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Interviewé par Axel Capron
pour le compte du site Sports.fr, le "franco-italien"
Philippe Presti livre son analyse.
Pour ce grand habitué de la monotypie, les
écarts entre les différents bateaux
engagés se sont tellement resserrés
que c'est la qualité sportive des équipes
qui devrait faire la différence.
"Le niveau s'est resserré en terme de développement
des bateaux", affirme ainsi le barreur B du
Luna Rossa Challenge. "Le fait d'obliger les
défis à rester à Valence a permis une vraie émulation
entre les équipes".
"Les défis qui ont peu de moyens ont ainsi
pu naviguer à deux bateaux en organisant des régates
entre eux, certains ont ainsi progressé de façon
incroyable. Il faudra donc s'attendre à quelques
surprises, ce ne sera pas une balade ni une partie
de plaisir pour les favoris, il faudra se battre
sur chaque match".
"Ce seront les hommes qui feront la différence",
prédit-il. "Ce sera à qui prendra le
meilleur départ, le départ sera vraiment fondamental.
Il faudra donc soigner le fonctionnement de la cellule
arrière, la stratégie, la capacité à développer
ses outils rapidement, notamment les voiles".
Outre l'évidente qualité de l'équipe
naviguante italienne, l'une des grandes forces du
Luna Rossa reste cependant ITA 86 et ITA 94, qualifiés
par Philippe Presti de "deux plateformes très
performantes".
"Ils sont un peu de la même famille, même si
l'un est plus radical que l'autre, les différences
se voient d'ailleurs à l'oeil nu", détaille
t-il à propos de ces deux nouveaux bateaux.
"En gros, l'idée avancée pour le premier était
de se rapprocher d'une famille de bateaux assez
étroits, carrés, on a fait la même chose pour le
second, mais en «pire», en plus radical".
Une approche qui semble avoir été
celle de la plupart des syndicats engagés
dans cette 32e Coupe.
"Quand on regarde la flotte, on se rend compte
que tout le monde arrive à cette solution, on est
ainsi proche d'Alinghi, de Team New Zealand",
constate t-il. "Entre deux bulbes, la différence
en terme de gain VMG peut être d'un demi-mètre,
alors que sur les voiles, elle peut rapidement monter
à deux-trois mètres, d'où l'importance du travail
de mise au point".
Un travail de mise au point où le rôle
de barreur B convient parfaitement à Philippe
Presti qui, interrogé quant à son
éventuel promotion sur le bateau A, répond
sans détour : "Si ça devait arriver,
ce ne serait pas bon signe".
Tout en reconnaissant que la côte des quatre
grosses écuries (Alinghi, Oracle, Luna Rossa
et Team New Zealand) reste incontestable, Philippe
Presti veut en tout état de cause aux chances
de plusieurs autres syndicats.
"Shosholoza a réalisé de très très gros progrès
et d'après ce qu'on a pu observer, ils sont assez
réguliers", explique t-il. "Les Français
ont à mon avis une bonne base de développement et
un bon équipage, les Suédois se sont donné les moyens,
les Espagnols ont pris beaucoup d'expérience avec
l'arrivée de Paul Cayard et ont beaucoup de moyens,
Mascalzone, à qui on s'est confrontés, a montré
un gros potentiel, leur bateau a l'air de bien marcher".
Bien des prétendants donc alors que, après
le LV Act 13 où "il y aura sans doute
chez beaucoup la volonté de ne rien casser à quelques
jours du début de la Coupe", seulement quatre
équipes passeront le stade des deux rounds
robin de sélection.
Parmi, celles-ci, pas de doute en revanche concernant
son syndicat pour l'ancien barreur du Défi
Areva.
"On a non seulement les armes, mais on va le
montrer, batailler pour gagner [la Coupe Louis Vuitton]",
affirme t-il. "L'an dernier, on a été à deux
doigts de battre les autres «gros» à plusieurs reprises,
on a raté quelques occasions. Du coup, on n'est
pas les favoris, mais à la limite, tant mieux".
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