Larry
Ellison déjà prêt à repartir
(19/01/03) (source
: SF
Gate)
Il n'aura pas fallu attendre longtemps du côté
du Team Oracle pour obtenir des informations sur
le futur et, notamment, sur une éventuelle
nouvelle participation en 2006.
En effet, plus remonté que jamais, Larry
Ellison promettait dès la conférence
de presse d'après-course de lancer une seconde
campagne qui aura pour mission de laver l'affront
à nouveau fait aux couleurs américaines.
"Nous reviendrons", déclare le
PDG d'Oracle. "Nous attendrons d'abord de voir
où ira la Coupe mais, d'une façon
ou d'une autre, nous naviguerons pour elle".
Même si les difficultés de la nouvelle
économie ont légèrement écorné
sa monstrueuse fortune, l'homme devrait se remettre
sans grande difficulté des 90 millions de
dollars investis dans cette campagne 2002/2003.
Il faut d'ailleurs se souvenir que Larry Ellison
avait, l'année dernière, été
l'auteur de cette phrase qui devrait rester dans
les annales : "La Coupe est si bon marché
que je suis surpris qu'il n'y ait pas plus de gens
pour y participer".
Certains rapprochent cette passion de Larry Ellison
pour le trophée centenaire de sa désaffection
pour les courses océaniques, survenue après
une Sydney-Hobart 98 de sinistre mémoire.
"Je n'ai jamais entendu dire que quelqu'un
avait été tué en disputant
l'America's Cup", plaisantait-il d'ailleurs
à moitié après son ultime défaite.
"Sur la Sydney-Hobart, j'étais sûr
que j'allais mourir".
Les
suisses ne sont pas invincibles (16/01/03) (source
: NZoom)
Si les suisses ont remporté leur troisième
régate d'affilée dans la finale
de la Louis Vuitton Cup, les américains
ont (enfin) pu démontrer que Russell Coutts
et les siens n'étaient pas totalement hors
de portée.
"Ca a été une course très
serrée qui aurait pu à tout moment
basculer d'un côté ou de l'autre",
explique d'ailleurs Murray Jones, le stratégiste
d'Alinghi. "Heureusement pour nous, ils nous
ont touché dans le second bord, ce qui
nous a offert une belle opportunité".
Un match enfin équilibré donc, où
le syndicat de San Francisco est passé
très prêt de son premier point avec
100 mètres d'avance à l'arrivée
... mais une pénalité à effectuer
qui aura permis au SUI 64 de finir à nouveau
devant.
Pour Oracle, la déception est sans doute
rude mais de nombreux points positifs ressortent
néanmoins de ce qui restera sans aucun
doute comme l'un des plus beaux matchs de cette
XXXIe America's Cup.
"Je pense qu'aujourd'hui, nous avons tous
été bien meilleur que lors des deux
précédentes courses et le résultat
montre que nous avons été plus rapide
et plus compétitif que d'habitude",
expliquait Tommaso Chieffi, le stratégiste
d'Oracle, lors de la conférence de presse
d'après-match.
"Tous les éléments tactiques
ont été exécutés à
la perfection et le travail de l'équipage
a été fantastique", ajoute
l'ancien tacticien du Il Moro de Paul Cayard.
"Nous sommes ravis de notre prestation du
jour et de tout ce qui a été fait".
Même si les suisses sont maintenant à
deux points de la victoire, l'heure n'est certainement
pas à la résignation du côté
des hommes de Larry Ellison.
"Je pense que nous avons été
enterrés un peu vite", explique l'italien
d'Oracle. "Tous les journaux qui disaient
que nous rendrions cette victoire aussi facile
qu'elle peut l'être doivent commencer à
revoir leur copie".
De fait, Chris Dickson et les siens ont montré
un visage nettement plus séduisant lors
de cette troisième régate...
La journée de repos d'hier ne pouvait
pas mieux tomber pour un Team Oracle qui cherche,
vainement pour le moment, à mettre un terme
à la série victorieuse commencée
par Alinghi à la fin du second round robin.
