Le Team DC tente une autre attaque (25/11/02)
 (sources : LV Cup & NZ Herald)

La semaine dernière, le Team Dennis Conner ne cachait pas sa fureur de se voir choisir comme adversaire par OneWord et Ken Read déclarait : "Ces types pensent que nous sommes les plus mauvais du groupe et nous nous battrons pour leur prouver le contraire". L'heure semble déjà avoir sonnée...

Une journée à peine après avoir déposé un recours conjoint avec Prada contre le OneWord Challenge (V. ci-dessous), le Team DC revient à charge en s'adressant cette fois-ci au Jury International de la Coupe.

Le dossier d'hier avait été déposé auprès de l'America’s Cup Arbitration Panel, instance suprême de la Coupe, mais ses cinq membres ont dès ce matin fait savoir qu'aucune décision ne devait être attendue avant Noël.

Pour obtenir une décision plus rapide (et éviter le repêchage ?), les coéquipiers de Ken Read tente cette fois-ci un autre angle d'attaque. Le Jury International est en effet une instance qui devrait se montrer plus rapide.

Le syndicat new-yorkais accuse cette fois OneWorld d’avoir enfreint la règle 2 du règlement international de l'ISAF portant sur le "navigation Loyale" aux termes de laquelle "un bateau et son propriétaire doivent concourir selon les principes reconnus de sportivité et de jeu loyal. Un bateau peut être pénalisé selon cette règle seulement s’il est clairement établi que ces principes ont été bafoués."

Le Jury International a fait savoir qu'il auditionnerait les parties dès ce mardi soir pour disposer des éléments permettant de juger de la recevabilité de la requête.

Un peu pris de cours, Bryan Willis le président du Jury était perplexe quant à sa capacité à trancher une affaire de cette importance et semblait plutôt vouloir se positionner comme un auxiliaire du Panel.

"Voilà pourquoi on écrit des livres sur le manque de sportivité de certains dans l'America's Cup", avait jugé OneWorld à l'annonce de la requête d'hier. "Les mêmes personnes et les mêmes institutions continuent à utiliser les mêmes faux-semblants et la même sournoiserie".

Quelque soit la décision du Jury International, ces attaques jettent un doute sur la validité future des repêchages des quarts de finale.

 
 Prada et le Team DC attaquent OneWorld (24/11/02)
 (source : LV Cup)
Dans une demande conjointe déposée ce dimanche auprès de l'Arbitration Panel, le Team Dennis Conner et Prada relancent la question de l'élimination de OneWorld, affirmant à l'appui de cette demande que le syndicat de Seattle a commis "de multiples infractions à l'article 15.3(c) du Protocole".

L'article en question concerne les informations de conception et spécifie notamment que les équipes qui disputent la Louis Vuitton Cup s'engagent à ne recruter que des designers "qui n'ont pas de liens avec d'autres challengers ou avec le Defender".

Au milieu du mois d'août, dans un jugement qui avait surpris par sa clémence, l'Arbitration Panel avait reconnu OneWorld coupable de telles infractions - celui-ci disposait d'informations en provenance du Team NZ, d'America True et du Prada Challenge - mais s'était contenté de lui infliger un point de pénalité.

Par une pirouette qui n'avait que peu surpris (difficile d'éliminer un syndicat comme le OneWorld Challenge), les juges suprêmes de l'America's Cup avaient en effet accepté l'argumentaire de l'équipe selon lequel les éléments ainsi obtenus n'avaient pas été utilisés.

Aujourd'hui, Stars & Stripes et le Prada Challenge demandent la réouverture du dossier et invitent à un complément d'enquête.

"Le NYYC (New York Yacht Club), en tant que plus long détenteur de la Coupe de l’America, et l’YCPA (Yacht Club de Punta Ala), représentant le Challenger of Record, pensent que la conduite présumée est suffisamment sérieuse pour être prise en compte par le Panel".

" Il y a eu, et continue d’y avoir, de nombreuses spéculations publiques et médiatiques concernant la conduite par le SYC/OWC (Seattle Yacht Club/OneWorld Challenge) de son challenge, basées sur au moins un des propres documents du SYC/OWC. C’est dans l’intérêt de l’événement que la vérité soit faite sur ces accusations, que les deux challengers déclarent fondées sur des preuves évidentes en leur possession."

