|
Depuis quelques jours, l'heure
n'est clairement plus aux échanges feutrés entre
Larry Ellison et Ernesto Bertarelli.
Lors de la conférence de presse organisée mardi
pour annoncer le recrutement de Russell Coutts,
le milliardaire américain a affirmé que plusieurs
autres équipes lui avaient apporté un net soutien
dans la lutte juridique qu'il a engagé contre Alinghi.
"Il existe un accord assez large entre les challengers",
a t-il expliqué. "Le résultat que nous attendons
tous est de pouvoir négocier un protocole raisonnable
avec Alinghi. Personne n'a envie d'aller devant
les tribunaux".
Pour Larry Ellison, les principaux points d'achoppement
concernent le fait que l'équipe suisse dispose de
tous les pouvoirs vis-à-vis des challengers et qu'elle
se refuse à dévoiler les détails concernant le nouveau
bateau.
"En l'état actuel des choses, nous considérons qu'aucune
équipes n'a la moindre chance de gagner contre Alinghi",
a t-il regretté. "Nous pensons qu'ils sont en train
de travailler sur leur nouveau bateau depuis plusieurs
mois alors que nous devons attendre qu'ils veuillent
bien nous dévoiler ce que sera cette nouvelle classe".
Répondant mercredi à ces attaques, Ernesto Bertarelli
a clairement fait comprendre que l'heure n'était
plus à l'amitié entre les deux hommes qui avaient
élaboré ensemble le protocole de la 32e America's
Cup.
"Le Team Alinghi n'a aucun intérêt pour la course
de multicoques de Larry Ellison", a expliqué le
milliardaire suisse. "Nous sommes des sportifs et
pas des avocats. Des marins pas des raiders. Ce
que nous aimons c'est naviguer et nous avons heureusement
plusieurs équipes pour le faire avec nous".
"C'est aujourd'hui un jour consacré au sport, à
l'amitié, à la confiance et à l'engagement dans
une compétition fantastique qui, excusez moi l'expression,
n'a aucunement besoin de ce type de connerie", a
t-il ensuite ajouté, manifestement remonté contre
son homologue américain.
Selon le patron du syndicat Defender, le recours
de Larry Ellison est non seulement inutile mais
aussi "innaceptable" en ce qu'il a clairement pour
effet "d'abîmer l'image de la Coupe".
"C'est honteux d'avoir échoué par deux fois à remporter
l'America's Cup sur l'eau et, après être passé prêt
de finir cinquième de la sélection des challengers,
de vouloir emporter le titre devant une juridiction".
Même si les risques juridiques sont annoncés comme
assez limités par plusieurs commentateurs et que
quatre challengers se sont déjà officiellement déclarés,
plusieurs équipes restent dans l'expectative face
à cette situation peu appréciée des sponsors.
"Il y a trop d'incertitudes. Nous voulons en savoir
plus, même si nous espérons être à nouveau", a déclaré
jeudi à l'AFP Bert Willborg, porte-parole du défi
Suédois Victory Challenge, "Nous sommes en discussion
avec nos sponsors et, comme d'autres, nous ne sommes
pas entièrement satisfaits des changements dans
le Protocole".
"C'est en cours", s'est de son côté contentée d'indiquer,
sans autre précision, une-porte parole du défi français
Areva Challenge, syndicat qui devrait pouvoir compter
sur le soutien du groupe industriel français pour
présenter un nouveau défi.
Luna Rossa et les allemands de United Internet Team
Germany n'ont pas encore déposé de défi mais affirment
que ce sera fait en temps et en heure. Ces derniers
ayant déjà programmé une reprise des entraînements
à Valence dès le mois de septembre.
Si les syndicats italiens Mascalzone Latino et +39
Challenge et les Chinois de China Team ne se sont
jusqu'ici pas prononcés, des rumeurs circulent de
possibles défis brésilien, malaisien, russe, australien
ou encore en provenance de Dubaï.
|