Mais voilà, alors que la première
victoire suisse pouvait être mise sur le compte
de la chance (si on en croit les très diplomatiques
déclarations de équipiers de Russell
Coutts en tout cas), la seconde aura montré
un syndicat de San Francisco dominé dans
la plupart des secteurs.
Si on croit d'ailleurs Russell Coutts lui-même,
Oracle n'aurait pu gagner cette course, même
en dehors du problème de tangon.
Il est ainsi maintenant établi que le SUI
64 est bien meilleur que son adversaire au près.
Nettement plus rapide comme la montré le
long speed test qui a suivi le premier croisement,
le bateau suisse remonte au vent sur un angle plus
étroit et bénéficie donc d'une
route plus courte vers la bouée.
"Nous sommes un peu plus vite qu'eux",
pouvait-on entendre à bord de la part de
Brad Butterworth. C'est incontestable et, partis
derrière, les suisses passaient la première
bouée avec quatre longueurs d'avance.
Après la course, Jochen Schuemann reconnaissait
que cette capacité d'Alinghi à prendre
l'avantage dès le premier bord était
un élément déterminant.
"Il est bien connu que, dans le match-racing,
la meilleure position est d'être devant et
de pouvoir ainsi contrôler ses adversaires",
explique le stratégiste du syndicat de Genève.
"C'est la raison pour laquelle notre bateau
a été optimisé pour le près
alors [qu'Oracle] semble avoir fait le choix contraire".
Ces déclarations confirment ce que beaucoup
croyaient, à savoir que Russell Coutts avait
fait dessiner un bateau de près permettant
de croiser devant dès la première
marque. Il s'affirme d'ailleurs "très
très satisfait" du bateau.
Il faut savoir que, depuis le début de la
compétition, le bateau qui passe celle-ci
devant gagne la course dans 80 % des cas, ce chiffre
étant sans doute même très supérieur
pour SUI 64.
Le près étant le secteur de SUI 64,
on a cependant pu constaté que USA 74 réussissait
à revenir dans chacun des bords de portant,
pas suffisamment jusqu'ici cependant.
Ce léger avantage du bateau américain
au vent arrière reste quand même le
principal souci suisse.
"Ils ont repris à chaque fois et c'est
un point que nous devons surveiller de très
prêté, explique à ce propos
Russell Coutts. "Je pense que Oracle est peut-être
un peu plus rapide que nous au portant".
"Je ne pense pas que nous pourrons gagner 5
à 0" ajoute Jochen Schuemann, bien que
la confiance est suffisante chez Alinghi pour continuer
à utiliser des voiles anciennes afin de préserver
le maximum des 45 autorisées pour le match
contre le Team New Zealand.
Avec deux points dans le rouge, les américains
sont le dos au mur et il leur faut impérativement
trouver la faille dans l'armure suisse pour éviter
que ne se reproduise ce scénario des semi-finales.
"Nous avons prévu de travailler un peu",
expliquait Ian Burns, navigateur du Team Oracle.
"Pour ce qui est de la navigation, ce sera
à peu prêt le même tempo que
d'habitude mais le véritable enjeu est de
conserver intacte la confiance des gars dans une
possibilité de revenir, même si nous
sommes derrière".
"Pour le moment, ce n'est pas vraiment une
problème mais ça pourrait très
vite le devenir si nous ne gagnons pas une des prochaines
courses".
"Nous restons convaincus que nous allons parvenir
à améliorer les éléments
qui doivent l'être et que, dans les prochaines
courses, nous parviendrons à prendre le meilleur".
Il faut que ce soit fait vite, Alinghi est maintenant
à trois victoires de la Louis Vuitton Cup.
Ellison
de retour ... comme 17e homme (13/01/03) (source
: NZ
Herald)
Le grand jour est enfin arrivé pour
Larry Ellison qui pouvait enfin remonter à
bord du USA 76, mais cette fois ci à la place
du dix-septième homme.
