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Navigateur à bord du GER
89, Philippe Mourniac livre une analyse très
réaliste des chances allemandes.
Loin des certitudes affichées par les grandes
équipes, le Team Germany se positionne et
s'assume comme une équipe de milieu de classement.
"Si on veut être très objectif, la place du
bateau allemand n'est pas en demi-finales",
explique l'ancien tacticien du Défi Areva.
"On sera en revanche présent dans le ventre
mou, sachant que les choses restent très ouvertes
entre les premiers ou deuxièmes de ce ventre mou
et ceux qui, au contraire, seront derrière".
Une ambition mesurée donc mais qui n'empêche
nullement le Team Germany de croire dans ses chances
alors que la compétition réserve parfois
quelques surprises.
"La première question à se poser, c'est de
savoir si les trois gros passeront ou s'il y en
aura un qui aura une mauvaise surprise", explique
ainsi Philippe Mourniac. "Derrière, les Espagnols
semblent avoir une petite longueur d'avance, l'objectif
serait pour nous de viser les 4e, 5e, 6e places,
ce qui serait déjà très bon".
"On a eu beaucoup de soucis au début",
explique t-il pour expliquer cette grande prudence.
"Lors de la mise à l'eau d'un bateau, on sait
en général le prix à payer avec un taux de casse
important sur le premier mois. Mais après, on ne
casse plus derrière, le bateau est en principe fiabilisé.
Au niveau des Allemands, cette période a été plus
longue, avec des problèmes plus conséquents".
De même en ce qui concerne l'équipe
naviguante à qui, selon les dires mêmes
de l'intéressé, il reste encore beaucoup
de travail pour inquiéter les meilleurs.
"On a un déficit en terme d'expérience et de
temps de navigation par rapport à certains",
explique t-il très franchement. "Ce
serait mentir de dire qu'on est capable de mener
notre bateau aussi bien qu'Alinghi, Prada ou Oracle".
Tel n'est pas encore le but certes mais, selon une
philosophie claire depuis le début, le véritable
sens du projet allemand ne peut se comprendre que
sur le long-terme.
"On sent au sein du défi la volonté de s'inscrire
dans la continuité", affirme ainsi Philippe
Mourniac. "L'ambition numéro 1, c'est d'apprendre
le maximum sur cette édition pour se projeter dans
l'avenir".
"S'il s'avère que la règle numéro 1 pour être
performant après cette Coupe, c'est d'avoir une
grosse équipe de 100 personnes et deux bateaux,
cela figurera dans le cahier des charges du défi"
pour la 33e America's Cup.
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