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Après plusieurs années de travail
acharné, ils ne sont plus que deux en lice à partir
de demain.
Comme pour les semi-finales, c’est dans un face-à-face
très simple que Team NZ et Luna Rossa se retrouve
à partir de demain : le premier des deux à remporter
cinq courses remportera la LV Cup et, du même coup,
le droit d’affronter Alinghi à partir du 23 juin
prochain.
Après le très imprévisible naufrage du Team BMW
Oracle Racing, tout le monde retient son souffle
et bien peu de commentateurs se risquent à faire
des pronostics.
De fait, sur le papier, il est bien difficile de
départager les deux équipes. Un rapide
coup d’œil sur les victoires des deux équipes depuis
2004 montre des résultats relativement comparables.
Depuis le début de la Louis Vuitton Cup, Luna Rossa
Challenge a remporté 21 de ses 26 matchs contre
22 sur 27 pour Emirates Team New Zealand… soit un
ratio équivalent.
ITA 94 et NZL 92 ne se sont rencontrés qu’à deux
reprises pendant les Round Robin de la Louis Vuitton
Cup et ont remporté une victoire chacun, offrant
dans les deux cas un duel très serré.
Les Italiens ont remporté leur première confrontation
dans le Round Robin 1, le 26 avri (48 secondes d’avance).
Emirates Team New Zealand prenant sa revanche dans
le Round Robin 2, le 7 mai dernier (36 secondes
d’avance).
"Je pense que nous allons assister à
une très grande finale de Louis Vuitton Cup",
se réjouit l'américain Paul Cayard.
"Je m'attends à ce que les séries
entre Luna Rossa et Emirates Team New Zealand aillent
jusqu'à la course 8 ou 9. Ce sera une bataille
de nerfs".
S'exprimant depuis Lisbonne, le néo-zélandais
Russell Coutts affiche une analyse assez proche
de celle de son condisciple de la World Sailing
League (dont on est sans nouvelle), bien que misant
quand même sur le Team NZ.
"Je pense que nous aurons des séries
très âprement disputées et à
de très beaux matches", affirme le triple
vainqueur de la Coupe. "Du point de vue sportif,
ça devrait être formidable alors que
les équipes sont très proches".
"Je dois quand même dire que, lorsque
je regarde le bateau kiwi, je trouve plusieurs secteurs
dans lesquels il est avantagé", précise
quand même Russell Coutts. "Je pense
qu'il pourrait être un peu plus rapide au
portant, notamment des airs légers".
Une analyse habillée de grande prudence donc
pour les deux vétérans de la Coupe,
prudence d'autant plus nécessaire que les
deux syndicats ont travaillé sur leur bateau
ces derniers jours.
C'est particulièrement vrai du côté
du Luna Rossa Challenge qui a reçu cette
semaine livraison de nouveau gréement qu'il
s'est employé à tester au plus vite.
"Nous sommes obligés d'améliorer
notre vitesse alors que la barre est encore plus
haute", explique à ce propos Francesco
de Angelis, skipper du ITA 94. "Pour être
nécessaires, je pense que, à ce stade,
les améliorations ne peuvent qu'être
limitées".
"Si ça marche, tant mieux", ajoute
le napolitain avec philosophie, "De toute façon,
il faudra quand même aller courir".
Du côté kiwi, dont
les finances sont moins bien fournies, il ne semble
pas que de nouveaux éléments aient
été livrés. Ce qui n'empêche
pas un travail de perfectionnement de l'existant.
"Nous souffrons de certaines faiblesses qu'il
faut absolument résoudre", explique
à ce propos Dean Barker, barreur et skipper
du NZL 92. "Cependant, si nous n'avions plus
rien à améliorer à ce niveau
de la compétition, je serai assez nerveux".
Reste que, jusqu'ici, la grande particularité
de cette 32e Coupe est globalement d'avoir produit
des bateaux aux performances très proches.
Effet d'une jauge particulièrement encadrée.
"Nous sommes revenu au bon temps de la voile",
se félicite le britannique Eddie Warden Owen,
entraîneur du Desafío Español durant cette
campagne.
"La perte d'une course ne peut plus être
simplement imputée à un manque de
vitesse du bateau ou à ses défauts",
poursuit-il. "Ce n'est plus une simple course
technologique mais bien un retour à la question
de savoir qui dominera l'autre au départ
et qui lira le mieux le vent".