Les choses avaient pourtant bien commencées
pour le milliardaire américain qui, tout
en laissant des individualités telles que
Paul Cayard ou Chris Dickson sur le banc de touche,
s'était d'office installé au sein
de la cellule arrière du bateau défendant
les couleurs du Golden Gate Yacht Club.
Fort de son palmarès à bord de son
maxi Sayonara, Larry Ellison se voyait certainement
marcher sur les glorieuses traces de Ted Turner
qui, en 1977, remporta la Coupe à la barre
de son voilier Courageous.
La réalité est parfois difficile et,
compte tenu des résultats enregistrés
par son équipage dans le premier round robin
(5 victoires mais 3 défaites), il fallait
trouver le moyen de remettre le syndicat sur les
rails.
En rappelant Chris Dickson qu'il avait écarté,
le PDG d'Oracle allait à Canossa et se retrouvait
même sévèrement débarqué
("pour le bien de l'équipe", selon
ses propres mots). Depuis, on ne l'a plus vu à
bord.
"J'ai effectivement eu l'ambition personnelle
de naviguer sur ce bateau", disait alors Larry
Ellison, pourtant peu connu pour ses autocritiques.
"Mais le cur du problème n'est
pas et mes objectifs personnels et mes ambitions
doivent céder le pas face à l'objectif
d'une victoire de l'équipe".
Aujourd'hui, les enjeux sont tout autres et Larry
Ellison semble avoir définitivement fait
son deuil des ses illusions de départ en
acceptant la peu glorieuse place de 17e homme.
Mais voilà, les choses ne sont jamais simples
dans le monde de la Coupe et des esprits chagrins
pourraient maintenant lui retirer ce qu'il faut
bien considérer comme un lot de consolation.
En effet, l'article 41.1 des "America’s Cup Class
Rules" expose que, en dehors des seize équipiers,
le bateau peut embarquer une dix-septième
sous la réserve que celui-ci ne dispose pas
de "compétences techniques ou tactiques".
On avait ainsi vu Loïc Peyron ne pas pouvoir
accepter l'invitation du Défi en 2000.
Or même, et justement à cause de ce
palmarès dont il est si fier et parce qu'il
a quand même pris la barre durant le premier
round robin (en fin de course et avec plusieurs
longueurs d'avance, contre le Mascalzone Latino),
Larry Ellison ne doit-il justement pas être
considérer comme doté de telles compétences
? La question peut effectivement se poser.
Face à ce point embarrassant, les choses
ne sont pas très claires puisque Oracle déclare
avoir obtenu l'accord des suisses qui, de leur côté,
ne semblent pas être au courant d'une telle
demande.
En tout état de cause, compte tenu de ce
que beaucoup considère que la présence
du milliardaire est plus une gêne qu'autre
chose pour les américains, il y a fort à
parier qu'aucune opposition ne serait faite du côté
d'Alinghi.
Qu'est
ce que "l'oie" d'Oracle ? (11/01/03) (source
: Sailinganarchy.com)
A la fin des semi-finales,
répondant aux interrogations de OneWorld
quant à l'existence d'un curieux appareil
perché à l'arrière du USA 76,
le jury international de la Coupe déclarait
illégal l'utilisation du radar.
Cependant, et à la surprise générale,
il informait dans le même temps les concurrents
encore en lice que la même interdiction valait
pour les pisto-lets lasers.
Une décision qui pouvait
effectivement surprendre (le protocole autorisant
très explicitement ces derniers) mais qui,
du point de vue des syndicats qui devaient affronter
Oracle, avaient au moins le mérite de supprimer
une arme secrète aux américains du
Team Oracle Racing. L'oie installée sur le
USA 76 allait disparaître.
De plus, le jury semblait uniquement sur une logique
formelle et adressait aux trois équipes en
lice un projet d'amendement aux textes régularisant
l'utilisation de ces pistolets si utiles pour les
navigateurs.
