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... La machine à rumeurs
tourne au maximum concernant le futur de l'America's
Cup.
Depuis la quatrième victoire d'Alinghi, tout
Valence bruisse de la même nouvelle : ce sont
les espagnols du Desafío qui succéderont
à Oracle dans le rôle du challenger
of record.
Une rumeur qui a sans aucun doute pris une certaine
consistance avec la publication de photos montrant
à bord du "Vava" de Ernesto Bertarelli
les responsables et les juristes d'Alinghi, de la
société Nautique de Genève
et du syndicat espagnol.
De fait, les suisses ne veulent rien laisser au
hasard et, craignant que le premier challenger à
se présenter soit plus ou moins "inamical",
auraient déjà tout préparé
pour que le protocole de la 33e America's Cup soit
signé à la seconde même où
le SUI 100 franchira la ligne en vainqueur.
Ayant en tête le précédent de
1987 (lorsque le néo-zélandais Michael
Fay avait pris tout le monde de vitesse en allant
défier les américains dans un duel
essentiellement juridique), les suisses avaient
déjà procédé de la même
façon en 2003 avec Larry Ellison et BMW Oracle.
Prudents et conscients que les textes fondateurs
peuvent mener à des soucis de ce côté,
les juristes des deux parties se seraient par ailleurs
entendus pour que le Desafío représente cette
fois-ci un yacht club créé pour l'occasion,
le Club Nautico Español.
Si la signature du syndicat espagnol n'est pas en
elle-même une garantie à ce propos,
on peut imaginer qu'elle renforcerait très
sérieusement les chances de Valence d'abriter
dès 2009 une nouvelle édition de la
Coupe.
Selon le très bien informé Tom Ehman
(BMW Oracle Racing), la seule question encore ouverte
reste de savoir si les espagnols sont prêts
à accepter de débourser 150 millions
d'euros pour cela (contre 60 pour la 32e édition).
Selon le même Tom Ehman, la première
pré-régate pourrait se disputer dès
le début de l'année 2008 (en janvier
ou en février) à Dubai. Elle serait
suivi l'été prochain d'une ou deux
nouvelles étapes européennes (dont
une pourrait se disputer à Monaco) et d'un
Act valencien qui coinciderait à l'automne
avec un grand prix de formule 1.
Au-delà de la question du calendrier, les
deux grandes inconnues de la 33e America's Cup concernent
la règle de jauge et l'éventuel départ
de Louis Vuitton.
Concernant le premier point, il se murmure que les
suisses pourraient sortir du chapeau un évolution
de la règle définie en 1992 pour permettre
l'apparition de bateaux plus rapides et plus grands.
Au grand dam de ceux qui pointent l'obsolescence
des Class America, il faudra sans doute encore attendre
pour voir émerger une nouvelle jauge.
Concernant Louis Vuitton, il semblerait que de vrais
désaccords existent quant au conditions d'organisation.
Tout en louant plusieurs des innovations introduites
par ACM, le français Bruno Troublé
expliquait ce week-end que, pour Louis Vuitton,
"la Coupe est devenue trop commerciale, on
parle trop d'argent."
Il est en tout cas certain que le malletier n'est
pas prêt à repartir dans les mêmes
conditions, plusieurs points du contrat de partenariat
ayant d'ores et déjà été
soulis à la justice.
"Nous n'avons aucun problème avec eux et nous
espérons qu'ils restent", déclarait Michel
Bonnefous samedi dans les colonnes de la NZZ. "Mais
ils ont de la peine avec le fait que nous ayons
ouvert la Coupe à un plus large public".
"Le jour où il y aura une énorme pizza en guise
de pub sur les voiles, les marques de luxe quitteront
le bateau", répond de son côté
Bruno Troublé. "Je ne dis pas que c'est
mal, mais il faut savoir où on va. La voile ne sera
jamais un sport majeur, la Coupe de l'America ne
deviendra jamais l'équivalent d'un Mondial de foot".
"C'est une saga magique, avec ses côtés à la
fois très exclusifs et glamours. Vous allez me dire
que je suis un vieux con, mais il faut faire attention
à ne pas banaliser son caractère."
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