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Extraits de l'interview donnée
à Valencia Sailing par celui qui pourrait
être le héros de cette 32e édition.
Avez-vous été surpris de battre
aussi facilement BMW Oracle ?
Pour être honnête, j'ai été
surpris par le résultat final. Nous nous
attendions vraiment à devoir aller au bout
des neuf matches. Lorsque nous nous sommes préparés
et que nous regardions les deux équipes,
elles paraissaient toutes les deux très fortes
et rien ne pouvait laisser penser que nous ne devrions
pas aller au bout pour nous départager. Ma
réponse est donc oui, nous avons été
surpris même si le résultat ne reflète
pas combien les matches ont été serrés.
Au bout du compte, le résultat est quand
même là. Est-ce du aux progrès
réalisés par Luna Rossa ou à
une implosion du Team BMW Oracle ?
Dans la mesure où je n'en suis pas membre,
c'est difficile pour moi de vous dire ce qui a pu
se passer à l'intérieur de BMW Oracle.
Pour ce qui nous concerne, nous avons travaillé
pendant trois ans en essayant de faire émerger
un tout cohérent et je pense que nous avons
vraiment progresser pendant les rounds robin. Au
final, ça a toujours été notre
objectif que de poursuivre nos développement
et de continuer à nous améliorer à
chaque étape.
Il est incontestable que vos départs réussis
ont joué un rôle primordial dans la
victoire contre BMW Oracle. Ne pensez-vous pas avoir
parfois pris trop de risques ?
Certainement pas parce que c'est justement ce que
nous avons fait durant nos matches internes. La
seule raison qui a fait que nous avons été
capables de nous présenter avec une telle
confiance est là. Philippe Presti et tous
les gars à bord du ITA 86 ont toujours poussé
ITA 94 jusqu'à ses limites.
Par ailleurs, ils nous ont beaucoup apporté
durant les régates, aussi bien en ce qui
concerne les analyses que dans la détermination
des éléments dans lesquelles il fallait
nous améliorer. Philippe Presti et Charlie
McKee ont fait un travail remarquable.
Avez-vous l'intention d'être aussi aggressif
sur les départs face à Emirates Team
NZ ou, au contraire, envisagez-vous d'être
plus conservateur ?
Quand nous entrons dans une course et qu'une opportunité
se présente, nous la saisirons. Ceci vaut
pour les pré-départ, pour les manoeuvres
mais aussi pour le vent. Dans un sens, vous pouvez
aussi penser que Torben Grael a été
aggressif dans la façon dont il a utilisé
le vent. Lui et moi pensons de la même façon
: si nous voyons une opportunité, nous la
saisissons.
C'est clair mais beaucoup considère que
si vous avez perdu le second match contre
BMW Oracle, c'est parce que Torben a tenté
un coup un peu hasardeux. Va t-il s'en tenir dorénavant
à une tactique plus conventionnelle ?
Quand je pense à mon équipe et à
ses tacticiens, Charlie McKee et Torben Grael, je
me dis que je ne voudrais personne d'autre à
l'arrière du bateau pour faire la tactique.
Ils sont tous les deux extrêmement bons dans
leur secteur, parmi les meilleurs du monde.
L'une des choses dont je suis particulièrement
satisfait est que nous avons été capable
de montrer que nous savions jouer dans une gamme
de styles extrêmement variée. Nous
savons jouer en lisant le vent, en nous écartant
comme en affrontant l'adversaire en match racing
pur, étrave contre étrave. C'est quelque
chose sur lequel nous avons beaucoup travaillé
et c'est super de pouvoir montrer ce genre de chose.
Nous allons naviguer comme nous avons toujours navigué
et comme nous nous sommes entraîné.
Nous ne changerons rien.
D'avoir vu les espagnols remporter deux victoires
vous rend-il plus confiant ? Pensez-vous que ce
sera plus facile que ce qui était initialement
prévu ?
Certainement pas. Si vous regardez les rounds robin,
Shosholoza nous a battu, le Desafío Español a battu
BMW Oracle, Mascalzone Capitalia a battu Emirates
Team NZ. Il y avait en fait six bateaux, incroyablement
proche en termes de vitesse et il suffisait d'une
erreur pour perdre un match.
J'aborde le match avec les kiwis avec autant de
respect que je l'ai fait face à BMW Oracle
et je suis certain que ce sera difficile.
Que craignez-vous le plus chez les néo-zélandais
?
Le fait est que, quand je les examine avec attention,
je ne trouve pas la moindre faiblesse. Je suis certain
qu'ils font la même analyse nous concernant.
De mon point de vue, il s'agiy de deux équipes
très proches et je suis certain que nous
verrons un vrai combat sur l'eau.
La vitesse des bateaux sera t-elle un élément
déterminant dans ce combat ? Est-ce que l'un
des deux bateaux (ITA 94 et NZL 92) vous semble
plus rapide que l'autre ?
Ici comme ailleurs, la vitesse des bateaux sera
un élément très important.
Pour moi, les deux bateaux semble très proches.
Durant les deux mois qui viennent de s'écouler,
nous les avons affronté deux fois et le résultat
est un match nul. Nous avons gagné une fois
et perdu l'autre.
Comme je l'ai dit, notre bateau s'est montré
vraiment très proche de celui du Team BMW
Oracle, de celui des néo-zélandais
et de celui des espagnols. Je pense qu'il en sera
à nouveau de même.
En conclusion, quel sera d'après vous
le facteur déterminant pour vous comme pour
le Team NZ dans la finale de la Louis Vuitton Cup
?
Il n'y aura pas un facteur unique mais une combinaison
de choses. C'est du sport et vous ne pouvez pas
vous contenter de faire les choses correctement,
vous devez tout faire vraiment très bien.
C'est là qu'il faut chercher la raison de
notre succès face à BMW Oracle et
c'est là dessus que nous travaillons pour
la finale.
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