Le Team Alinghi devrait annoncer
sous peu sa décision à propos de la 33e America's
Cup.
"Ca ne devrait pas trop tarder", a indiqué mardi
à l'AFP un porte-parole d'AC Management, ajoutant
que des réunions se tenaient cette semaine sur cette
question entre Alinghi, ACM et la Société nautique
de Genève.
Considérant que les suisses ont indiqué
il y a lontemps qu'ils ne feraient en tout état
de cause pas appel de la décision, l'alternative
est simple : soit le Defender accepte le face-à-face
déposé par Oracle en juillet prochain,
soit il revient à la table des négociations
pour travailler à une Coupe traditionnelle.
Si l'objectif est d'assurer Alinghi de la victoire,
le premier cas est sans aucun doute le plus satisfaisant
vu du côté de la Suisse.
En effet, le "Deed of Gift Challenge"
déposé en juillet dernier par le Team
BMW Oracle conduit à une stricte application
du texte fondateur de la Coupe. Un texte qui, quelles
que soient les affirmations selon lesquelles il
faudrait revenir à un "fair spirit"
perdu de vue, est tout sauf équilibré.
En effet, s'il revient au challenger de déposer
son challenge, la quasi-totalité des autres
éléments est entre les mains du Defender
qui ne dévoile les informations nécessaires
à la préparation de son concurrent
(notamment le bateau utilisé et le lieu de
la compétition) qu'à son bon vouloir.
Ayant utilisé toutes les ficelles de ce texte
pour conserver la Coupe pendant 132 ans, les américains
ne s'y trompent d'ailleurs pas en mettant la pression
pour que les suisses dévoilent au plus vite
leurs batteries.
"Nous avons été aussi loin que
nous le pouvions dans le travail de préparation
à la conception", expliquait d'ailleurs
aujourd'hui
Jane Eagleson,
porte-parole du Team BMW Oracle. "Mais il nous
faudra très bientôt commencer la construction
car il faut du temps pour construire un bateau et
ensuite le tester".
Si l'objectif d'Alinghi est de remettre la compétition
sur les rails en oubliant ses susceptibilités,
la meilleure solution est bien évidemment celle
de rechercher un compromis pour la mise en place d'une
America's Cup "conventionnelle".
Dans cette configuration, le texte élaboré
avec les espagnols devrait intégrer tout ou
partie des éléments figurant dans le
"Nine
Point Plan" présenté le 17 octobre
dernier par le Golden Gate Yacht Club.
Oubliant l'idée d'une politique de réduction
des coûts qui avait pourtant été
largement souhaitée lors de la 32e America's
Cup, Alinghi devrait sans aucun doute revenir sur
son idée d'interdire la construction d'un second
bateau.
Découlant très largement de l'approche
précédente, la participation du Defender
aux différentes étapes de la sélection
des challengers serait sans doute réduite à
la portion congrue.
Sans formellement lui interdire l'accès aux
différentes étapes de cette sélection,
le porgramme élaboré par BMW Oracle
conduirait à ne lui accorder qu'un strict rôle
de figuration (difficile d'imaginer de grandes régates
lorsque le principe de base est qu'elles ne comptent
pas lorsqu'elles sont disputées contre Alinghi).
Selon les rumeurs en provenance de Valence, un retour
à un format classique de sélection (format
excluant peu ou prou la participation d'ACM) aurait
par contre l'avantage de faire revenir Louis Vuitton.
Dernier point ayant transpiré de la réunion
tenue hier entre les challengers, le syndicat de Larry
Ellison envisagerait, à ce stade en tout cas,
de revenir au mode opératoire de 1992 où
une vraie démocratie avait été
instituée qui prévoyait des votes à
la majorité simple ou à l'unanimité
selon l'importance de la décision considérée.