"Il y avait six bateaux incroyablement proches
en termes de performance et une simple erreur pouvait
vous coûter une défaite", analyse
de son côté James Spithill, barreur
du syndicat italien.
En fait, pour l'immense majorité des commentateurs,
c'est sur l'excellence des navigateurs que devrait
se jouer les matches à venir. Dans ce cadre,
la performance exceptionnelle du jeune barreur australien
et se sa cellule arrière est le centre de
toutes les analyses.
Sur la base des semi-finales, c'est en effet Luna
Rossa qui a brillé concernant la capacité
à dominer sur les départs et l'habilité
à lire le vent évoquées par
Eddie Warden Owen. Au détriment de Chris
Dickson et de ses coéquipiers.
"Spithill ne l'a jamais laissé reprendre
son souffle durant toute la semi-finale et la façon
dont il l'a condamné à une double
pénalité dans la course charnière
restera dans les anales", explique le coach
britannique."S'il parvient à en faire
de même face à Dean Barker dans la
finale, ce pourrait être en soi le facteur
décisif".
Mais James Spithill n'est pas seul en cause et,
alors qu'il faut bien reconnaître que la montée
en puissance italienne en a surpris plus d'un, c'est
tout l'équipage du ITA 94 dont le travail
est salué.
"Il y a certes James Spithill, un type jeune
et en pleine confiance appuyé par le phénoménale
Torben Grael, médaillé d'or olympique
à plusieurs reprises", souligne John
Bertrand, compatriote de Spithill qui le premier
arraché le trophée aux américains
en 1983.
"Cette combinaison très particulière
fonctionne à merveille", poursuit-il.
"De mon point de vue, Luna Rossa est une équipe
particulièrement difficile à affronter
alors qu'ils ne jouent pas avec les mêmes
règles que les autres".
Analyse tout aussi laudative du côté
de Paul cayard, bien proche lui aussi de sombrer
dans la "Spithillmania".
"James Spithill pourrait faire la différence",
explique le franco-américain. "Il a
dominé Chris Dickson dans les semi-finales
et, si Dean Barker est sans doute moins facile,
"Jesse" est le meilleur barreur de départ
de cette Coupe, ceci valant pour les barreurs du
Team Alinghi".
Position dissidente encore une fois du côté
de Russell Coutts qui, bien que peu susceptible
d'être taxé de chauvinisme, mise plutôt
sur le Team New Zealand.
"Je pense que les deux cellules arrières
se valent mais que Dean est capable de produire
une énorme performance et, de ce fait, je
dirais que le Team NZ est pour moi le favori",
explique t-il. "Tout dépendra des marins
parce que, si l'une des équipes a un jour
sans, elle sera sans aucun doute battue".
En attendant, les kiwis ont les yeux fixés
sur la cellule arrière du bateau italien,
décortiquant encore et encore le moindre
détail des départs produits durant
les derniers matches.
"Notre stratégie est de préparer aussi bien que
possible notre équipe à rencontrer Luna Rossa",
explique à ce propos Terry Hutchinson, tacticien
du bateau kiwi. "Je crois qu'en demi-finales,
Luna Rossa a peut-être été sous-estimé et nous n'allons
pas faire la même erreur".
"Nous allons prendre chaque départ, chaque bord,
chaque manche les uns après les autres et chercher
dans chacune de ces courses les opportunités de
capitaliser sur leurs éventuelles erreurs",
ajoute l'américain. "Si nous sommes
derrière au premier croisement, nous essaierons
de rester au contact en attendant qu'une occasion
se présente. Ces opportunités sont en général assez
rares donc nous nous sommes entraînés de manière
à gagner le premier croisement et à contrôler la
course".
Bras droit de Grant Dalton, le patron du Team New
Zealand, le britannique Kevin Shoebridge expose
de son côté de très claires
ambitions pour son équipe.
"Notre but est d'abord de gagner la Vuitton
et de devenir le challenger d'Alinghi", expose
t-il très clairement. "À partir de là,
bien sûr, nous voulons absolument ramener
la Coupeà Auckland mais ça ne sera
pas facile".
D'autant moins facile que ce sont les italiens qui
ont remporté le traditionnel ‘pile ou face’,
gagnant ainsi la première entrée tribord
sur le pré-départ, a priori la plus favorable (les
équipages alternant par la suite le côté d’entrée).
La météo prévoit pour les jours prochains des conditions
de brise thermique avec un vent compris entre 9
et 14 nœuds. Les courses doivent débuter tous les
jours à 15h00 (premier signal d’attention à 14h50).
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