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LOUIS VUITTON CUP
Valence (ESP) - 16 Avril/12 juin 2007
      
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  À l'entrée de la dernière ligne droite (31/05/06)
 (source : Diverses
)

Après plusieurs années de travail acharné, ils ne sont plus que deux en lice à partir de demain.

Comme pour les semi-finales, c’est dans un face-à-face très simple que Team NZ et Luna Rossa se retrouve à partir de demain : le premier des deux à remporter cinq courses remportera la LV Cup et, du même coup, le droit d’affronter Alinghi à partir du 23 juin prochain.

Après le très imprévisible naufrage du Team BMW Oracle Racing, tout le monde retient son souffle et bien peu de commentateurs se risquent à faire des pronostics.

De fait, sur le papier, il est bien difficile de départager les deux équipes. Un rapide coup d’œil sur les victoires des deux équipes depuis 2004 montre des résultats relativement comparables.

Depuis le début de la Louis Vuitton Cup, Luna Rossa Challenge a remporté 21 de ses 26 matchs contre 22 sur 27 pour Emirates Team New Zealand… soit un ratio équivalent.

ITA 94 et NZL 92 ne se sont rencontrés qu’à deux reprises pendant les Round Robin de la Louis Vuitton Cup et ont remporté une victoire chacun, offrant dans les deux cas un duel très serré.

Les Italiens ont remporté leur première confrontation dans le Round Robin 1, le 26 avri (48 secondes d’avance). Emirates Team New Zealand prenant sa revanche dans le Round Robin 2, le 7 mai dernier (36 secondes d’avance).

"Je pense que nous allons assister à une très grande finale de Louis Vuitton Cup", se réjouit l'américain Paul Cayard. "Je m'attends à ce que les séries entre Luna Rossa et Emirates Team New Zealand aillent jusqu'à la course 8 ou 9. Ce sera une bataille de nerfs".

S'exprimant depuis Lisbonne, le néo-zélandais Russell Coutts affiche une analyse assez proche de celle de son condisciple de la World Sailing League (dont on est sans nouvelle), bien que misant quand même sur le Team NZ.

"Je pense que nous aurons des séries très âprement disputées et à de très beaux matches", affirme le triple vainqueur de la Coupe. "Du point de vue sportif, ça devrait être formidable alors que les équipes sont très proches".

"Je dois quand même dire que, lorsque je regarde le bateau kiwi, je trouve plusieurs secteurs dans lesquels il est avantagé", précise quand même Russell Coutts. "Je pense qu'il pourrait être un peu plus rapide au portant, notamment des airs légers".

Une analyse habillée de grande prudence donc pour les deux vétérans de la Coupe, prudence d'autant plus nécessaire que les deux syndicats ont travaillé sur leur bateau ces derniers jours.

C'est particulièrement vrai du côté du Luna Rossa Challenge qui a reçu cette semaine livraison de nouveau gréement qu'il s'est employé à tester au plus vite.

"Nous sommes obligés d'améliorer notre vitesse alors que la barre est encore plus haute", explique à ce propos Francesco de Angelis, skipper du ITA 94. "Pour être nécessaires, je pense que, à ce stade, les améliorations ne peuvent qu'être limitées".

"Si ça marche, tant mieux", ajoute le napolitain avec philosophie, "De toute façon, il faudra quand même aller courir".

Du côté kiwi, dont les finances sont moins bien fournies, il ne semble pas que de nouveaux éléments aient été livrés. Ce qui n'empêche pas un travail de perfectionnement de l'existant.

"Nous souffrons de certaines faiblesses qu'il faut absolument résoudre", explique à ce propos Dean Barker, barreur et skipper du NZL 92. "Cependant, si nous n'avions plus rien à améliorer à ce niveau de la compétition, je serai assez nerveux".

Reste que, jusqu'ici, la grande particularité de cette 32e Coupe est globalement d'avoir produit des bateaux aux performances très proches. Effet d'une jauge particulièrement encadrée.

"Nous sommes revenu au bon temps de la voile", se félicite le britannique Eddie Warden Owen, entraîneur du Desafío Español durant cette campagne.

"La perte d'une course ne peut plus être simplement imputée à un manque de vitesse du bateau ou à ses défauts", poursuit-il. "Ce n'est plus une simple course technologique mais bien un retour à la question de savoir qui dominera l'autre au départ et qui lira le mieux le vent".