Les deux challengers considèrent que OneWorld n'a pas présenté correctement les choses lorsqu’il a demandé à l’Arbitration Panel de statuer sur les violations qu’il admettait avoir "réalisées par inadvertance", omettant soigneusement un nombre important de faits qui ne sont pas sans importance.

Ainsi, Prada et Stars & Stripes souhaitent que l'affaire soit élargie au delà des seuls éléments présentés par le syndicat de Seattle et appuient leur demande par plus de 70 pages de preuves, basées sur des déclarations ou correspondances.

Informé de cette nouvelle action, le directeur exécutif du OneWorld Challenge ne cachait pas son irritation.

"C'est l'action désespérée de gens désespérés qui craignent de nous affronter sur l'eau", affirme l'américain. "Nos avocats se chargeront de démontrer qu'il n'y a rien de nouveau dans le dossier et que les informations apportées ici ne sont pas nouvelles".

"S'ils avaient voulu nous attaquer là dessus, il fallait le faire avant la date limite du 30 septembre", ajoute t'il. Pour nous, c'est une affaire réglée et nous avons déjà été pénalisé".

Le Panel doit maintenant étudier la recevabilité de cette demande.
 
 OneWorld sera le seul a changer de bateau (22/11/02)
 (source : NZ Herald)
Lors de la dernière conférence de presse avant la reprise de la compétition, Peter Gilmour a annoncé que c'est avec USA 67 que le syndicat de Seattle se présenterait contre le Team DC.

Bateau utilisé lors des deux premiers rounds robin, il avait laissé la place au USA 65 durant le quart de finale perdu contre Oracle sur le score sévère de 4 à 0.

Malgré ce résultat peu glorieux, le skipper australien affirmait ajourd'hui que le choix de USA 65 n'était pas une erreur. Le premier bateau du OneWorld Challenge n'aurait pas encore dévoilé toutes ses capacités.

"Nous avons commence à prendre nos marques", explique t'il. "Mais les choses ne sont pas encore assez au point".

"Je pense que vous verrez une équipe OneWorld extrêmement affutée", affirme Gilmour. "Des modifications ont été faites sur le USA 67 et il va maintenant tout à fait bien".
 
 Les ennuis continuent pour OneWorld (20/11/02)
 (source : Excerpt from The Independent on 2003ac.com)
Dans une bien peu habituelle action commune, plusieurs challengers ont engagé Jim Farmer, une des pointures du barreau néo-zélandais, pour étudier la possibilité de recours contre le syndicat de Seattle.

Ce groupe, dont il se dit qu'il réunit notamment Prada, Oracle et le Team DC, chercherait a établir la culpabilité de OneWorld au delà des six griefs retenus en août par l'Arbitration Panel.

Il semblerait que le but de cette action soit de préservé la réputation de la Coupe si OneWorld allait plus loin dans la compétition et que les accusations de tricherie étaient confirmées.
 
 OneWorld choisit le Team Dennis Conner (19/11/02)
 (source : Yachtracing.com)

Le syndicat de Seattle a surpris tout le monde en annonçant qu'il optait pour le Team DC comme adversaire pour ces repêchages des quarts-de-finale de la Louis Vuitton Cup.

Hier encore, Jesper Bank (le barreur du Victory Challenge) expliquait que, s'il se trouvait dans la position de OneWorld et compte tenu de la courbe de performance du Stars & Stripes 2003, c'est sans aucun doute vers le syndicat suédois que se porterait son choix.

Pour mémoire, sévèrement battus par leurs compatriotes du Team Oracle BMW Racing, les hommes de Craig McCaw et Paul Allen pouvaient grâce à leur rang de classement au sortir des deux rounds robin décider d'affronter Prada, Stars & Stripes ou le Victory Challenge.

"Chacune de ces équipes est un concurrent extrêmement difficile qu'il ne faut surtout pas mésestimer", explique Gary Wright, CEO du OneWorld Challenge. "Nous en avons longuement débattu et, à la fin de la journée, nous étions tous d'accord pour considérer que c'était pour nous le meilleur adversaire en l'état actuel des choses".

Du côté des représentants du New York Yacht Club, la nouvelle a été accueilli avec sérénité.

"Nous sommes impatients de pourvoir affronter OneWorld", explique Bill Trenkle, le président du Team DC. "Nous avons sans doute connus deux défaites dans les matchs qui nous ont opposés à eux mais, depuis, Stars & Stripes a considérablement élevé son niveau de jeu".

