumdjian pointait il y a peu cette particularité du Team qui voulait que repose sur les épaules d'un seul et même homme les rôles de patron, de skipper et de barreur.

"C'est l'équipe de Chris Disksson et, pour l'heure, je ne vois pas qui d'autre que lui pourrait barrer le bateau", expliquait le franco-argentin."Je n'aurais pas dit cela il y a quelques mais, dès le début, les choses ont été claires et on m'a expliqué qu'il était le gourou, impliqué dans chacune des décisions. C'est son style de management, il ne travaille qu'avec des personnes dont il sait qu'ils suivront ses recommandations. Ce sera donc sa victoire ou sa défaite".

Le contraste est évidemment fort avec Luna Rossa où, initialement placé dans une position un peu similaire, Francesco de Angelis a renoncé à la barre au profit de James Spithill.

Même approche au sein du Team NZ qui, tirant les leçons de la dernière campagne, a décidé de laisser Dean Barker se concentrer uniquement sur la navigation, le reste relevant de la compétence de Grant Dalton.

Bien qu'on puisse penser que ses propos sont marqués d'une certaine amertume après qu'il ait été laissé sur le banc de touche au profit de Gavin Brady, le français Bertrand Pacé est plus clair encore sur la responsabilité de l'échec de la seconde campagne de Larry Ellison.

"L'organisation de l'équipe était beaucoup trop pyramidale", a t-il déclaré après l'élimination de son équipe. "Dickson était tout à la fois skipper, manager, barreur et designer. Nous savions tous que ce style de management dictatorial ne pouvait pas fonctionner".

"Nous avons mal manoeuvré et fait beaucoup trop d'erreurs", ajoute le français. "Nous sommes d'autant plus déçu qu'il est certain que nous disposions d'un très bon bateau".

Commentateur pour le magazine américain Yachting World', le très respecté Matthew Sheahan livre une analyse un peu plus nuancée.

"Durant les deux premières courses des semi-finales, Dickson et son équipage se sont fait peur quand Spithill a commencé à brouiller les cartes", écrit-il. "De perdre une première course puis de ne gagner la seconde que d'un cheveu a sûrement atteint leur confiance".

"Dès lors, le niveau de stress et la tension sont montés à bord, entraînant une multiplication des erreurs. À partir de là, vous entrez dans une spirale infernale où vous faites de plus en plus d'erreurs".

Une chose est sûre, c'est bel et bien Chris Dickson qui sera comptable de ce que la presse américaine qualifie déjà de désastre. La preuve en est que c'est bien Larry Ellison qui a décidé de la laisser à terre pour la dernière course.

"C'était la décision de Larry de me faire remplacer aujourd'hui et je remercie Sten d'avoir pris la barre", a expliqué le néo-zélandais lors de la conférence de presse. "Je ne crois pas que Luna Rossa ait besoin de conseil pour la finale et si c'était le cas, je ne suis vraiment pas la meilleure personne pour leur en donner".

Dès lors, se pose forcément la question du future de l'équipe et de son mentor.

"Le futur de l'équipe est assuré depuis longtemps puisque Larry a fait savoir qu'il s'engagerait à nouveau", a expliqué Dickson. "Pour ce qui me concerne, j'ai signé pour cette campagne. Après quelques semaines pour préparer les affaires, je vais tranquillement rentrer en Nouvelle-Zélande et sans doute emmener ma famille à Disneyland. La vie continue."

 
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ACC 2007
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USA 71 & 76
ACC 2000
USA 58 & 61
PRINCIPAUX
MEMBRES
L. Ellison (USA)
C. Dickson (NZL)

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