"Il y avait six bateaux incroyablement proches en termes de performance et une simple erreur pouvait vous coûter une défaite", analyse de son côté James Spithill, barreur du syndicat italien.

En fait, pour l'immense majorité des commentateurs, c'est sur l'excellence des navigateurs que devrait se jouer les matches à venir. Dans ce cadre, la performance exceptionnelle du jeune barreur australien et se sa cellule arrière est le centre de toutes les analyses.

Sur la base des semi-finales, c'est en effet Luna Rossa qui a brillé concernant la capacité à dominer sur les départs et l'habilité à lire le vent évoquées par Eddie Warden Owen. Au détriment de Chris Dickson et de ses coéquipiers.

"Spithill ne l'a jamais laissé reprendre son souffle durant toute la semi-finale et la façon dont il l'a condamné à une double pénalité dans la course charnière restera dans les anales", explique le coach britannique."S'il parvient à en faire de même face à Dean Barker dans la finale, ce pourrait être en soi le facteur décisif".

Mais James Spithill n'est pas seul en cause et, alors qu'il faut bien reconnaître que la montée en puissance italienne en a surpris plus d'un, c'est tout l'équipage du ITA 94 dont le travail est salué.

"Il y a certes James Spithill, un type jeune et en pleine confiance appuyé par le phénoménale Torben Grael, médaillé d'or olympique à plusieurs reprises", souligne John Bertrand, compatriote de Spithill qui le premier arraché le trophée aux américains en 1983.

"Cette combinaison très particulière fonctionne à merveille", poursuit-il. "De mon point de vue, Luna Rossa est une équipe particulièrement difficile à affronter alors qu'ils ne jouent pas avec les mêmes règles que les autres".

Analyse tout aussi laudative du côté de Paul cayard, bien proche lui aussi de sombrer dans la "Spithillmania".

"James Spithill pourrait faire la différence", explique le franco-américain. "Il a dominé Chris Dickson dans les semi-finales et, si Dean Barker est sans doute moins facile, "Jesse" est le meilleur barreur de départ de cette Coupe, ceci valant pour les barreurs du Team Alinghi".

Position dissidente encore une fois du côté de Russell Coutts qui, bien que peu susceptible d'être taxé de chauvinisme, mise plutôt sur le Team New Zealand.

"Je pense que les deux cellules arrières se valent mais que Dean est capable de produire une énorme performance et, de ce fait, je dirais que le Team NZ est pour moi le favori", explique t-il. "Tout dépendra des marins parce que, si l'une des équipes a un jour sans, elle sera sans aucun doute battue".

En attendant, les kiwis ont les yeux fixés sur la cellule arrière du bateau italien, décortiquant encore et encore le moindre détail des départs produits durant les derniers matches.

"Notre stratégie est de préparer aussi bien que possible notre équipe à rencontrer Luna Rossa", explique à ce propos Terry Hutchinson, tacticien du bateau kiwi. "Je crois qu'en demi-finales, Luna Rossa a peut-être été sous-estimé et nous n'allons pas faire la même erreur".

"Nous allons prendre chaque départ, chaque bord, chaque manche les uns après les autres et chercher dans chacune de ces courses les opportunités de capitaliser sur leurs éventuelles erreurs", ajoute l'américain. "Si nous sommes derrière au premier croisement, nous essaierons de rester au contact en attendant qu'une occasion se présente. Ces opportunités sont en général assez rares donc nous nous sommes entraînés de manière à gagner le premier croisement et à contrôler la course".

Bras droit de Grant Dalton, le patron du Team New Zealand, le britannique Kevin Shoebridge expose de son côté de très claires ambitions pour son équipe.

"Notre but est d'abord de gagner la Vuitton et de devenir le challenger d'Alinghi", expose t-il très clairement. "À partir de là, bien sûr, nous voulons absolument ramener la Coupeà Auckland mais ça ne sera pas facile".

D'autant moins facile que ce sont les italiens qui ont remporté le traditionnel ‘pile ou face’, gagnant ainsi la première entrée tribord sur le pré-départ, a priori la plus favorable (les équipages alternant par la suite le côté d’entrée).

La météo prévoit pour les jours prochains des conditions de brise thermique avec un vent compris entre 9 et 14 nœuds. Les courses doivent débuter tous les jours à 15h00 (premier signal d’attention à 14h50).

 
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