Du fait de la décision de OneWorld, les deux équipes américaines et les deux équipes européennes se retrouvent face à face. Un scénario qui permet déjà d'observer que les deux continents seront forcément à parité dans les semi-finales (les trois équipes éliminées jusqu'ici sont toutes européennes).

"Je pense qu'à ce stade de la compétition, tous les adversaires sont identiquement dangereux et représentent un obstacle à franchir pour continuer plus loin", explique Francesco de Angelis dans un bel exercice de langue de bois.

En fait, il y a gros à parier que les italiens considèrent être les grands gagnants du choix de OneWorld. Ils ont en effet battu deux fois les suédois dans les duels des rounds robin de sélection et sont donnés comme grands favoris.

Au delà des chiffres bruts, il faut considérer la manière et, de ce côté, les choses sont moins claires pour le syndicat de Patrizio Bertelli. Il faut en effet se souvenir que Örn et Orm avaient chacun fait la course en tête, battus uniquement sur le fil par le Luna Rossa.

Des matchs qui commencent dès samedi et qui pourraient encore apporter leur lot de bonnes et de moins bonnes surprises pour chacun.

 
 OneWorld à la recherche d'un second souffle (17/11/02)
 (sources : Stuff.co.nz & Seattle Times)

Alors qu'on s'attendait à deux séries de duels au couteau entre les quatre qualifiés du "Double chance group", le bilan est lourd pour Prada et pour OneWorld, tous les deux défaits sans être parvenu à inquiéter leur adversaire respectif.

La chute est d'autant plus rude pour le syndicat de Seattle qu'une semaine après le début de la compétition, il était donné comme le grand favori. Une sorte de nouveau Team New Zealand 95.

Invaincu dans le premier round robin, OneWorld terminait le second sur le score nettement moins brillant de cinq victoires pour sept défaites. Les quarts de finale sont venu terminer cette glissade puisque Peter Gilmour et les siens terminent sur un bien peu glorieux 4 à 0.

"Je ne trouve aucune excuse à ce qui vient de se passer, je pense juste que Oracle a fait du super boulot", explique James Spithill, le jeune barreur des USA 65 et 67. "C'est une équipe si forte et avec de si grandes individualités que je reste néanmoins confiant".

Compte tenu du format des sélections de cette XXXIe America's Cup, OneWorld n'est effectivement pas éliminé et dispose aujourd'hui d'une seconde chance de poursuivre plus avant un parcours qui avait si bien commencé.

Alors que Alinghi et Oracle sont déjà qualifiés pour les semi-finales (où ils se retrouveront dans un duel qui ne devrait pas manquer d'intérêt), les deux équipes gagnantes des quarts de finale du "Single chance group" devront maintenant affronter Prada et OneWorld.

Ayant terminé troisième des deux rounds robin, c'est ce dernier qui dispose du droit de choisir son adversaire parmi les trois autres équipes engagées dans ces repêchages. Une décision qui devra intervenir 24 heures au plus tard après la fin de la dernière course des quarts de finale.

Une longue séance de brainstorming s'est déroulée hier sur la base OneWorld dont les conclusions n'ont évidemment pas été rendue publique mais, pour les commentateurs de la Coupe, le problème essentiel du syndicat de Seattle est un manque de vitesse de ses deux Class America.

De fait, s'il est vrai que Peter Gilmour et James Spithill ont parfois été surclassé par le très efficace duo formé de Peter Holmberg et Chris Dickson, tous auront noté que le USA 65 souffrait d'une manifeste déficience de vitesse par rapport au très novateur USA 76 de Bruce Farr.

Les choses auraient-elles été différentes si OneWorld avait continué avec le USA 67 utilisé dans les deux rounds robin ? Rien n'est moins sûr lorsque l'on regarde la bien maigre performance du bateau dans le second tour des sélections (il a notamment été largement battu par le Team Oracle Racing).

Que OneWorld décide d'engager l'un ou l'autre de ses deux Class America (James Spithill ayant refusé de se prononcer sur ce point), il est aujourd'hui certain qu'une amélioration de leurs performances est l'incontournable préalable car c'est bien sa grande faiblesse.

C'est donc l'heure pour Laurie Davidson et le reste de sa très cotée équipe de conception de montrer que leurs meilleures réalisations ne sont pas derrière eux. OneWorld n'a plus le droit à l'erreur.