Rien n'est jamais simple dans le monde de la Coupe
et Oracle, après avoir déclaré
être pleinement satisfait de la décision
du Jury et refusé l'accord, se permettait
le luxe de présenter son bateau avec ladite
"oie" juchée bien haut sur sur
le portique arrière. Un comble !
Dès lors, la question de la nature de cet
objet se pose plus que jamais, entant entendu que
l'idée d'une infraction volontaire aux conclusions
du Jury semble peu crédible.
L'idée défendue par certains est que
l'oie a effectivement contenue un radar qui, depuis
la décision du Jury, aurait été
enlevé (seul un boîtier resterait,
notamment dans l'idée de perturber l'adversaire).
Les idées ne manquent pas de Peter Montgomery
sur TV One défendant l'idée d'un radar
Doppler qui aurait permis de repérer les
risées ou d'autres qui évoquent un
magnétomètre.
A ce stade, la piste la plus crédible semble
pourtant celle d'une antenne qui permettrait, par
la voie d'une communication satellitaire, de transmettre
en temps réel des données aux calculateurs
d'Oracle.
Une technologie utilisée dans la F1 et qui,
de ce fait, pourrait être un apport du second
grand sponsor du Team, à savoir BMW.
Dickson
promet un bateau plus rapide (10/01/03) (source
: NZ
Herald)
Un bateau "significativement différent",
telle est la promesse que fait Chris Dickson à
bientôt 24 heures du début de la finale
de la Louis Vuitton Cup.
Lors de leur précédente rencontre
du mois dernier, Alinghi avait en effet facilement
remporté sa semi-finale, infligeant aux américains
un 4 à 0 que peu avaient prévus.
Cette fois-ci, rien de tel selon Dickson et, bien
que son équipe est loin d'être donnée
pour favorite, il affiche maintenant une confiance
à toute épreuve.
"Le numéro de voile que nous utiliseront,
le 76, reste le même mais les similitudes
s'arrêtent là", affirme le skipper
d'Oracle. "Nous nous présentons avec
un bateau significativement différent de
celui que nous avions la dernière fois".
"Nous savons que nous avons trouvé la
véritable vitesse du bateau dans un grand
nombre de secteur", ajoute t'il, insistant
sur le travail réalisé par l'ensemble
de l'équipe depuis les duels perdus face
aux suisses.
En réponse, Russell Coutts tient à
afficher son respect pour son adversaire dont "chacun
sait qu'il est constitué d'un empilement
de talent".
L'heure est maintenant à la "vraie bataille"
si on en croit l'ancien skipper du Team NZ.
"Nous savons que les choses ne seront pas faciles
et que cette série face à Oracle sera
certainement différente des précédentes",
affirme Russell Coutts. "Ils seront sans aucun
doute plus rapide que la dernière fois".
Design
abouti mais conventionnel pour USA 76 (07/01/03) (source
: NZ
Herald)
Deux heures après son futur adversaire,
le syndicat de San Francisco a à son tour
jeté le voile sur les dessous de son Class
America.
Là non plus, pas d'appendices extraordinaires
et notamment, pas de trace du fameux "Kiwi
Clip" qui aura donc fait couler beaucoup d'encre
pour pas grand chose.
Outre la différence générale
de conception déjà connue (USA 76
est depuis le début le bateau le plus léger
et le plus étroit de la flotte), pas de différences
notables par rapport à ce qui a été
présenté sur la base suisse.
On relèvera tout juste un placement plus
reculé des ailettes dont Bruce Farr affirme
cepen-dant qu'elles ne font certainement pas gagner
une course.
En tout, le concepteur américain présente
son bébé comme un " très
abouti et très conven-tionnel bateau".
Rien de révolutionnaire donc non plus du
côté américain.
Reste qu'en dépit des maigres performances
des coéquipiers de Chris Dickson face à
ceux de Russell Coutts, la confiance semble intacte
et Bruce Farr affirme conserver tous ses espoirs
pour la suite de la compétition.
"Nous avons énormément travaillé
durant ces deux derniers mois et sentons que nous
avons progressé sur tous les fronts",
affirme l'architecte néo-zélandais.